Vendredi 17 juin 2011 5 17 /06 /Juin /2011 08:38

 

peter jakob horemans nature morte homme distingue

Peter Jacob Horemans (Anvers, 1700-Munich, 1776),
Nature morte à l’homme distingué
, 1765.

Huile sur toile, 38 x 50,1 cm, Bayreuth, Staatsgalerie im Neuen Schloss.

 

Les puissants ont parfois des lubies singulières. On sait que Louis XIII composait des chansons et que Frédéric le Grand jouait de la flûte, mais il est peut-être moins connu que Nikolaus Esterhazy, parfois surnommé Le Magnifique (1714-1790), s’était entiché d’un étrange instrument qui ne lui survécut pas beaucoup, puisqu’il disparut au début du XIXe siècle : le baryton. Parmi les plus de 170 œuvres répertoriées dans le catalogue établi par Anthony Hoboken que le maître de chapelle du  prince produisit, trois remarquables musiciens, Guido Balestracci, Alessandro Tampieri et Bruno Cocset ont choisi sept trios pour nous offrir un disque généreux, publié par Ricercar sous le titre Divertimenti per il pariton a tre.

 

Depuis 1761, Nikolaus avait donc à son service un musicien dont le renom ne cessait de croître, et, en sa qualité de patron, il ne manqua pas d’exiger du dénommé Joseph Haydn (1732-1809) des œuvres expressément destinées à son cher baryton. Il faut dire un mot de cet instrument aux origines et au nom incertains (pariton, paridon, viola di bordone) : il appartient à la famille des violes de gambe (le prince lui-même le nomme gamba), mais il possède deux types de cordes, les unes en boyau, frottées avec l’archet, les autres en métal, résonnant par sympathie avec les premières mais pouvant également, car apparentes derrière le manche, être pincées par le pouce et permettre ainsi un jeu luthé. On ne peut pas dire que l’ordre ait été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme par le compositeur, puisque son employeur se plaignit rapidement de son peu de diligence à composer « de ces pièces que l’on peut jouer sur la gamba, pièces dont jusqu’ici nous n’avons vu qu’un tout petit nombre. » (Regulatio, novembre 1765). nikolaus esterhazyRappelé fermement à ses devoirs, Haydn, dont la petite histoire raconte qu’il s’exerça nuitamment durant six mois à maîtriser les possibilités de l’instrument, va produire, entre 1765 et 1775 environ, pas moins de 126 trios avec baryton. Se limitant, jusqu’en 1771-1772, aux tonalités de ré et la majeur, avec, très épisodiquement, un petit détour par sol majeur, cette palette restreinte expliquant sans doute en partie les réticences d’un maître de chapelle soucieux de prouver son savoir-faire à s’y attarder, ce vaste corpus va ensuite se hasarder, du fait, notamment, de la présence de deux virtuoses du baryton à la cour d’Eszterhaza, à fréquenter d’autres tonalités, ut et fa majeur, et, deux uniques fois, le mode mineur.

Au-delà de leur caractère d’œuvres de commande destinées à satisfaire un employeur exigeant dont les capacités techniques étaient sans doute meilleures qu’on le prétend souvent, les trios avec baryton de Haydn apparaissent comme un laboratoire d’idées où le compositeur teste des formules compositionnelles qui vont lui servir pour des projets plus ambitieux, comme, entre autres, ses quatuors. Ainsi, le rôle actif de la basse dans l’élaboration du travail thématique, la vocation contrastante du trio par rapport au menuet, les possibilités offertes par le thème varié, considéré non comme une simple accumulation de variations mais comme un tout cohérent, s’y développent peu à peu, tandis que la densité émotionnelle des pièces s’approfondit elle aussi à mesure, passant d’un style « galant » aussi parfaitement caractéristique de son époque que plein d’agrément (Hob.XI.42 en ré majeur, 1767) à une expression intimiste touchante (Hob.XI.113 en ré majeur, avant 1778), voire franchement pathétique (Hob.XI.96 en si mineur d’esthétique Sturm und Drang, c.1771-1772). Comme très souvent chez lui, Haydn, en laissant libre cours à sa maîtrise d’écriture mais aussi à son humour et à son goût pour les tournures populaires, permet à ses trios pour baryton de dépasser leur statut de partitions de circonstance pour atteindre celui de petits joyaux chambristes (chacun dure, sauf exception, moins d’un quart d’heure) ; le compositeur devait en être satisfait, puisqu’il se soucia d’en assurer une plus large diffusion, en arrangeant lui-même ou en autorisant des transcriptions de certaines des pièces pour la formation plus classique violon, alto et violoncelle (six ont fait l’objet d’un excellent enregistrement de Rincontro chez Alpha).

L’interprétation des Divertimenti per il pariton a tre que nous proposent Guido Balestracci au baryton, Alessandro Tampieri à l’alto et Bruno Cocset au violoncelle (en photographie ci-dessous) est absolument remarquable. Bien entendu, de ces trois noms bien connus des amateurs de musique baroque officiant respectivement au sein, entre autres, des ensembles L’Amoroso, L’Arpeggiata et Les Basses Réunies, on attendait le meilleur, mais ce que l’on entend tout au long de cette presque heure et quart de musique est d’un bonheur si constant que l’on ne peut qu’en ressentir une vraie jubilation. Saluons tout d’abord les qualités individuelles de chacun des musiciens, tous d’une indiscutable maîtrise technique, avec une mention particulière pour la formidable virtuosité de Guido Balestracci qui sait tirer le meilleur de son baryton, dont on imagine sans mal les trésors de dextérité que sa pratique requiert. Si cet instrument occupe naturellement le devant de la scène dans des pièces conçues pour le faire briller, le dialogue qui se tisse entre lui, l’alto charnu et vigoureux d’Alessandro Tampieri et le violoncelle plein de fougue et de poésie de Bruno Cocset est merveilleux de naturel, d’enthousiasme, de complicité et de plénitude. guido balestracci alessandro tampieri bruno cocsetInclinons-nous ensuite devant l’humilité et la clairvoyance qui président à cette anthologie et permettent aux musiciens de porter sur des partitions trop souvent regardées, du fait de leur destination, comme mineures voire négligeables, le même regard que celui que l’on accorde aux chefs-d’œuvre de Haydn, comme ses trios avec clavier ou ses quatuors. Ainsi considérées, elles acquièrent un relief et un pouvoir de séduction insoupçonnés, encore accentués par le dynamisme des mouvements rapides, la franchise parfois goguenarde des menuets et le cantabile qui irrigue les mouvements plus recueillis. Aidée par une prise de son chaleureuse qui sait faire une juste place aux résonances, présentes sans être envahissantes, cette lecture savoureuse, gorgée de rythmes et de couleurs, se révèle d’une élégance parfaite et d’une sensibilité de tous les instants, qui démontrent que les musiciens ont pris tout le temps nécessaire pour se familiariser et comprendre de l’intérieur le langage de Haydn qu’ils restituent sans afféterie, ni mièvrerie ou superficialité, dans un parfait esprit de compagnonnage non seulement des musiciens entre eux mais aussi avec ce que l’on peut supposer des intentions du compositeur.

incontournable passee des arts Je vous conseille donc très chaleureusement cet enregistrement en tout point réussi qui permet de découvrir les trios avec baryton aussi intéressants que finalement peu connus de Haydn dans une interprétation de très haut niveau. Plus qu’une friandise pour spécialistes ou curieux, cette réalisation est, avant tout, un formidable moment de musique de chambre dont un très large public se régalera du raffinement déployé pour en faire miroiter les multiples séductions. Un disque princier, en somme.

 

joseph haydn divertimenti baryton balestracci tampieri cocs Joseph Haydn (1732-1809), Divertimenti per il pariton a tre. Trios pour baryton, alto et violoncelle Hob. XI.42, 59, 66, 70, 96, 101, 113.

 

Guido Balestracci, baryton (Pierre Bohr, 2008, d’après Simon Schödler, Passau, 1785)
Alessandro Tampieri, alto (Richard Duke, Londres, 1768)
Bruno Cocset, violoncelle (Charles Riché, 2009, d’après Gasparo Da Salò)

 

1 CD [durée totale : 73’18”] Ricercar RIC 315. Incontournable Passée des arts. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien.

 

Extraits proposés :

1. Trio en si mineur, Hob.XI.96 :
[I] Largo

2. Trio en la majeur, Hob.XI.66 :
[II] Allegro di molto

3. Trio en ré majeur, Hob.XI.42 :
[III] Menuet

 

Illustrations complémentaires :

Artiste anonyme, Portrait de Nikolaus Esterhazy, sans date.

Photographie des artistes utilisée avec l’aimable autorisation de Ricercar.

Par Jean-Christophe Pucek - Publié dans : Saisons Haydn
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

De " petits joyaux chambristes " qui m' étaient totalement inconnus, je dois bien l' avouer. Comme d' ailleurs méconnu était jusqu' alors pour moi le Baryton ( nommé gamba par le Prince ). Voilà une découverte en tous points.

Le Largo du Trio en Si mineur est intéressant en ce sens qu'il me semble entendre ici cette voix de Papa Haydn que l' on ne perçoit pas si souvent aussi clairement intérieure ou nostalgique chez lui. Voilà un bel exemple qui botterait en touche certains qui ne voient encore dans sa musique que galanterie et absence soi-disant de profondeur.

L' Allegro di molto du Trio en La majeur est plutôt badin, léger, sautillant, plein de vie comme sait si bien le faire Haydn ( ce qui, j' en reviens à ce que je t' écrivais plus haut, en a fait une définition bien trop cataloguée rapidement par certains de sa musique ). Agréable à souhait et sans prétention.

Le Menuet du Trio en Ré majeur est, je trouve, très spirituoso. C' est du moins ce que j' en ressents.

En tous les cas, un prégnant raffinement souffle en effet sur ces quelques pages que je te remercie, mon ami, d'en partager ici la découverte en ce qui me concerne. Quant aux interprètes, tu as tout dit.

Je t' embrasse.

Commentaire n°1 posté par cyrille le 17/06/2011 à 17h36

Tu sais, cher Cyrille, on ne peut malheureusement pas dire que ces oeuvres hantent beaucoup les bacs des disquaires (on fait comme s'il y en avait encore) et la mémoire des mélomanes. Le baryton lui-même était un peu une chimère (à l'instar du fameux arpeggione) jusqu'à ce qu'il se trouve des luthiers assez experts pour le ressusciter et des musiciens assez téméraires pour tenter de le dompter.

Ceux qui ont pris le temps de se pencher sur l'oeuvre de Haydn savent bien qu'elle abonde en moments comme ce Largo du Trio en si mineur, y compris dans les pièces où on les attend le moins, comme, par exemple, les Nocturnes pour le Roi de Naples (je pense à l'Adagio en ut majeur du n°8, Hob.II.27), où, sans crier gare, les choses basculent vers une incroyable poésie et une effusion qui annonce clairement le romantisme. Les deux autres mouvements que j'ai retenus sont d'une facture plus attendue, mais que d'esprit et que de métier, tout de même.

Je suis heureux que cette découverte, servie par des musiciens d'exception, t'ait charmé et j'espère qu'elle te donnera l'envie de revenir vers l'univers de Haydn.

Je t'embrasse.

Réponse de Jean-Christophe Pucek le 17/06/2011 à 20h55

Pour une fois ta chronique parle d’un disque dont j’ai eu la chance de pouvoir écouter dans son intégralité, Jean-Christophe.
Moi qui adore la viole de gambe, j’ai découvert un instrument qui mérite beaucoup d’attention je trouve. C’est extraordinaire, comme on a l’impression d’entendre deux instrument alors qu’il ne s’agit que d’un seul. Particulièrement perceptible dans le menuet du trio en Ré majeur Hob XI:113. Entre nous une de mes pièces favorites du cd avec le trio en Si mineur Hob XI:96 même si je ne jette rien du cd. C’est vrai que ses deux pièces plus expressives, peut être que d’autre du cd, coté sentimental si j’ose dire me touche plus particulièrement.
J’imagine sans mal le travail qu’a du fournir Guido Balestracci afin de pouvoir maitriser son instrument et nous offrir de telles émotions que la musique soit mélodieuse, plus touchante ou encore passionnée comme tu le décris si bien.
J’espère que les artistes nous feront découvrir d’autres facettes de cet instrument et que le disque trouve le succès qu’il mérite.
Merci de m’avoir permis de découvrir ce disque, je t’embrasse.

Commentaire n°2 posté par David le 17/06/2011 à 18h51

C'est vrai qu'il n'est pas si fréquent que tu puisses t'exprimer sur autre chose que les extraits que je propose, David, et je suis d'autant plus content que tu aies "retrouvé tes petits" dans ce billet consacré à un disque que tu connais.

Confidence pour confidence, le Trio en si mineur est un de ceux qui me touchent le plus moi aussi, tant je le trouve particulier et d'une hauteur d'inspiration qui me ramène aux Quatuors de l'Opus 20 (1772), tellement particuliers dans la musique de leur temps et dans la production de Haydn à cette époque.

Je pense qu'il ne faut surtout pas oublier de saluer, comme tu le fais, la magnifique prestation de Guido Balestracci, Alessandro Tampieri et Bruno Cocset, qui donnent vie à ces pièces comme seuls de grands musiciens peuvent le faire, et si je ne suis pas bien certain, hélas, que cette entreprise connaisse une suite, j'espère, moi aussi, retrouver ce brillant trio le plus rapidement possible.

Je t'embrasse.

Réponse de Jean-Christophe Pucek le 17/06/2011 à 21h08

Inédit, élégant et raffiné, dans une joie sans ombre, qu'on doit sans doute attribuer aux interprètes tellemnt à l'aise ... Et comme d'habitude un tableau bien trouvé: promesse de déjeuner sans message inquiétant : ni bougie consumée, ni flacon renversé, ni petite mouche posée sur un pétale ...

Que du bonheur !

Commentaire n°3 posté par Framboise le 17/06/2011 à 18h54

Un tableau qui m'a causé quelques inquiétudes, Framboise, car j'ai rencontré bien des difficultés pour le débusquer puis en trouver une reproduction correcte. Vous avez, comme toujours, parfaitement saisi les raisons de mon choix pictural : je ne voulais pas de ver dans le fruit, juste la promesse des plaisirs disposés sur la table et l'invite de cet élégant au verre

Très beau congé de fin de semaine à vous.

Réponse de Jean-Christophe Pucek le 17/06/2011 à 20h11
Plus ça va, plus j'aime Haydn. Ces trois extraits sont juste magnifiques. Merci mon JC :o)
Commentaire n°4 posté par Rachel Oo le 17/06/2011 à 18h56

Il fait partie de ces quelques compositeurs que j'ai l'impression de redécouvrir à chaque nouvelle interprétation sur laquelle je me penche. Je suis heureux que ces extraits t'aient plu, ma Rachel, et je te remercie de me l'avoir dit ici

Réponse de Jean-Christophe Pucek le 17/06/2011 à 19h30

Un petit mot, J-Ch, en réponse à ta phrase : " j' espère qu' elle te donnera l' envie de revenir vers l' univers de Haydn ". Il ne me quitte jamais trop longtemps. Pas une semaine sans que sa musique résonne tout autour de moi. Avec, je dois bien l' avouer, une préférence, à mesure que je prends de la bouteille, pour ses Quatuors au même titre que ceux de Beethoven ou de Boccherini, d' ailleurs ... arrivant à en délaisser leurs productions symphoniques respectives étrangement. Ce doit être l' âge avançant Des bises !

Commentaire n°5 posté par cyrille le 18/06/2011 à 00h59

Crois-tu que le fait d'apprécier de plus en plus la musique de chambre soit fonction de l'âge, cher Cyrille ? Remarque, je pourrais reprendre à mon compte les constats que tu fais quant à l'évolution de tes goûts, donc peut-être as-tu raison

Des bises pour ta journée, mon ami.

Réponse de Jean-Christophe Pucek le 18/06/2011 à 06h10

Exquis. Jusque exquis. Ces trois extraits m'ont transporté et confortent mon attrait pour Haydn que je redécouvre de plus en plus depuis quelques mois! Je connaissais quelques trios avec baryton, j'avais même voulu acheter à prix cassé une intégrale parue chez Brillant Classics il n'y a pas longtemps, et puis je ne l'ai pas fait. Mais ici, il est certain que je vais me procurer ce disque au plus vite. 

Bravo comme toujours pour cette chronique qui ne pouvait qu'être radieuse au vu de la musique présentée et de la qualité des interprètes. Un petit joyau dans ce dimanche pluvieux et monotone. Merci!

Commentaire n°6 posté par Frédéric Degroote le 19/06/2011 à 18h35

Je suis absolument ravi, Frédéric, que tu sois venu te perdre jusqu'ici à l'occasion de ce billet consacré à un disque qui risque hélas de passer assez complètement inaperçu, puisqu'il cumule les "handicaps" de s'intéresser à Haydn et à de la musique de chambre, autant de domaines hélas fort peu vendeurs par les temps qui courent. Sans dénigrer l'intégrale parue chez Brillant, je me demande si cette anthologie ne dispense pas en partie de son écoute, tant l'intelligence de son programme permet de mesurer l'évolution de Haydn dans les meilleures conditions possibles, compte tenu de la haute qualité de l'interprétation. Si jamais tu parviens à écouter l'enregistrement en entier, me diras-tu s'il a confirmé les impressions données par les extraits ? Je ne peux que te conseiller de continuer à cheminer en compagnie de Haydn, c'est un guide plein de sagesse et de surprises.

Merci pour ton commentaire et à très bientôt.

Réponse de Jean-Christophe Pucek le 19/06/2011 à 20h34

Belle surprise que la découverte d'un" nouvel instrument" ; dommage qu'il ait été boudé par la suite ; je vous dois encore un agréable moment de musique, merci.

Bien cordialement,

 

Odile

Commentaire n°7 posté par Odile Torregrossa le 20/06/2011 à 20h19

Je suis très heureux que la découverte se soit doublée du plaisir, Odile, et j'espère vous réserver, dans les temps à venir, quelques autres surprises agréables.

Je vous souhaite une très belle journée.

Bien cordialement,

Jean-Christophe

Réponse de Jean-Christophe Pucek le 21/06/2011 à 07h55

Encore une belle découverte grâce à Passée... j'ai le clic qui me démange...

Commentaire n°8 posté par clairette le 22/06/2011 à 17h40

Et peut-être le début d'une belle histoire entre Haydn et toi ? J'en serais vraiment ravi (et l'entreprise bénéficiaire de tes clics aussi ^^)

Réponse de Jean-Christophe Pucek le 23/06/2011 à 07h17

On ne doit jamais jurer de rien ... j'étais persuadée avoir laissé une trace de mon passage et si l'homme est distingué à son époque, je le trouve replet et fort satisfait de son statut. Lui aussi prend de la bouteille

Quant à Haydn, il reste de mes connaissances et j'apprécie infiniment tes choix.

Commentaire n°9 posté par Marie le 26/06/2011 à 20h28

Normal, il tente de se donner une contenance princière, chère Marie Je suis heureux qu'avec Haydn, tu aies senti que la table avait été aussi dressée pour toi.

Réponse de Jean-Christophe Pucek le 26/06/2011 à 20h35

Seras-tu étonné d'apprendre ma prédilection pour le trio en si ?
Bien sûr, il est difficile de choisir sans donner l'impression d'exclure ce qui serait totalement odieux dans ces morceaux tous raffinés et profonds.

Alors, au diable la prudence, je le dis.

Commentaire n°10 posté par Henri-Pierre le 05/07/2011 à 18h07

Le Trio en si mineur est également un de mes préférés, et les deux autres mouvements qui suivent celui que j'ai présenté dans ce billet ne le déparent en aucune façon. Une musique qui, si elle n'est pas toujours profonde - mais ce n'est pas son propos - est toujours, comme tu le notes, raffinée, élégante, intelligente. Du Haydn, en résumé.

Réponse de Jean-Christophe Pucek le 05/07/2011 à 18h29

Merci pour cet article passionnant qui permet de faire connaître cet imposant corpus.L'interprétation de l'ensemble Guido Balestracci sonne très différemment de celle de l'ensemble Eszterhazy. Les cordes sympathiques du baryton sont ici bien mises en valeur ce qui donne beaucoup de charme et de pittoresque.Il est passionnant de suivre l'évolution du compositeur au fil des quelques 126 trios. On peut remarquer que dans les premiers trios, le baryton est prépondérant et que petit à petit l'alto s'émancipe pour prendre dans certains trios des livres 3 et 4 la direction du chant.. Par contre les cordes sympathiques disparaissent à partir de ce même livre. Le trio 123 en ré majeur est une merveille, il offre un concentré de tous les styles deHaydn avec un andante initial chanté par le baryton de type sérénade, un allegro polyphonique d'un dynamisme extaordinaire et surtout un menuetto qui est un joyau. Le trio, fantomatique, fait partie de ces trios "expressionistes" (celui de la symphonie N° 29 par exemple) chers à Marc Vignal.

Commentaire n°11 posté par Piero1809 le 18/07/2011 à 22h00

C'est moi qui vous remercie pour votre commentaire, Piero, que, pour tout vous avouer, je guettais un peu, connaissant votre goût pour la musique de Haydn et la solidité de vos connaissances la concernant. Je ne reviens pas sur ce que vous avez écrit et que je ne pourrais que paraphraser, compte tenu de la justesse de vos propos ; je tiens juste à souligner, une nouvelle fois, que ce disque me semble assez idéal pour partir à la découverte de la vaste production du grand Joseph dans le domaine des trios avec baryton, puisqu'il permet d'en suivre les évolutions avec, cerise sur le gâteau, une conjonction de talents réellement réjouissante pour ce qui regarde l'interprétation.

Très belle journée à vous et, je l'espère, à bientôt.

Réponse de Jean-Christophe Pucek le 27/07/2011 à 11h11

Je vous avais bien dit, Jean Christophe, que je m’aventurerai petit à petit dans votre beau domaine. Mais me méfiant de ma gourmandise, je me suis dit qu’un peu d’ordre et de méthode dans mes flâneries ne serait pas superflu. Alors, j’ai remonté le temps et je suis allée à Vienne en compagnie de Haydn.

Je ne pouvais souhaiter meilleure introduction : la vitalité de ce cher « Giuseppe » comme vous l’appelez, est aussi tonique qu’un matin de printemps et elle est accompagnée de tant de fantaisie, d’élégance, de générosité et de pudeur aussi quand la tempête gronde !

Dans vos billets de saison, je ne sais ce que j’ai le plus apprécié : vos savoureuses missives, le regard lumineux de Marie Alexandre Guénin (11/10),  l’illustration musicale de votre hommage à Robbins Landon ou  le Salve Regina (14/03), ou les commentaires « à cœur ouvert » des lecteurs de Passée des arts et vos réponses si soigneusement adaptées à chaque message, etc … et puis pourquoi choisir quand tout est si harmonieusement présenté : on se sent bien chez vous, tout simplement.

A une autre fois au fil de mes découvertes.

Danièle.

 

PS/ La date de péremption est un peu dépassée, votre billet datant de juin, mais s'agissant du XVIIIème siècle, nous ne sommes plus à quelques mois près, n'est ce pas ?

 

Commentaire n°12 posté par Danièle le 21/11/2011 à 22h10

Un grand merci pour votre promenade parmi les anciens billets de Passée, Danièle, où vous m'entraînez à votre suite, moi qui n'ai généralement guère le temps de me retourner sur ce que j'ai déjà écrit et ne dois surtout penser qu'à ce qui reste à rédiger.

Ces Trios avec baryton de Haydn sont une merveille, un disque inattendu et plutôt risqué, plein de fraîcheur et de talent, car servi par des interprètes d'exception. J'ai regretté de ne pas avoir pu me consacrer plus à la rubrique « Saisons Haydn » dont le ton et les innovations me plaisaient bien mais nécessitaient une véritable débauche d'énergie - en particulier les lettres - assez incompatible, hélas, avec mon emploi du temps de l'époque. Qui sait, peut-être me livrerai-je un jour de nouveau à cet exercice sur d'autres sujets.

Pour ce qui est des commentaires, je mets un point d'honneur à répondre rapidement et de façon personnalisée à chacun des lecteurs qui me fait l'honneur - car c'en est un, que je mesure pleinement - de me lire et de me livrer son sentiment. J'espère sincèrement que cette qualité d'échanges, à laquelle vous participez aujourd'hui pleinement, est perceptible, car j'y tiens beaucoup, un blog devant être, à mes yeux, aussi convivial et chaleureux que possible où chacun se sent chez lui et libre, s'il le souhaite, de faire entendre sa voix en sachant qu'elle sera écoutée.

A très bientôt et encore un grand merci pour votre commentaire.

Réponse de Jean-Christophe Pucek le 22/11/2011 à 20h26

Présentation

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Recherche

Syndication

  • Flux RSS des articles

Créer un Blog

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés