Partager l'article ! Brève d'été : Le Palazzetto Bru Zane, ou la leçon vénitienne: Jean-Baptiste Camille COROT (Paris, 1796-Ville ...
Le 3 octobre 2009 aura lieu la première édition de la saison musicale d'une institution à laquelle on ne peut que souhaiter longue et heureuse existence, quand bien même elle met en pleine lumière les insuffisances coupables des pouvoirs publics hexagonaux, prompts, on ne le rappellera jamais assez, à porter en sautoir une identité culturelle dont ils ignorent à peu près tout, quant à la préservation et à la diffusion du patrimoine musical français.
C'est donc à l'engagement et à la ténacité de Nicole Bru, soutien de la première heure de l'ensemble Le Concert Spirituel dirigé par Hervé Niquet,
créatrice, en 2005, de la Fondation qui porte son nom, que la musique romantique française se doit d'avoir trouvé un havre où elle va pouvoir être enfin étudiée, interprétée et promue : le
Palazzetto Bru Zane, à Venise. L'édifice de la fin du XVIIe siècle, entièrement restauré « à l'ancienne », abritera, à l'automne, un Centre dédié à la recherche sur la
musique produite en France entre 1780 et 1920 - dont le modèle évoque celui, remarquable, du Centre de Musique Baroque de Versailles - avec pour but de faire principalement connaître des
compositeurs que la postérité et son inséparable double, l'ignorance, ont relégués dans l'ombre. Colloques, concerts, publications, enregistrements, les ambitions affichées par l'équipe de
direction sont à la mesure des frustrations que l'amateur de musique française rencontre dès qu'il souhaite se documenter plus amplement sur elle en sortant des sentiers balisés par les grands
noms que sont, par exemple, Bizet ou Gounod. Le travail du Centre a d'ailleurs déjà débuté et a permis l'édition de soixante-dix partitions, cinq livres et cinq disques, dont celui d'où est
tiré l'extrait musical qui accompagne votre lecture.
Le programme du premier festival, consacré aux sources du romantisme français donne le vertige, qu'il s'agisse des œuvres ou des talents qui ont été
convoqués pour leur donner vie. Imaginez un peu, entre autres, Jadin, Hérold, Onslow, Saint-George, Grétry, Boëly, mais aussi les Italiens actifs à Paris, tels Cherubini ou Rossini, servis par
Alain Planès, le Concerto Köln, Hervé Niquet, le Quatuor Mosaïques, Jérémie Rhorer ou encore Marc Minkowski. Un rêve, dont on se plaît à espérer qu'il sera documenté par des retransmissions
radiophoniques et au disque pour celles et ceux qui, comme votre serviteur, n'auront pas, sauf intervention divine, la possibilité de se rendre sur place pour écouter des concerts qui
s'annoncent prodigieux. Des tournées sont d'ores et déjà planifiées, en France comme à l'étranger, pour certains de ces événements, qui bénéficient, pour la saison 2009-2010, de partenariats
avec l'Opéra Comique, le Centre de Musique Baroque de Versailles ou le Conseil général de Moselle.
France et Italie ont depuis longtemps partie liée dans le domaine des arts et le nouveau chapitre qu'inaugure le Palazzetto Bru Zane - Centre de musique romantique française promet d'être, sur bien des plans, absolument passionnant. Je souhaite encore une fois longue vie et prospérité à ceux qui œuvrent inlassablement pour que notre patrimoine soit autre chose qu'un gadget politique : une réalité vivante.
Le site du Palazzetto Bru Zane peut être consulté en cliquant ici.
Alexandre Pierre François BOËLY (1785-1858), Sextuor en ré majeur arrangé d'après une symphonie de
l'auteur (1827) :
I. Allegro
Ensemble Baroque de Limoges.
Christophe Coin, violoncelle & direction.
Musique de chambre. 1 CD Laborie records LC 05 (distribué par Naïve).
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Il est fort appréciable que dans notre époque de consommation il existe encore des personnes qui se battent pour la sauvegarde de notre patrimoine.
Notre patrimoine n’est pas constitué que d’une poignée de compositeurs, d’artistes … tel que Bizet ou Gounod par exemple, il en existe tant d’autres qui ont contribué à notre mémoire musicale.
Merci à vous tous qui vous battez pour sortir de l’oubli des œuvres magnifiques qui ont le droit à la vie.
Je ne peux que me joindre aux vœux de Jean-Christophe et vous souhaiter une longue vie et prospérité.
Corot qui peint Venise avec son talent coutumier - et tu sais mon affection pour ce peintre - et Venise qui se soucie de la préservation d'une partie du patrimoine musical français, eh bien mon JC...
Excellent !
Riche idée de souligner l'action de la Fondation Bru en faveur d'un répertoire français injustement négligé en ses propres terres et merci aux passionnés qui oeuvrent pour sa mise en lumière et sa sauvegarde.
Le programme et les sessions de recherches du Palazetto Bru Zane me tentent, me tentent... diablement ! Nous en avons parlé. On fait un saut à Venise ? Je n'en suis pas si loin, dis...
Un sans faute, ce sextuor de Boëly par l'EBL sous la baguette de Ch. Coin.
Je t'embrasse fort mon JC.
Merci pour ton commentaire.
Longue vie au Palazzetto Bru Zane et que des vents favorables portent ceux qui l'animent sur les voies du succès.
Je t'embrasse fort moi aussi.
je ne connaissais pas ce tableau de Corot, bienheureux son possesseur... il est étonnant comme la main d'un grand peintre change tout, car somme toute cette vue est banale, archi vue, ce pourrait être un de ces lieux communs agaçants qui font grimacer car ils ne disent pas la réalité de la ville (que dit si bien le bois des violons de Vivaldi) et banalise le génie, eh bien non, c'est très beau, ce n'est pas seulement Venise en 1834, ce qui est déjà bouleversant, c'est aussi du Corot.
Avec mon amitié
"Ne nous interdisons pas la beauté" : je reprends complètement ta dernière phrase à mon compte, si tu le veux bien. Tu as raison, prenons-là à pleines bouffées, à pleine brassées, jouissons-en pour mieux la faire partager. Un tableau de Corot qui transcende un lieu que l'habitude a rendu banal, une fondation qui a redonné vie à un palazzetto de la fin du XVIIe siècle pour lui permettre d'abriter ceux qui luttent contre la coupable anesthésie de nos mémoires, tant de raisons de s'émouvoir et de croire qu'il existe encore, dans une époque qui file vers sa dislocation à tombeau ouvert, des raisons d'espérer.
Avec mon amitié.