Partager l'article ! Rentrée 2009 : oser la culture: Gustave CAILLEBOTTE (Paris, 1848-Gennevilliers, 1894) L’Yerres, effet de ...
Flambera ? Flambera pas ? S’il fallait définir d’un mot cette rentrée 2009, ce serait peut-être celui d’incertitude qui s’imposerait le plus naturellement à l’esprit. Paradoxalement, l’été qui est en train de s’achever a tenu la dragée haute à la crise, pour le plus grand bonheur des commerçants mais surtout des politiciens, trop heureux que l’apathie présidant aux mois de juillet et d’août jette le voile le plus opaque possible sur une situation économique plus fragile que ce que certaines rodomontades à l’optimisme plus ou moins frelaté, savamment distillées çà et là dans les média, peuvent laisser supposer.
N’est-il pas, dans le contexte difficile, tendu, que nous traversons depuis une année, aussi vain que vaguement arrogant de consacrer un temps qui pourrait sans doute être mieux employé ailleurs à promouvoir des activités aussi foncièrement improductives que lire, écouter de la musique ou aller au musée ? Honnêtement, je ne le crois pas et j’ai même envie de pousser l’impertinence jusqu’à affirmer que c’est justement dans une période comme celle que nous traversons qu’il faudrait, plus que jamais, nous tourner vers ce qui est susceptible, dans tous les sens du terme, de nous élever. On pourra toujours arguer que l’accès à la culture est un luxe, et il est exact que le prix du livre et, plus encore, du disque constitue un véritable frein sur ce point. Cependant, le plus souvent pour une très modeste cotisation annuelle, il existe, en France, un réseau de bibliothèques et médiathèques publiques qui recèle des trésors et où œuvre souvent un personnel formidable. Internet permet, en outre, d’écouter gratuitement un certain nombre d’œuvres (sur Deezer, entre autres) voire de les acquérir, grâce aux sites de produits d’occasion ou aux plateformes donnant accès à des pays où la TVA sur les disques est moins scandaleuse que chez nous, tandis que l’entrée des musées est gratuite le premier dimanche de chaque mois. Autant de bonnes raisons de ne pas laisser passer les occasions de découvrir, d’apprendre, de s’interroger, de s’émouvoir.
Passée des arts, dans sa tentative de rendre compte le plus largement possible des expressions
artistiques, va connaître quelques aménagements dans les semaines à venir. Si certains d’entre eux sont encore au stade de la réflexion, une nouvelle rubrique, intitulée Signets,
permettra bientôt aux livres, récents ou plus anciens, de prendre place sur ce site. N’hésitez pas, chers lectrices et lecteurs, à me faire part de vos remarques et suggestions, car ce lieu ne
vit que grâce à vos interventions et au dialogue qui se tissent entre vous, entre nous.
À toutes et à tous, je souhaite une excellente rentrée.
À très bientôt.
Camille SAINT-SAËNS (1835-1921), Sonate n°1 pour violoncelle et piano en ut mineur, opus 32
(1872-1873) :
III. Allegro moderato
Emmanuelle Bertrand, violoncelle.
Pascal Amoyel, piano.
Suite, op.16, Sonate, op.
32, et autres pièces pour violoncelle et piano. 1 CD Harmonia Mundi HMC 901962
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Comme tu as raison cher Jean-Christophe, c’est dans ces moments difficiles qu’il nous faut se remettre en question, de se tourner vers ce qui peut nous nourrir différemment que les titres et la fortune. Vivre ce n’est pas courir après une situation afin de briller dans la société ou d’être le pantin des banques et politiques… mais pas toujours facile de se « libéré » comme le disait Quignard dans ton dernier billet.
Je pense que coté taxe sur les livres et cd il y aurait des efforts à faire, ne dit on pas que nous naissons tous libre et égaux ? Où est l’égalité s’il faut avoir un salaire de ministre afin de pouvoir s’acheter un livre ou un cd de temps en temps vu que le prix représente pour plus d’un les repas pour trois jours…
Les mussées et le médiathèques, merci à eux, font l’effort de permettre un accès a la culture à tous. A Strasbourg sera inauguré la nouvelle Médiathèque André Malraux prochainement, je m’y inscrirais dès son ouverture le 20 septembre.
Merci à toi cher Jean-Christophe, c’est un bien faible mot pour le travail que tu fournis pour nourrir ce blog, mais sache qu’il est une vrai source de connaissances.
De nouvelles émotions nous attendent donc bientôt entre deux presse-livres où, grâce à tes signets, cher Jean-Christophe, de beaux livres viendront se ranger. Quel bonheur ! S'agira-t-il d'oeuvres en langue française ? Laisseras-tu les philosophes venir y glisser quelques-uns de leurs concepts ? Les essais et les biographies seront-ils bienvenus ? Les poètes accueillis ? Les dramaturges pourront-ils y dresser leurs planches ? ou bien les romanciers auront-ils ta préférence ?
Quant aux Effets effets de pluie de GC, ils glissent et s'épanouissent comme autant de nénuphars transparents...qu'une belle dame de mes amies viendrait volontiers respirer !
Je n'ai pas les interrogations de Paul quant aux signets, je crois que tes propositions remplaceront avantageusement ce qui nous est "proposé" sur les chaînes. A ton contact, j'ai perdu (presque) tous mes complexes. Tant que c'est écrit en français -fût-il ancien - pas de souci ; il en faut pour tout le monde aussi. Je lis (et relis) les Goncourt de plus de cinquante ans, c'est moins dur que "faire du ménage" ...
Comme tu le soulignes, s'offrir un ouvrage, un disque ou l'accès à une exposition amène souvent à se poser la question de savoir si, ce faisant, on pourra manger le lendemain, ce qui est un scandale absolu dans un pays qui se prétend évolué. Aussi, vivent les médiathèques, bibliothèques et autres institutions qui permettent à ceux qui en ont le courage - tu noteras que c'est souvent par peur ou par paresse que les gens ne vont pas vers ce qui les élève - de pouvoir se frotter à tant de trésors et, par leur entremise, de se rencontrer eux-mêmes.
Je trouve très juste et très poétique ton rapprochement entre les ronds dans l'eau et les nénuphars. Je suis certain que certaine Dame, là où elle est, en a souri de plaisir
"A ton contact, j'ai perdu (presque) tous mes complexes", m'écris-tu : c'est un des plus beaux compliments qui m'ait jamais été adressé, sais-tu, et qui m'émeut profondément. Merci, vraiment. Reviens souvent, s'il te plaît, illuminer ces pages de ton sourire espiègle et tendre qui manquerait terriblement s'il n'était pas là.
jardin, amoureusement cultivé, je ne l'ai plus quitté. Et le jardinier est devenu
passeur. Ceci est un bonheur.
Bonne rentrée à toi mon JC, mon jardinier, mon passeur, mon complice, mon double
sensible, mon doux prince. Que de travail fourni, que de belles pages encore et
d'heureux moments à venir !
Puisse ce lieu prospérer comme il le mérite et les qualités de celui qui l'anime et le nourrit être reconnues et fêtées à leur juste valeur.
Puissent le partage et les échanges complices, chaleureux et enrichissants entre ceux qui y viennent s'y poursuivre.
Puissent les lecteurs et amis continuer à se laisser surprendre et à puiser ici de belles choses.
Et, en passant, merci aux médiathèques et autres structures semblables de permettre à la culture, y compris dans des régions, comme celle où je vis, et où le paraître et le futile sont rois, de s'épanouir en demeurant accessible à tous.
Très heureuse correspondance entre le tableau de Caillebotte à l'atmosphère unique et la sonate de Saint-Saëns aux si belles nuances.
Je t'embrasse fort mon JC.
J'espère pouvoir trouver assez de force pour poursuivre le chemin entrepris ici il y a bientôt six mois, un nouveau départ qui ferait presque oublier qu'il y eut un "avant Passée des arts", souvenir que tu ressuscites avec beaucoup de pudeur et de sensibilité. Comme tu le sais, confidente privilégiée que tu es, je fourmille de projets, d'envies et si ce n'étaient les obstacles que constituent le temps et les moyens, je pourrais sans doute partager ici mieux et plus. Mais "als ikh kan", comme le disait, paraît-il, le bon van Eyck.
Merci à toi pour ton écoute et tes conseils, précieux pour démêler l'écheveau des idées, pour ta fidélité sans faille.
Je t'embrasse fort moi aussi.
Le mal est ambiant, étendu "culturel" si l'on peut dire.
Il n'y a de sortie du tunnel que dns l'éducation au sens premier du terme.
Moi aussi je suis découragé...
Je vous reparlerai de la place laissée à la musique
Tu sais mon JC, il y aurait tant à dire, je me demande par quel bout commencer... Le débat peut être dense et je ne veux pas monopoliser tes pixels. "Chez nous", peut-être ?
Chacun sait néanmoins, au sein de nos instances étatiques, que nous pratiquons notre art uniquement pour le plaisir, écervelés que nous sommes et que nous menons nos recherches, chercheurs farfelus, juste pour étaler ensuite notre culture...
L'aspect matériel ? Dieu du Ciel et des Enfers, vade retro ! Nous sommes si loin de ces bassesses !
Pourquoi une partie de mon cursus s'est-il déroulé aux Etats-Unis ? Ceci en-dehors de tout parti pris pour nos amis américains, cela s'est trouvé ainsi, c'est tout. J'en suis juste restée un peu new-yorkaise, tu le sais bien
Ooops, je vois arriver le couperet de 20 h
Je te retrouve, ainsi que tes amis lecteurs qui le souhaiteront, chez nous pour reprendre et continuer le débat.
Je t'embrasse fort mon JC et me sauve en vitesse face à l'attaque de ton nouveau billet.
J'adore ce Caillebotte qui est d'une facture déjà hyper-réaliste, on croirait que l'artiste a peint sur une photographie !
Bonne fin de soirée à vous.
Merci pour ce commentaire, qui prolonge mon billet d'une façon très intéressante. La question de fond est, je crois, de savoir si la façon dont on initie les enfants aux arts à l'école est pertinente. Je manque, bien entendu, des informations nécessaires - mes souvenirs de collège ne datent pas d'hier ! - pour pouvoir dire quoi que ce soit de vraiment probant à ce sujet, mais l'école a joué pour moi, dès le primaire, un véritable rôle d'éveilleur en matière de musique, grâce à une institutrice qui, en CM1 et CM2, nous faisait écouter du Lully et du Planquette. Il y avait même un piano dans cette salle de classe d'un petit groupe scolaire de campagne. Ai-je eu de la chance ? Sans doute, celle d'avoir croisé la route d'enseignants (ça a été valable aussi, en partie, au collège) qui aimaient la musique et prenaient le temps de la faire connaître un peu.
Pour ce qui est de Signets, il vous faudra encore un peu de patience, le temps pour moi de digérer les livres que la rentrée littéraire a fait se poser sur mon bureau
Bien amicalement à vous.
Je me souviens parfaitement de nos échanges et je suis ravi de vous retrouver ici, soyez-en persuadée. Oui, Jardinbaroque est bel et bien devenu une friche, mais j'ai pu constater qu'il était recevait toujours quelques visites, poursuivant sa vie en dehors de celui qui l'a conçu. J'espère que Passée des arts vous aura donné l'envie de revenir vous y promener et je vais moi-même aller vous rendre visite chez vous.
Bien cordialement