Dimanche 1 janvier 2012
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Pieter Cornelisz. van Slingelandt (Leyde, 1640-1691),
Portrait d’homme avec une montre, 1688.
Huile sur bois, 25,5 x 20 cm, Amsterdam, Rijksmuseum.
[une image en haute définition est disponible ici]
Au moment où je donne à ces lignes leur forme définitive, le jour n’est pas encore tout à fait levé sur la première journée de
l’année et le calme de cette fin de nuit offre un merveilleux contraste avec les gloussements et les éructations des fêtes obligées qui ont déferlé depuis une bonne semaine. Loin de cette
ébullition factice, mes pensées vont vers vous, chers lectrices et lecteurs de Passée des arts, et mon premier mouvement est de gratitude, pour vous remercier de la fidélité dont vous
avez, cette année durant, bien voulu honorer ces pages. 2011 a été pour moi une année difficile, où, pendant que des liens, certains chers à mon cœur, s’abîmaient ou se rompaient, nombre de coups
bas et d’hypocrisies se faisaient jour, tombant le masque d’une bienveillance et parfois, hélas, d’une amitié également contrefaites. Vos encouragements ont souvent été plus précieux que vous ne
l’imaginez pour poursuivre le travail entrepris ici et je vous en suis profondément reconnaissant.
D’un point de vue plus général, je conserve de l’année qui s’achève un sentiment où prédominent une certaine forme
d’incohérence, voire d’indécence. Celui-ci aura sans doute atteint son apogée lors des manifestations d’hystérie collective, dont, spontanéité mise à part, le caractère systématique ne m’apparaît
finalement pas si éloigné de celles observées lors la disparition de Kim Jong Il, ayant accompagné la mort du fondateur et patron d’Apple, Steve Jobs, immédiatement statufié, voire canonisé par
toute une frange de la population dont ses innovations auraient changé la vie. Je vous avoue que je suis sidéré de voir un chef d’entreprise, dont une des activités principales aura été d’inonder
la planète de gadgets technologiques fabriqués dans des conditions quelquefois peu équitables, élevé au rang de génie – rien de moins – et pleuré par ceux mêmes qui se montrent prompts à porter
en sautoir cette indignation dont un livre à fait une mode qui, comme les autres, finira par passer. Le même sentiment de profond dégoût me saisit lorsque j’entends, ce matin encore, des
journalistes en mal d’information parler d’un footballeur à l’arrivée un temps annoncée dans une équipe parisienne, dont un mois du salaire promis financerait plus de vingt projets
discographiques et que vont applaudir, au nom de je ne sais quel rêve frelaté, des spectateurs inconscients d’être manipulés par un pouvoir qui a fait du culte du Veau d’or le vecteur d’une
course effrénée à la respectabilité et le paravent qui dissimule, non sans quelque mal, les pires turpitudes. Année politique en France mais aussi aux Etats-Unis et en Russie, 2012 s’annonce
faste pour les caniveaux et les cloaques, dont les relents ont déjà envahi des réseaux sociaux où nombre de « commentateurs » se complaisent visiblement à patauger dans cette fange dont la presse
à scandale fait habituellement ses délices.
Aussi, je vous propose de continuer notre chemin de concert vers ce qui nous élève plutôt que vers ce qui
nous embourbe. L’année qui vient sera sans doute délicate pour la culture et en particulier pour la musique, qui n’échappera pas à la récession aujourd’hui à nos portes. Plus que jamais, on peut
gager que les organisateurs de concerts et de festivals, suivis par certains éditeurs discographiques, auront avant tout le souci de la sécurité et de la rentabilité. Il y a donc fort à parier
que la surexposition de l’opéra et de ses vedettes, s’accompagnant de sa réduction à une poignée de compositeurs ressassés ad nauseam – Händel, Vivaldi, Lully et consorts – se
poursuivra, tout comme continueront à sévir, avec, parfois, l’assentiment stupéfiant d’une partie de la critique dite « spécialisée », des Christina Pluhar, dont le futur projet latino-américain
démontre de manière définitive que le Baroque a trouvé en elle l’équivalent féminin de Roberto Alagna, des contre-ténors bien lisses auxquels la recherche du glamour tient lieu
d’exigence artistique et des pianistes à poses romantiques aussi authentiques qu’un Mozartkuchen autrichien.
Par chance, à côté de tous ces produits, certains éditeurs sérieux nous promettent quelques vrais rendez-vous, dont je vous
livre, avec leur autorisation, un avant-goût. Outhere, regroupant plusieurs labels spécialisés nous promet, chez Aeon, le Requiem d’Antoine Divitis ou de Févin par Organum (janvier), un
programme de polyphonies anglaises du XIVe siècle par l’Ensemble Céladon (mars), puis, à l’automne, un disque Thibaut de Champagne par Alla
Francesca, tandis que Ricercar nous offrira la Missa In illo tempore de Monteverdi par Odhecaton (février), une anthologie dédiée à la famille Bach par Clematis et Leonardo García
Alarcón (avril) et des Vêpres de Willaert par la Capilla Flamenca (juin). Zig-Zag Territoires, pour sa part, nous donnera les Sonates pour violon et clavecin de J.S. Bach par Chiara
Banchini (mars), Alpha La Catena d’Adone de Mazzocchi par Scherzi Musicali (janvier) et les Leçons de Ténèbres de Couperin par le Poème Harmonique (mai), Phi nous proposant une
Messe en si de J.S. Bach en janvier et le Requiem de Victoria en mai tous deux dirigés par Philippe Herreweghe, et Ramée, le premier disque du Ludovice Ensemble dédié à des
cantates françaises. Pour le tout jeune label agOgique, récemment salué ici même, Amarillis se penchera sur la musique de chambre de Johann Christian Bach (janvier) et le Quatuor Ruggieri signera
son premier disque consacré à celle de George Onslow (printemps), tandis que, pour Ambronay, Les Ombres nous donneront à entendre cet automne Les Nations de Couperin. Musique en
Wallonie, enfin, continuera son exploration de la production de Roland de Lassus tout en nous faisant découvrir celle de Marbrianus de Orto, et Brilliant Classics publiera en avril Austria
1676, le nouveau récital du luthiste Miguel Yisrael. Comme vous le voyez, mille raisons de se réjouir, auxquelles on pourrait ajouter l’annonce de quelques très belles expositions, avec un
fabuleux mois de mars, où s’ouvriront successivement celles consacrées aux Miniatures flamandes à la Bibliothèque Nationale de France le 6, à Tours 1500 en cette ville le 17 et
à Nicolas de Leyde au Musée de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg le 30. L’automne verra le Palais des Beaux-Arts de Lille s’intéresser, à partir du 5 octobre, aux Fables du paysage flamand au
XVIe siècle alors que le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg rendra hommage, dès le 17 novembre, à un de ses glorieux enfants, le peintre
préromantique Philippe-Jacques de Loutherbourg.
Voici quelques-uns des chemins que je vous proposerai d’emprunter dans les mois à venir et sur lesquels j’espère vous retrouver,
vous dont les commentaires et la présence font vivre Passée des arts. Puissions-nous continuer à affirmer ensemble notre préférence pour ce qui dure plutôt que ce qui passe, pour ces
artisans de la beauté qui refusent les sirènes de la facilité et nous offrent les fruits généreux d’un travail patient et amoureux, pour les sentiers écartés plutôt que les autoroutes, pour le
droit, pendant que nous le pouvons encore, de prendre le temps de goûter la saveur des choses.
À toutes et à tous, ainsi qu’à ceux qui vous sont chers, je souhaite le meilleur pour 2012.
Accompagnement musical :
Philipp Heinrich Erlebach (1657-1714), Die Zeit verkehret was uns beschweret : Meine Sinnen lasst es sein
! (Le temps allège tout ce qui nous pèse : Mes sens, laissez faire !), air avec instruments et basse continue.
Victor Torres, chant
Stylus Phantasticus
Friederike Heumann, viole de gambe & direction
Zeichen im Himmel, airs et sonates 1 CD Alpha 018. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien.
Par Jean-Christophe Pucek
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Publié dans : Entre nous
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Mon cher ami, cher Jean-Christophe, je termine la lecture de votre billet, aussi riche que ceux de l'année que nous venons de clore.
Je partage votre dégoût désespéré pour la futilité, pour les faux amis souvent malhonnêtes de différentes façons... mais aussi pour la négligence, le désintérêt envers les autres, la paralysie de penser aux autres, nos frères.
Par avance, je vous remercie, avec beaucoup d'affection et d'émotion, pour les douceurs que vous offrirez à vos fidèles, afin qu'ils puissent trouver un cap... d'espérance.
Je vous embrasse du fond du coeur, souhaite que 2012 vous épargne des souffrances de l'année à peine achevée, et vous offre de merveilleux moments.
Fidèlement vôtre,
Laura.
Très chère Laura,
Je vous remercie très sincèrement d'être venue intervenir sur ce billet de nouvel an, une tradition à laquelle je me plie avec grand plaisir depuis que j'écris sur Internet.
Je reste souvent éberlué par la superficialité des rapports existant entre les gens, comme si profondeur et pesanteur étaient obligatoirement synonymes. Je crois, tout au contraire, que seul le fait de savoir prendre du temps nous rapproche de l'essentiel, de l'attention à l'autre, de la curiosité de ce que nous ne connaissons pas.
Face aux misères dont notre société est percluse, chacun peut faire quelque chose pour tenter de rendre le quotidien plus léger, selon ses capacités. Partager la musique est ce que je fais le moins mal, aussi ce blog existe-t-il, avec naturellement des faiblesses dont je suis conscient et que mes lecteurs ont la gentillesse de me pardonner. Si ce travail apporte un peu de bonheur ne serait-ce qu'à un d'entre eux, alors je suis un homme heureux.
Je vous souhaite tout le meilleur pour l'année qui commence, chère amie, j'espère qu'elle sera aussi douce et sereine que possible. Soyez certain que je vous y accompagnerai.
Je vous embrasse bien affectueusement et vous remercie pour votre fidélité.
Jean-Christophe
2011 fut une année riche en découvertes musicales pour moi, principalement grâce à "Passée des arts". Et, bonne nouvelle, la parution de nouveaux articles semble s'annoncer pour 2012.
Je profite de cet article pour vous remercier de tous les précédents dont la lecture est à chaque fois un moment privilégié, une pause authentique, une respiration plus que bienvenue dans ces tsunamis quotidiens d'informations inutiles en tout genre.
Je ne "tweete", ni ne "j'aime-j'aime pas", ni ne "share" jamais, et ne commente en moyenne que moins d'une fois par an, mais je suis bel et bien présent derrière mon écran, ouïes toutes grandes ouvertes, à chaque nouvel article.
Bonne continuation à vous, mes meilleurs vœux pour 2012.
Un très grand merci pour votre message, Jean. Je sais qu'un certain nombre de lecteurs, s'ils lisent Passée des arts, choisissent, pour diverses raisons, de ne pas commenter; les moments où ils font entendre leur voix sont d'autant plus précieux et je vous remercie de l'avoir fait à l'occasion de ce billet de nouvel an.
Je suis heureux de savoir que mes billets sont pour vous ce pour quoi ils sont largement conçus : une pause dans le quotidien, une respiration. Ca n'a l'air de rien, mais c'est une sacrée récompense pour les artistes dont, fort modestement, je porte la voix jusqu'à ceux qui me font l'honneur de me lire.
Merci pour vos encouragements et très belle année à vous.
Vous écrivez toujours aussi bien, des choses toujours aussi profondes. Je commence l'année sous vos hospices puisque c'est le premier article que je lis en ce mois de janvier.
Au fond d'une cour de Montparnasse, dans la froidure ensoleillée de l'hiver, vous êtes lu avec reconnaissance.
Bonne année à Passée des arts et à son capitaine.
Savez-vous que le fait de me livrer un tout petit fragment de l'environnement dans lequel vous me lisez est un cadeau infiniment précieux ? Il y a tellement d'univers différents de l'autre côté de l'écran que l'on parvient parfois à peine à imaginer. Je suis très heureux, Edith, d'avoir accompagné votre première journée d'une année que je vous souhaite toute de plénitude et de sérénité.
Merci pour vos voeux et votre commentaire.
Très bonne année 2012 à toi Jean-Christophe avec moins de déceptions et de désillusions que tu nous avoues en avoir subi en 2011. Sache que la lecture de tes billets fait maintenant partie de ma vie, et que je ne pourrais jamais assez te remercier d'avoir éveillé ma curiosité grâce à la capacité à faire partager un savoir mais aussi des émotions qui te caractérise. Moi qui n'ai jamais pris le temps de lire des critiques musicales, j'ai maintenant un guide qui me permet de choisir des CD sans me tromper. Un vrai bonheur !
Grand merci, Nicole, et, bien sûr, tous mes voeux t'accompagnent en ce premier jour d'une année que je te souhaite fructueuse et réussie.
Il est extrêmement rare que je parle de moi; j'ai fait une exception car je me devais de dire à mes lecteurs à quel point, sans qu'ils le soupçonnent, leur présence et leur encouragements avaient été importants cette année. Tu y as ta part, au travers de tes commentaires et de nos échanges souriants lors des Méridiennes, sois-en remerciée. Je suis honoré et touché par la confiance que tu accordes à mes chroniques et je tenterai de la mériter à nouveau en 2012, une année qui, malgré la crise, s'annonce dense.
A très bientôt.
Longue vie à Passée des arts au-delà de 2012 ! Et bravo pour cette constance et cette ténacité à nous proposer ces musiques si peu mises en avant habituellement ! Passée des arts + avant Jardin baroque, ça fait combien d'années ? J'ai chez moi des disques achetés suite à une visite ici, et je n'ai pu tout acheter, j'ai conservé les références pour les jours où... Sans Jardin baroque puis Passée des arts, je serais passé à côté de nombre d'œuvres, des compositeurs me seraient restés inconnus ; alors mon Merci ne peut-être qu'immense !
C'est vrai que vous faites partie des fidèles de la première heure, Cristophe - une fidélité dont je ne puis que vous être sincèrement reconnaissant - et, mine de rien, vous me conduisez à faire les comptes de ma présence sur Internet : Jardinbaroque de juillet 2006 à mars 2009, Passée des arts depuis cette date, dont je m'aperçois en écrivant que sa durée de vie dépasse déjà celle de son prédécesseur, lequel a été a priori envoyé dans les limbes par son hébergeur. Dieu que ces cinq années ont filé vite.
Je suis très heureux d'avoir contribué à vous faire découvrir certains compositeurs peu connus (vous savez que je les affectionne) et les premiers échos de 2012 me font espérer quelques belles trouvailles dans les mois à venir. Puisse l'année qui commence tout juste vous être pleinement favorable.
Bonne et heureuse année 2012 à vous, merci pour votre excellent travail, je lis toujours vos billets avec beaucoup d'interet et enthousiasme. Concernant votre billet actuel, je n'oublie jamais un vers qu'une copine de classe m'a écris dans mon carnet lors de mon enfance: Il me semble que vous êtes fin connaisseur de la langue allemande.
Lass Neider neiden, lass Hasser hassen, was Gott Dir gibt, müssen sie Dir lassen.
Merci de vous relire souvent en 2012
Marie13
Je vous remercie sincèrement pour l'offrande de ce beau vers, Marie13. Vous pouvez compter sur moi pour laisser envieux et méchants dire et continuer à servir, du mieux que je peux, les compositeurs et les peintres d'hier qui ont tant à nous apprendre sur notre aujourd'hui.
Tous mes voeux vous accompagnent pour un 2012 plein de sérénité et de lumière. Merci pour votre fidélité.
Un vœu rien que pour toi : une excellente année musicale et si j'ai le choix entre un orchestre symphonique et un quatuor, je choisis le quatuor ... Réparer les blessures, ce n'est pas si facile. Comme les œufs (du jour), mille bises fraîches.

Pourquoi choisir, chère Marie ? Très honnêtement, entre quatuor et orchestre, je n'en ai pas envie, mais tu sais maintenant ce qui ne me manquerait pas si je devais en être privé
Je te souhaite tout le meilleur pour l'année qui vient, en espérant qu'elle sera une grande bouffée d'oxygène à l'air libre.
Plein de bises d'un lendemain paisible.
Bonsoir,
Je viens de rentrer et de lire votre billet. Merci pour vos voeux et pour les perspectives 2012 alléchantes.
Une question, il y a quelques temps vous aviez évoqué une chronique sur le disque de clavecin de Violaine Cochard que j'ai entendu à Paris fin novembre au Billettes, je n'ai rien vu ?
Sinon à mon tour de vous présenter mes meilleurs voeux pour 2012, continuez encore longtemps à nous enchanter par vos billets et par les découvertes que vous nous faite faire.
Merci
Pascal
Bonjour Pascal,
Votre commentaire me réjouit doublement, car en plus du plaisir de vous lire, il atteste de l'attention réelle que vous portez à mon travail, laquelle m'honore infiniment. Il y aura donc bien une recension du disque de Violaine Cochard, sans doute dans le courant de ce mois. J'espère que le concert de cette claveciniste aussi talentueuse que discrète était une réussite ?
Je suis heureux que les quelques perspectives révélées dans ce billet - il y en a d'autres, mais je ne voulais pas alourdir encore mon texte - vous aient mis en appétit. Malgré la crise, le millésime 2012 s'annonce riche au disque.
Tous mes voeux vous accompagnent pour cette année, que je vous souhaite pleinement réussie et heureuse.
Merci pour votre fidélité.
< le soleil fait briller
les pierres
de la lande flétrie>
Avec cet haïku d'hiver de Buson (1715-1783) je vous souhaite, cher Jean-Christophe, une année de patience, de lumière et de lenteur. Je continuerai pour ma part de vous suivre sur ce chemin, "vers ce qui nous élève", avec un bonheur toujours renouvelé.
Profonds remerciements et amitiés,
Catherine
J'aime énormément les haïkus et je vous remercie infiniment de m'avoir fait l'étrenne de l'un deux, Catherine. Malgré certains vents contraires, l'esprit qui règne ici ne changera pas, se revendiquant plus de l'artisanat que de la production de masse (un billet est généralement le fruit d'une semaine de travail, au minimum) et visant uniquement à proposer aux lecteurs des projets aux qualités avérées.
Je vous souhaite une très belle année, lumineuse, sereine et favorable à la réussite de tout ce que vous entreprendrez.
Avec mon amitié.
Perspective 2012 : fragilité d’un jet d’eau, d’une rose oubliée, d’un tissu exposé aux intempéries, mais aussi permanence de la pierre, colonnes et balustrades guidant notre regard vers l’inconnu. Le temps passé ne peut plus être retouché ; reste une montre. Sa position au centre du tableau est comme l’œil de la conscience pour ce qu’il va falloir accomplir.
Plus les années passent, plus cette date du 1er janvier me donne le vertige, un vertige qui cherche du réconfort bien loin des façades lézardées de notre société.
« Soyez comme l’oiseau, posé pour un instant
Sur des rameaux trop frêles,
Qui sent ployer la branche et qui chante pourtant,
Sachant qu’il a des ailes ! » (Victor Hugo).
Essayons de laisser à terre ce qui trouble nos regards, abîme nos instants d’émerveillement et blesse nos cœurs. Les joies de nos émotions artistiques ont un prix exorbitant, c’est le coût de la liberté de voir, d’entendre, de penser, de sentir, d’imaginer et d’espérer différemment. Alors cherchons à atteindre l’azur de clarté et de simplicité qui pourrait nous inonder de lumière.
2011 m’a fait hélas, moi aussi, traverser de forts douloureux chemins, mais très pudiquement et en toute sincérité, ma découverte de Passée des Arts et les moments que je lui dois déjà font partie de ses plus chauds rayons de soleil.
Et voilà que vous nous promettez, Jean-Christophe, tout un feu d’artifice de scintillantes étoiles à venir ; qu’elles s’accompagnent, pour vous et pour tous vos lecteurs et lectrices, d’étoiles plus personnelles.
Danièle.
Vous nous livrez une bien belle description du tableau que j'ai choisi pour illustrer mes voeux, Danièle, lequel constitue une très belle méditation sur le temps - dont, par parenthèse, on voit qu'il accuse le passage - auquel rien ne manque, ni l'éphémère papillon, ni le lent escargot, ni le lierre qui ronge la pierre où la scène de bacchanale rappelle, dans un même mouvement, les joies et la vanité des réjouissances humaines.
Le fait de savoir que Passée des arts a pu, dans les moments difficiles que vous avez traversés en 2011, vous être de quelque réconfort est, à lui seul, une justification de son existence et je vous remercie d'en avoir apporté le témoignage avec toute la délicatesse qui vous caractérise. Même si les raisons de se réjouir de l'année qui commence semblent, pour tout observateur un peu objectif, largement plus faibles que celles de nourrir des inquiétudes, tentons tout de même de continuer à fixer l'horizon avec un maximum d'espoir et de sourire. Les arts nous font la promesse de rendre notre quotidien plus supportable et de nous ouvrir à d'autres dimensions que nous n'imaginons peut-être même pas : suivons le chemin qu'ils nous proposent en toute confiance.
Mes voeux les plus sincères vous accompagnent pour que votre 2012 soit scintillant et prometteur comme une aube nouvelle.
Merci Jean-Christophe pour ce billet-bilan-souhaits ! Ce sont exactement les mots que j'avais envie, besoin d'entendre.
J'admire ton courage, ta foi et ta détermination.
J'admire la droiture de ton esprit et sa justesse aussi.
S'il n'en reste qu'un, tu seras celui-là et nous serons nombreux à te suivre.
C'est moi qui te remercie, Dominique, pour ton enthousiasme envers ce billet auquel j'ai longuement réfléchi avant de l'oser. Je ne prétends pas être plus courageux ou plus futé que qui que ce soit, mais je me reconnais, avec d'autant plus de facilité qu'on me les a parfois fait payer cher, deux qualités : la ténacité et la fidélité. Je ne poursuivrais pas le travail que je mène ici s'il devait être dévoyé ou si je constatais que je m'y investis avec moins de passion, c'est certain.
Tous mes voeux t'accompagnent pour une année que je te souhaite de plein soleil.
Cher Jean Christophe,
Ce travail que vous faites, si rigoureux et sensible, m'apporte un éclairage précieux qui me guide souvent dans mes choix discographiques. Sans votre blog, je n'aurais pas entendu parler aussi bien de interprètations de Odecathon ou de la Capilla Flamenca, et j'en fais profiter mes amis, choristes ou non. Votre article sur la disparition de Monserat Figueras m'a profondément ému par sa justesse et sa sincérité, en écho à mon chagrin personnel. Pour tout cela, pour votre travail si salubre, courage, merci et bonne année musicale loin des miroirs aux alouettes d'une certaine production discographique. F.
Cher F.,
Je suis très heureux du retour que votre commentaire, dont je vous remercie, me permet d'avoir quant à l'écho de mes publications, une indication toujours extrêmement précieuse pour connaître avec un peu plus de précision les attentes des lecteurs. Savoir que j'ai pu attirer votre attention sur des ensembles de la qualité de la Capilla Flamenca ou d'Odhecaton est profondément réconfortant; vous aurez sans doute noté qu'il sera à nouveau question d'eux dans les mois à venir. J'ai également eu une pensée toute particulière pour Montserrat Figueras (comment pourrait-il en être autrement ?) en rédigeant ces lignes : sa mort est, avec l'annonce de la retraite définitive de Gustav Leonhardt, un signe qu'une époque s'achève, et, entre nous, je ne suis parfois pas très certain que la relève soit pleinement décidée à mettre ses pas, en ne reniant rien de ses spécificités, dans ceux de ces géants. Les pièges dont vous parlez ont sans doute trop d'attraits pour certains, prompts à préferer les facilités de la gloriole à un travail de fond moins médiatiquement exposé.
Je vous souhaite tout le meilleur pour l'année 2012 et espère avoir le plaisir de vous retrouver sur Passée des arts au cours des prochains mois.
Cher Jean-Christophe,
ce message de Nouvel An, qui s'ouvre à la confidence, permet , je crois, à tous ceux qui comme moi ne seraient privés qu'avec peine d'emprunter très régulièrement la Passée des Arts de dire à leur tour un peu plus et combien il est bon à ces passants qu'ils sont de pouvoir s'exprimer sincèrement sur les oeuvres et les artistes dont vous proposez de découvrir le travail. Tant d'érudition et de finesse devrait rendre timide mais si l'on revient plusieurs fois sur le billet et les commentaires divers qu'il provoque, on découvre aux réponses diverses qu'ils reçoivent qu'ils sont écoutés et compris, et c'est évidemment très agréable et encourageant ...
L'année 2012 semble déjà (ou encore ?) pleine de merveilles !! Nul doute que vous allez la rendre éclatante.
Mille et un voeux donc pour cette longue suite d'articles à venir !
Framboise.
PS: un petit "hors sujet" : je vois très nettement "autre chose" d'abord dans le détail et ensuite dans le tableau complet . Quelqu'un aurait-il aussi une perception bizarre de la main tenant la montre
Chère Framboise,
J'ai toujours fait du dialogue et de l'ouverture deux choses essentielles depuis que j'écris sur Internet et je me souviens encore d'avoir été bien désolé lorsqu'un fâcheux m'a obligé à modérer les commentaires, ce qui est un frein léger mais réel à la spontanéité des échanges. J'espère que les lecteurs se sentent à l'aise sur le blog et autorisés, surtout, à y faire entendre leur différence en toute liberté. Je mets un point d'honneur à toujours répondre avec un maximum d'attention, quitte à prendre quelques délais, ça me semble vraiment la moindre des politesses vis-à-vis de ceux qui prennent de leur temps pour lire et pour commenter.
Pourriez-vous être plus précise concernant ce qui a eu l'air de vous perturber dans la perception de la main tenant la montre (j'ai ajouté, juste sous le cartel du tableau, un lien qui vous permet de le voir en grand) ? J'ai regardé à plusieurs reprises, mais rien ne me choque.
Les premiers disques de 2012 sont arrivés aujourd'hui, présage, je l'espère d'une année riche de belles découvertes que je serai heureux de partager avec vous. Très belle année à vous et un très sincère merci pour votre fidélité et l'animation que vous apportez au blog par vos avis toujours pertinents.
Jean-Christophe
Vous souvenez-vous de "Paradis pour tous" ?
Pas un grand film, certes, mais une utile illustration de ce que pourraient être un monde où l'on ignorerait craintes, angoisses, souffrance, douleur, ... , et les "êtres" qui l'occuperaient.
Bonne année donc, tel que vous êtes dans ce monde qui est ce qu'il est, en remerciant ? (le ciel, le destin, je l'ignore, puisque j'ignore même s'il existe) de ne pas être,ou croire être, semblables à ces modèles auxquels on essaie de nous faire croire que nous aspirons, ou devrions aspirer (par exemple, s'il vous souvient un peu, de ceux que m'ont -anachroniquement - évoqué les Amants Trépassés)
Et en vous remerciant de nous apporter à chacun de vos billets imparfaits au moins un de ces petits "quelque chose" que seule la possession de ce groupe de qualités (sincérité, honnêteté, ...) qui tourne autour du goût de la vérité permet de donner parfois, dans les domaines auxquels nous sommes sensibles ou inclinés.
Aux antipodes donc du présomptueux et souvent fallacieux "savoir" (bien souvent un mauvais plagiat, voire un misérable copier-coller) si fréquent dans la blogosphère comme dans les autres media.
Espérant que mes pauvres encouragements vous seront de quelque utilité (après tout, mon souvenir le plus réconfortant de l'année 2011 est probablement d'avoir fait profiter de ma - très relative - sagesse quelqu'un qui venait de se retrouver dans une situation que je savais être très pertubante lorsqu'on la découvre, pour l'avoir expérimentée pendant un certain nombre d'années. Et d"avoir constaté qu'il m"en savait gré)
A vous lire, heureux autant qu'il est sage et possible, en 2012 et au delà
Bonjour Guy,
N'étant pas cinéphile, ou, plus précisément, ayant fait d'autres choix de centres d'intérêt que le cinéma, je ne connais pas Paradis pour tous, mais ce titre me fait un peu penser au projet de ce blog que je pourrais nommer Une parenthèse pour qui le souhaite. Comme vous le soulignez, ce que vous lisez ici est sans doute très loin d'être parfait, mais n'est effectivement pas le fruit d'un travail de copie, comme je peux en lire sur Internet ou dans la presse dite « spécialisée », avec des reprises de parties entières du livret des disques ou des informations tirées sans recoupements de Wikipédia, un site dont on sait le nombre d'erreurs qu'il recèle. J'ai trop de respect pour mes lecteurs et trop conscience de l'honneur qu'ils me font de me lire pour ne pas leur offrir ce que je puis produire de mieux.
Je vous remercie pour vos encouragements, plus importants que vous le supposez, et vous souhaite tout le meilleur pour cette année 2012, dont je me réjouis de savoir qu'elle me conduira par deux fois dans votre belle région, dont vous savez à quel point elle m'est chère.
Très belle journée et bien cordialement.
PS : je n'oublie pas les Amants.
Juste une envie de déposer en ce jour un discret bonjour alors que souvent, je vous lis en passagère clandestine et de vous remercier pour votre belle présence et précieux échanges ...
Un grand merci pour ce bonjour, clandestine Kaïkan. Sachez que vous êtes et serez toujours la bienvenue sur ce blog et permettez-moi de vous souhaiter tout le meilleur pour l'année qui commence.
Bonsoir Jean-Christophe.
Une illusion au premier coup d'oeil sur le détail de la man (illusion que je reproduis à loisir), alors que je focalisais sur le petit espace entre la montre et le pouce, ou plutôt entre la montre et la courbe qui sépare le pouce et l'index, une illusion donc me fait voir une femme au dos dévêtu, les bras levé autour de sa tête (la montre) et dont le vêtement est constiué par le tissu de la manche.
Je n'y vois aucune allégorie spéciale mais cela s'impose curieusement à mon regard !!!
Bonne soirée !
Framboise.
Bonjour Framboise,
C'est étrange, mais, même en me concentrant, je ne parviens pas à la voir, mais il y a tellement de choses que les peintres cachent dans leurs tableaux qui nous échappent. D'ailleurs, je ne sais pas si vous connaissez l'ouvrage de Daniel Arrasse On n'y voit rien (réédité en poche), mais si tel n'est pas le cas, je me permets de vous en conseiller la lecture, elle est passionnante.
Très belle journée à vous.
Grâce à ce billet de début d'année les fans sortent de l'ombre
Très alléchant ce programme 2012 que tu nous
fais miroiter ! On en salive d'avance. Allez au boulot !
C'est plutôt émouvant de lire tous ces témoignages, je trouve, et ils donnent l'envie nécessaire pour avancer. Un certain nombre de très beaux projets nous attendent en 2012 (toutes les informations ne sont pas dans ce billet) et je pense que tu as également compris qu'il y en a certains sur lesquels je ne travaillerai pas. Merci pour ton mot et très belle année à toi
Qui ne souhaiterait avoir un lectorat d'une telle qualité ? Chaque intervenant, jusqu'ici, semble avoir une plume aussi bien trempée, ou presque, que le maître des lieux. Si je ne dédaigne pas tapoter sur le clavier de mon ordinateur (et même utiliser un bon vieux stylo), parfois pour bien plus d'une ligne, je me rangerai plus volontiers du côté des taiseux, qui souhaitent le meilleur à leur interlocuteur d'une simple mais chaleureuse poignée de main, avec une sorte de regard entendu sur tout ce qui n'est pas dit. Voilà qui est fait, dirons-nous !
Passée des Arts est clairement une bonne bouffée d'air pur, de celles que l'on prend lorsque l'on ouvre la
fenêtre d'une pièce à l'air vicié. Comment ne pas t'en remercier ?
Ce temps qui passe, linéaire mais aussi cyclique, me fait penser, moi, à ce tableau de Maurits Cornelis Escher :
On est loin de ce qui est présenté ici habituellement, mais je trouve que cette oeuvre montre aussi bien le temps qui passe que l'espace, ce qu'en amoureux de la géographie, je ne peux qu'apprécier. Et puis il faut bien profiter de l'opportunité que tu nous offres de mettre en forme les commentaires, y compris en insérant des images...
Pour résumer, et de manière plus concise qu'il est de coutume, je te souhaite, ainsi qu'à tes lecteurs,... un bon an !
J'ai beaucoup de chance d'avoir des lecteurs de la qualité de ceux de Passée des arts, Hacène, je ne vais pas prétendre le contraire. Je suis toujours ravi et touché de voir ceux d'entre eux qui se manifestent venir apporter leur contribution, qui par une observation, qui par une précision, qui par une anecdote, aux débats qui naissent autour des billets. Je te remercie, toi le taiseux (je sais de quoi tu parles, je fais partie de la même catégorie), de nous avoir offert à tous cette oeuvre d'Escher, que je ne connaissais pas et dont j'apprécie le caractère « Yin et Yang » effectivement absent du tableau de Slingelandt qui joue, lui, plus sur le registre de la Vanité.
Je te souhaite tout le meilleur pour l'année qui commence et qui, je l'espère, verra la réussite de tous tes projets.
Sois certain que mes meilleures pensées t'accompagnent.
Cher Jean-Christophe,
Pour moi 2011 restera pour toujours l'année où je vous ai connu. Je lui en serai éternellement reconnaissante. Tout d'abord la chaleur de votre amitié et puis tout le reste. Sans vous, je serai encore dans cette culture musicale "grande surface". J'ai tant appris en si peu de temps. J'ose même (quel orgueil) devenir exigeante.
Je ne peux terminer sans vous dire que le vieux monsieur de 94 ans insiste pour vous souhaiter Bonne Année. Il vous remercie encore d'avoir pu convaincre sa fille que "l'ouïe" sert aussi à écouter de la belle musique (rires). Je vous embrasse bien affectueusement.
Chère Jeanne,
Pour moi aussi, une des très belles surprises de l'année 2011 aura été d'apprendre à vous connaître et de découvrir ainsi les trésors de sensibilité que vous recelez; je suis sincèrement heureux de cette rencontre, fût-elle virtuelle.
J'espère que Passée des arts continuera, en 2012, à vous donner l'envie de parcourir les chemins de la musique et que l'exigence naissante de votre oreille y trouvera son compte
Je vous souhaite tout le meilleur pour cette nouvelle année et j'associe naturellement à mes voeux le « vieux monsieur de 94 ans » auquel je pense souvent depuis qu'il m'a fait l'offrande d'un des plus beaux commentaires jamais postés sur ce blog.
Je vous embrasse bien affectueusement moi aussi.
Mon cher Jean-Christophe,
Merci mille fois pour cette précieuse mine d'informations, écrite comme à l'accoutumée avec tout ce qu'il faut de talent pour entretenir une attention soutenue (les franglais appellent ça "teasing", mais tu imagines ce que je pense de ces raccourcis pétris de facilité...). Longue vie à 'Passée', ses pépites, et son orfèvre.
Merveilleuse année 2012 à toi !
Jacques
Très cher Jacques,
J'ai gardé un certain nombre d'informations à mon niveau, car certains labels n'avaient pas répondu au moment où je bouclais mes lignes : il y a donc encore de belles surprises à venir qui ne figurent pas dans cet édito, et dont je reparlerai en temps utile
Je souhaite, bien entendu, tout le meilleur à ton Appoggiature et espère, comme je te l'ai écrit en d'autres lieux, que ton blog continuera à gagner, au fil des mois, l'auditoire et l'influence que ses qualités méritent. Ces voeux sont, bien entendu, indissociables de ceux que je forme pour les duettistes qui le font vivre.
Grand merci pour ton commentaire, une pensée toute particulière et très affectueuse te rejoint.
JCh
Oui, il est encore temps, le temps que nous donne le Temps d'avoir le temps.
Quand je pense que les désoeuvrés pensent tuer le temps qui lui, irrémédiablement, les tue.
le titre de ton billet, par effet de balancier me ramène au titre d'un mien billet en date du 24 novembre 2010 "Le temps de vivre, le temps d'exister"...
Oui c'est en existant sans vivre dans les faux-semblants que se défont les masques, que sombrent les vaines précipitations et que s'abîment les fausses gloires, que restera t-il des tyranneaux "pleurés" par des peuples en mission commandée ? Qu'est-ce qui surnagera de la "gloire" de l'époux communément vulgaire de l'anorexique tapageuse ? Rien sûrement, et puis quelle importance. Il faut savoir surnager au-dessus de l'écume des jours.
Pour moi envers qui l'année, tu le sais, n'a pas été des plus câlines, j'ai glissé, presque malgré moi, vers la distance bienveillante et l'indulgence, je n'ai ni dansé une gigue de commande en ce 31 décembre ni assisté aux déballages familiaux des potlatchs de Noël, j'ai vécu le 25, en pensée, avec les miens en mon coeur et le 31 avec les quelques chers qui étaient disponibles. Tout fut doux et enveloppé d'affection, et tendre aussi, mis à part les chapons pas tout à fait assez cuits.
Quant aux déceptions affectives j'y échappe, j'ai appris à n'attendre que ce que l'on me donne et l'engagement inconditionnel reste pour moi synonyme d'amitié. C'est pour cela que quand je reçois un supplément mon bonheur est total.
Nous remercier de t'être fidèles ? Mais mon ami où trouverions-nous autant de raisons de venir s'enchanter et s'instruire ? Quel autre espace serait la plateforme de tels échanges ? Tu n'y penses pas, est-ce être fidèle que de venir le plus régulièrement possible à l'abreuvoir de l'âme et la table de l'esprit ?
En ce qui concerne la musique à venir, tu nous donne un minimum de douze raisons d'attendre et donc d'espérer. Ce pourrait être pire.
Je veux un 2012 radieux à Passée, ne crains rien, s'il vit un peu grâce à nous, comme tu le suggères, nous serons toujours suffisamment aimantés pour mêler nos affluents à son cours.
Il ne restera sans doute pas grand chose de tout ce que j'évoquais dans ce billet, même si nous ne vivrons pas assez longtemps, toi comme moi, pour le constater. Si je partage complètement ce que tu dis quant à la nécessité de savoir prendre de la distance vis-à-vis de l'écume des jours, il me semble qu'il ne faut néanmoins pas négliger, s'agissant d'événements qui ont marqué les gens, de les rappeler pour tenter de les mettre en perspective en leur faisant avouer ce qu'ils racontent de notre époque - c'est particulièrement vrai pour la mort du fondateur d'Apple.
Pour le reste, je pense que les déceptions sont formatrices, du moins l'ont-elles été pour moi l'an passé; la distance qui s'est creusée est là et rien ne la comblera plus. Je pense que les choses sont bien ainsi.
Nous verrons bien ce que 2012 réserve à ce petit blog, mais sache que, quand bien même je doute que ceux qui pourraient apporter quelque soutien à cette entreprise s'en soucient le moins du monde, tes voeux me font plaisir. Grand merci pour ceci et pour ton commentaire.