Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 16:43


homme au coin du feu
Homme se tenant au coin du feu,
Livres d’Heures, Paris ?, fin du XVe siècle.
Enluminure sur parchemin, Carpentras,
Bibliothèque municipale (Ms.0054).

 

On ne choisit jamais le moment où les choses nous prennent par la main et nous poussent, presque malgré nous, à sortir du silence où nous avions trouvé refuge. Dans le salon de musique de la grande maison de Charmes en l’Angle lentement envahi par la pénombre de la fin d’une après-midi de décembre, l’esprit au bord du chaos se rassérène en accomplissant le geste simple et immémorial qui consiste à entretenir le feu, tandis que d’une autre pièce parviennent les notes d’une ballade de Guillaume de Machaut. Ces longues nuits de froidure ne sont finalement pas si éloignées de celles qu’a pu connaître le chanoine de Reims il y a plus de six cents ans et je n’ai aucun mal à l’imaginer tisonnant la bûche du foyer, approchant ses mains de la flamme pour les réchauffer avant de retourner à sa table de travail pour rimer les douleurs qui débordent d’un cœur trop aimant pour n’être pas meurtri. Et c’est une étincelle étonnamment claire de ce XIVe siècle qui, d’ordinaire, s’obstine à trembler comme un mirage sur l’horizon brûlant lorsque, concentrant notre esprit, nous nous évertuons à tenter de l’apercevoir nettement, qui s’invite subitement, malgré les distances temporelles ou spirituelles.

 

Je nourris le rêve, qu’il serait peut-être plus sage de nommer illusion, que le fil qui nous relie aux générations passées, y compris les plus éloignées, ne s’est pas complètement rompu et qu’en nourrissant assidument notre familiarité avec l’univers qui fut le leur, il nous est quelquefois possible de les sentir avec une acuité autre qu’intellectuelle, un impact que je pourrais qualifier de physique. Comme si le regard, après s’être longuement accoutumé à l’obscurité qui entoure les époques révolues, finissait par être en mesure de percevoir des signaux infimes, un rai de lumière filtrant du volet fermé sur l’insaisissable jadis, une porte entrebâillée sur l’immuable flux du temps. Si nous y prenons garde, mille petits détails, un vers, une anecdote, un détail d’architecture, un trait de pinceau, une mélodie, semblent avoir été semés ici et là pour nous servir de relais afin de nous permettre d’aborder à des rives anciennes qui nous paraissent pourtant si loin de nos préoccupations quotidiennes, de nos vies de galopeurs modernes obsédés par le « plus » quand ils ne devraient se préoccuper que du « mieux ». Ces petits cailloux blancs, je les nomme permanences ; ce sont elles que je traque inlassablement, à la recherche de ce souffle commun qui traverse les siècles et porte femmes et hommes à peindre, écrire ou composer, à dépasser l’abattement qui saisit tout mortel lorsqu’il devient conscient de l’inéluctabilité de son destin.

 

À l’heure où le monde succombe à la chaleur frelatée de fêtes de fin d’année qui sont surtout celles de la froide hégémonie des commerçants, je souhaite, pour ma part, continuer à entretenir patiemment la flambée de la mémoire, en me gardant, autant que faire se peut, de l’embrasement aussi brillant que bref de ces feux de paille qu’on appelle des modes. Demeurerez-vous près de l’âtre pour vous y réchauffer aussi ?

 

Guillaume de MACHAUT (c.1300-1377), Esperance qui masseure, ballade (B13)

 

Ensemble Musica Nova.
Lucien Kandel, ténor & direction.

 

machaut ballades musica nova 1 CD Æon AECD 0982. Ce disque peut être acheté en cliquant ici.

Par Jean-Christophe Pucek - Publié dans : Entre nous
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Commentaires

Après ton absence en ces lieux, je suis ravi de pouvoir à nouveau te lire cher Jean-Christophe.

 

Il y a quelques années maintenant que je me tiens loin de ces feux de pailles. Noël ne devrait plus porter ce nom mais plutôt fête de la consommation…

Peu de personnes à mon sens savent ce qu’est noël en réalité ou même d’où vient la tradition du sapin. Malheureusement maître Euros et Cie ont eu raison des valeurs humaines.

 

C’est avec grand plaisir que je suis ton invitation et viens me réchauffer près de l’âtre.

 

Je t’embrasse

Commentaire n°1 posté par David (67) le 19/12/2009 à 17h34
Je comprends le recul qui te saisit, cher David, face à l'hyperconsommation qui gagne les gens comme une fièvre maligne à l'approche de Noël, puisque je le partage. D'une certaine façon, ce comportement tourne le dos aux permanences dont j'ai voulu faire le centre de ces quelques lignes.
Je t'embrasse.
Commentaire n°2 posté par Jean-Christophe le 19/12/2009 à 18h04
Oh que oui, il tourne bien le dos à ces permanences. Mais je suis bien ravi qu'il existe des endroits comme celui-ci on l'on retrouve un rai de lumière.
Commentaire n°3 posté par David (67) le 19/12/2009 à 18h21
J'espère, cher David, que ce site réserve, ici et là, quelques trouées lumineuses qui permettent à celles et ceux qui viennent lire de percevoir ces voix qui, pour être loin de nous, n'en sont pas moins parfois étonnamment proches, bien plus, à mon sens, que le chant des sirènes d'une société de consommation qui peine de plus en plus à déglutir la pitance qui finira par l'étouffer.
Réponse de Jean-Christophe Pucek le 19/12/2009 à 19h26
Bonjour cher Jean-Christophe (pour ne pas dire cher Jardin), je ne sais pas si vous avez lu le dossier Harnoncourt dans le dernier Diapason, je ne l'ai pas sous la main mais le grand musicien y explique que selon lui, tout progrès entraîne nécessairement une perte de grandeur équivalente. J'aimerais ajouter que peut-être cette perte est parfois plus grande encore que le progrès qui en est à l'origine. Au vu de la grande course folle qu'a l'air de vouloir obstinément courir notre monde, sans réserves ni préparatifs, ni même une raison valable de vouloir disputer une telle course, on peut déjà augurer des immenses pertes qui vont être occasionnées dans l'avenir. Restent les maîtres du passé, dont le chant parvient encore à quelques uns d'entre nous, je ne sais par quel miracle. Harnoncourt est l'un de ceux qui entend leur voix et qui nous la transmet, mais il n'est pas le seul. A votre manière, vous contribuez aussi à entretenir ce flux qui nous lie imperceptiblement, mais sûrement, à ces artistes qui nous ont précédés. Grâce à vous, ils vivent dans notre esprit mais aussi, comme vous le dites, près de nous, physiquement. Merci
Commentaire n°4 posté par Continuum le 19/12/2009 à 18h31
Bonsoir cher Continuum, et laissez-moi, en préambule, vous dire la joie qui est la mienne de vous retrouver ici.
J'ai lu l'entretien accordé par Nikolaus Harnoncourt à Diapason et, alors que les précédentes déclarations du chef m'avaient laissé quelque peu dubitatif (la propension qu'ont certaines légendes à distribuer des bons et des mauvais points a toujours tendance à me hérisser), je l'ai trouvé ici d'une lucidité à la fois terrible et lumineuse, vraiment stimulante pour l'esprit en tout cas. Je partage complètement votre opinion et je me dis souvent, moi aussi, que nous finirons par ne léguer aux générations à venir que des décombres, des bribes informes, tant le monde va galopant, enivré de sa propre vitesse, en se donnant l'illusion de la vie par la rapidité du mouvement. Je suis profondément reconnaissant à tous ceux qui ont oeuvré et oeuvrent pour rester à l'écoute de notre héritage, qu'ils soient artistes ou chercheurs, parfois les deux ensemble. Ils nous tendent un témoin qu'il n'appartient qu'à nous de saisir pour l'offrir à notre tour, en espérant qu'il tombera entre de bonnes mains. Si je peux, à mon tout petit niveau, contribuer aussi un peu à ce travail de mémoire, alors tant mieux, la tâche que je mène pour nourrir ce site n'est pas complètement inutile.
Merci pour votre commentaire et bien cordialement à vous.
Réponse de Jean-Christophe Pucek le 19/12/2009 à 19h41
Un ancêtre de Bedos ? Il a bien froid si j'en crois la couleur de sa peau.
Puisses-tu ne jamais avoir cet air si meurtri et viens te chauffer à l'âtre de ma cheminée. Encre luisante, encre à l'épreuve, encre sans pareille, toutes ces encres que tu utilises ici me font penser au Marchand d'Encre qui veille sur Toi.
Commentaire n°5 posté par Marie le 19/12/2009 à 19h50
La similitude de visage entre les deux ne m'avait pas frappé, chère Marie, mais à présent, si j'ose dire, que tu as mis le doigt dessus, elle me paraît tellement évidente que je me trouve bien stupide de ne pas l'avoir remarquée plus tôt Je te rejoins volontiers au coin de l'âtre que tu m'offres et dont, même dans mes silences, je ne suis jamais bien loin.
Commentaire n°6 posté par Jean-Christophe le 19/12/2009 à 20h01
Pour dépasser l'abattement, la présence discrète d'autres humains aide à trouver une harmonie régénératrice. Cependant il est bien difficile de rompre radicalement avec les traditions familiales, alors que, dans les paroisses, la messe de minuit est célébrée à 21h30 ... C'était mieux autrefois, même si on avait (très) froid, l'office avait un sens.
Commentaire n°7 posté par Marie le 19/12/2009 à 20h08
Comme tu as ouvert une permanence, j'ai omis de te dire que j'aime énormément ton choix musical, pour une atmosphère de recueillement.
Commentaire n°8 posté par Marie le 19/12/2009 à 20h09
Je suis tout à fait d'accord avec toi, chère Marie, la présence des autres est absolument essentielle pour dépasser la sensation d'abattement. C'est pourquoi je ne te remercierai jamais assez de la tienne, aussi discrète que fidèle.
Commentaire n°9 posté par Jean-Christophe le 19/12/2009 à 20h13
C'est un magnifique disque Machaut que celui de l'ensemble Musica Nova. J'y reviendrai plus amplement bientôt, ce qui me permettra de donner à en entendre un nouvel extrait
Commentaire n°10 posté par Jean-Christophe le 19/12/2009 à 20h15
Oh que oui! Le coin du feu, des livres, un chat sur les genoux ou à la fenêtre, c'est ma conception du repos; au sens où le temps qui s'écoule et l'occupation que l'on a alors sont en phase absolue avec le "rythme biologique" idéal. J'amène mon chartreux (plutôt drôle, d'avoir un chat chartreux ).
Bises
Commentaire n°11 posté par Laure le 19/12/2009 à 21h27
Avec un extrait de ma chère Marceline:

C'est l'hiver, c'est le soir, près d'un feu dont la flamme
Eclaire le passé dans le fond de ton âme.
Au milieu du sommeil qui plane autour de toi,
Une forme s'élève ; elle est pâle ; c'est moi ;

C'est moi qui viens poser mon nom sur ta pensée,
Sur ton coeur étonné de me revoir encor ;
Triste, comme on est triste, a-t-on dit, dans la mort,
A se voir poursuivi par quelque âme blessée,

Vous chuchotant tout bas ce qu'elle a dû souffrir,
Qui passe et dit : " C'est vous qui m'avez fait mourir ! "
Commentaire n°12 posté par Laure le 19/12/2009 à 21h36
Comme tu le dis, chère Laure, il faut bien peu de choses pour que le bonheur soit complet et aux éléments que tu cites, je n'ajouterai que la musique puisque, comme tu le sais, elle est mon oxygène. Je suis heureux que tu sois revenue ajouter une apostille marcelinienne : vous êtes toujours, toutes deux, les bienvenues en ces lieux.
Je vous embrasse, Jehanne et toi.
Réponse de Jean-Christophe Pucek le 20/12/2009 à 09h09
Jean-Christophe, j'avoue te rejoindre sur ces différents points. Ces fêtes de fin d'année ne sont plus pour la plupart qu'une histoire de gros sous, ce qui devient chose banale dans la vie courante..... 
Peut-être parce que je grandis, vieillis devrais-je dire, cette fête n'a plus le même goût qu'avant....et à l'heure où Enzo grandit et est en âge de comprendre et de se souvenir, ces questions se font plus présentes quant à lui "léguer les vraies valeurs"....Chose difficile dans une société qui consomme à outrance, où chaque action se monnaie et dans laquelle la gratuité d'un acte ne veut plus rien dire....et ne se rend pas ou ne veut pas se rendre compte qu'il faut faire un trait sur ces comportements qui nous conduisent tout droit à notre perte. Il suffit comme tu le dis si bien de regarder un tout petit peu en arrière et d'écouter pour se entrevoir tout ces rais de lumières futurs....
A toutes ces mondanités, je préfère de loin un bon repas entre amis, à partager, discuter "refaire le monde", rire.....et de préférence au coin d'un bon feu si possible....
Je pense bien à toi,
Stéphanie 
Commentaire n°13 posté par stéphanie le 19/12/2009 à 22h39
Lorsque j'écris un texte comme celui-ci, chère Stéphanie, je me dis toujours que l'on va me prendre pour un vieux fou qui passe son temps à radoter que le monde marche sur la tête et va ainsi sûrement à sa perte. Une réaction de quelqu'un qui, comme toi, a une mission d'éducation auprès de son enfant est donc plutôt de nature à me rassurer sur le fait que je ne divague pas trop.
Je ne doute pas un instant que tu feras de ton mieux pour apprendre à Enzo que tout ne s'achète pas ici-bas et que s'il est bon de profiter de ce que nous offre la société dans laquelle nous vivons, ceci ne doit jamais être synonyme d'asservissement vis-à-vis de la matérialité. Puisses-tu l'aider à être à l'écoute du fabuleux héritage des maîtres du passé dont il est, comme nous tous, dépositaire, qu'il en ait conscience ou non.
Je pense bien à toi et vous embrasse tous les deux.
Réponse de Jean-Christophe Pucek le 20/12/2009 à 09h30

NOSTALGIE DE L’HIVER

C’est facile d’aimer les printemps, les automnes,
Et de se souvenir des lumineux étés.
Mais les hivers par rime et raison monotones,
Plus d’une fois aussi je les ai regrettés.

Les jours, les ans auront tourné comme un manège
De plus en plus rapide (il est devenu fou)
Et j’aimerais revoir, rime, tomber la neige
Sur l’heure qu’elle endort, l’espace qui se fout

Alors d’être une rue ou les plaines d’Asie,
Car il est devenu pleinement ce qu’il est,
Tandis que l’âme sous la blanche anesthésie
Rit de ne plus sentir la pointe du stylet
[…]
Jacques Réda, L’adoption du système métrique,

Commentaire n°14 posté par Alix le 20/12/2009 à 09h38
Quel beau prolongement vous offrez à ce modeste billet, Alix, au travers de ce poème de Réda. Merci infiniment et bienvenue en ces terres où je crois que vous postez pour la première fois.
Cordialement à vous.
Réponse de Jean-Christophe Pucek le 20/12/2009 à 13h18

Voilà un nouveau billet empli d'une émotion certaine.
L'âtre est entretenue qu'importe la saison, sur ce site : j'aime venir y suivre quelque trace encore palpable laissée par un homme il y a quelques six cent ans et que tu décides d'évoquer ; m'y ressourcer et m'y réchauffer. Peut-être est-ce là la permanence.

Noël sans aucun doute la fête la plus belle qui soit. C'est avant tout pour moi celle des souvenirs. Que d'émotion à réouvrir les mêmes boîtes année après année qui nous font replonger quelques dizaines d'années en arrière, voire davantage, lorsqu'on sort les décorations du sapin ! Je me permettrais de nuancer un peu les propos quelque peu alarmistes que je lis. Je suis convaincu que notre époque ne fait pas figure d'exception : il faut remonter au XIXe siècle et à la révolution industrielle (et l'avènement de la propriété privée) pour voir apparaître des "morales" toutes chrétiennes émerger dans le monde profane. Toute comparaison entre notre époque contemporaine et une période antérieure à celle du XIXe siècle ne tient pas (anachronisme). C'est dans l'après-guerre que le goût à consommer émerge, avec l'avènement de la "massification" ou "démocratisation" (chacun choisira la formule la plus convenue) des biens et du "pouvoir d'achat". L'homme sera-t-il plus heureux ? Il le pense, mais la "perfectibilité de l'homme" par la technique ou la possession d'un bien est un vieux débat.
Je pense que c'est le consommateur-brebis à blâmer et non les commerçants sans scrupules, même si notre morale judéo-chrétienne nous a enseigné l'opposé. 

Quoi de plus plaisant que d'échanger des cadeaux entre personnes qui nous sont chères ? Lorsque ces présents sont sincères et un minimum personnalisé, il est inutile qu'ils soient honnereux.

Je suis heureux de te lire à nouveau, cher Jean-Christophe.

Commentaire n°15 posté par L'estro armonico le 20/12/2009 à 12h58
Bonjour Mr. de L'Estro,
J'ai grand plaisir à te retrouver devant l'âtre dont je continue à entretenir la flambée.
Mes propos n'étaient pas, je trouve, aussi alarmistes que ça et jamais je ne me réfugierai dans une attitude du "c'était mieux avant", qui, comme tu le dis justement, est souvent le fait d'une méconnaissance ou d'une idéalisation (ce qui revient souvent au même) de l'autrefois, donc d'un anachronisme. Ce que j'ai écrit à propos de la fièvre mercantile (qui ne constituait pas le coeur de ce billet), qui est de toutes les époques, est un simple constat et je ne chercherai pas à déterminer qui en est responsable, persuadé que je suis, sur ce point, de la complicité des deux parties avec un système dans lequel chacune trouve son compte. A titre personnel, je ne fête plus Noël depuis plusieurs années, comme je me refuse aux cotillons de la Saint Sylvestre; je ne goûte pas les festivités imposées de l'extérieur sauf si d'aventure elles viennent à rencontrer une exigence intérieure.
A mes yeux, il n'y a pas de salut possible dans la matérialité, ce qui ne veut pas dire que je refuse les plaisirs qui passent à ma portée. Je crois, en revanche, que le désir de posséder qui anime l'Homme et est encouragé par notre société occidentale de manière proprement monstrueuse ne peut la mener, à terme, qu'à l'abîme. Il appartient à ceux d'entre nous qui le souhaitent de faire des choix qui s'opposent à cette course folle. Ne pas garder pour soi ce que l'on apprend en est un, c'est la voie que j'ai choisie, quand bien même elle serait totalement dérisoire. C'est une façon d'offrir à ceux qui me sont chers un cadeau à chaque nouveau billet, quelle que soit la saison.
Amitiés à toi.
Réponse de Jean-Christophe Pucek le 20/12/2009 à 13h48
A la recherche de souffle et pour entretenir le feu, je te proposes un boufadou mais bien sûr je ne suis pas sérieuse parce que j'ignore si cet instrument est d'époque de Machaut ...
Commentaire n°16 posté par Marie le 21/12/2009 à 17h27
Vu le caractère assez rustique du boufadou, je me dis que Machaut a fort bien pu le connaître, alors j'accepte avec joie ta proposition, chère Marie
Réponse de Jean-Christophe Pucek le 21/12/2009 à 19h25
C'est amusant, comme Laure j'ai Valmont, qui est un chartreux, si doux, un vrai chat-ours tout laineux, un bon gros chat d'hiver...
Tu sais mon JC, combien je trouve très juste ton propos. Je voudrais juste, néanmoins, dire ce qu'est Noël pour les Nordiques comme moi. En Norvège (et Danemark, Suède, Finlande...) Noël est très fêté, mais fêté, je crois, sans tous ces artifices du consumérisme à outrance. Tout est dans dans la chaleur des retrouvailles, dans la chaleur des êtres, la chaleur des intérieurs... On se retrouve, on parle, on rit, on oublie le froid de la longue nuit pôlaire. On décore les maisons afin que la lumière prenne le pas sur la nuit. C'est bon, c'est chaleureux sans ostentation.
Les noëls provençaux sont très fêtés aussi et me rappellent un peu les noëls norvégiens. Je parle des vrais noëls provençaux, ceux qui restent authentiques, ceux des treize desserts et des crèches, des pastorales qu'on va entendre.
C'est pourquoi je continue d'aimer Noël, en dépit de la débauche de ci, de ça... Dans le marasme ambiant, les gens doivent pouvoir continuer de rêver, alors pourquoi pas, s'ils le font raisonnablement ? Que c'est beau et émouvant le visage d'un enfant qui s'émerveille devant un sapin illuminé ! Non ?
Après, les festivités du Nouvel An, c'est autre chose. Comme je te le disais, que fête-t-on au juste ? Sans commentaire.
Machaut par Musica Nova, c'est un délice.
Continue mon JC, continue sans relâche à entretenir, ici, un feu que nous aimons, car tu le fais si bien. Et il fait si bon venir se tenir près de ce feu-là. C'est aussi le feu de la passion qui t'anime.
Je t'embrasse fort.
Commentaire n°17 posté par Ghislaine le 21/12/2009 à 20h50
Et j'oubliais, pardon, alors je reviens Ce feu que que tu entretiens ici mon JC, que tu ranimes inlassablement, c'est ton âme. Ne le laisse jamais s'éteindre. Jamais.
Commentaire n°18 posté par Ghislaine le 21/12/2009 à 21h20
Oui, Carissima, il est essentiel, dans le monde où nous vivons, que les gens puissent continuer à rêver, ne serait-ce que pour pouvoir encore le supporter, et je sais bien qu'il existe encore des havres où les fêtes de Noël continuent à garder un véritable sens, même si j'ai, hélas, l'impression que ces territoires préservés se réduisent comme peau de chagrin. Quoi que l'on dise, je pense que la logique consumériste qui s'est enclenchée depuis quelques décennies ne pourra plus, à moins, bien entendu, d'un revirement considérable des choses, être freinée et que, même si cette situation est navrante, il est inutile, comme on le dit, de pleurer sur le lait versé.
Alors tentons de rester le plus fidèle possible à l'esprit de partage et de lumière de Noël, en offrant humblement ce que nous avons de meilleur, à cette occasion comme dans toutes les autres. Tu le fais en faisant de la musique, je tente, pour ma ma part, de porter bien modestement  ce qui me touche dans ces pages. Il reste l'essentiel : l'amour.
Je t'embrasse très fort.
Réponse de Jean-Christophe Pucek le 24/12/2009 à 16h21
J'ai mis deux jours à maîtriser mes émotions et harmoniser les différents messages qui sourdent de ce billet tout de vibrations, de perceptions et, contradictoirement, de solide pérennité.
De Machaut qui, grâce à toi, dansait aux flammes de l'âtre évoqué me revient en mémoire la douceur de cette journée si proche et déja envolée. Pérennisée dans sa fugacité.
Que le temps retienne ou non son vol, après tout peu importe, il nous laisse des traces, celles que tu évoques et les objets "insignifiants" qui disent tant et que j'essaie parfois, maladroitement, de faire parler.
Permanence oui, la fuite n'est pas disparition, et, au risque de me répéter, je redis le magnifique mot marocain : "il a laissé sa place"
Commentaire n°19 posté par Henri-Pierre le 22/12/2009 à 17h56
Euh oui, j'oubliais, la technique de la miniature avec les hachures dorées sur le fond du fêtement me semblent bien être de l'école de Paris et parentes de fouquet.
Commentaire n°20 posté par Henri-Pierre le 22/12/2009 à 17h59
En relisant ce billet, je me suis dit qu'il y avait en lui une dimension "d'image arrêtée" qui m'avait complètement échappée lorsque je le rédigeais. Je me dis que si l'âme existe, la mienne viendra souvent voleter autour des colonnettes de la cheminée du salon de musique de Charmes, où j'espère avoir une infime place.
Réponse de Jean-Christophe Pucek le 24/12/2009 à 16h29
J'aime bien Noyel, moi... oh, pas le Noyel du Gros Rouge même s'il n'oublie jamais mon tout petit soulier. C'est la "trêve des confiseurs" qui me gave, dans tous les sens du terme. Nan, c'est le Noyel comme en parle Ghislaine que j'aime, celui du partage, des rires, des émotions vécues ensemble, des retrouvailles givrées avec les anciens copains, à la sortie de la messe de minuit, seule cérémonie religieuse où je me suis toujours rendue avec beaucoup de plaisir même après avoir perdu la foi si jamais je l'ai eue trouvée un jour (je sais, je suis bordélique de l'esprit aussi... hem...). Que veux-tu, on y chante beaucoup et j'aime chanter, même n'importe quoi (je suis souvent effrayée de ce que les recoins de ma mémoire musicale arrive à dénicher dans les vieux placards... je suis une mine à ringardise quand je veux).
Il est là mon plus beau cadeau, quand il y a partage, même de pas grand chose mais du fond du coeur. Alors forcément, entre les pages du généreux animateur de cette passée des arts , je suis plus que gâtée.


Bonne fin d'année à toi.
La Trollichounette qu'a commandé du vocabulaire pour ses étrennes...


PS: Mazette... Machaut... *soupiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir*
Commentaire n°21 posté par La Trollette le 22/12/2009 à 19h03
Le Noël que tu décris, chère Trollette, est aussi celui que j'aime, même si ça fait bien des années, les soubresauts de l'existence étant ce qu'ils sont, que je ne l'ai pas vécu Il y a dans cette période de l'année une dimension de douceur où la mélancolie se mêle à la joie qui ne peut que me parler...on ne se refait pas Je te souhaite tout le meilleur pour ces fêtes de fin d'année, en espérant que ton petit soulier te réservera d'agréables surprises, avec, si possible, un peu de musique à l'intérieur !
Mes pensées te rejoignent en Alsace.
A très vite.
Réponse de Jean-Christophe Pucek le 24/12/2009 à 16h41
Cher Jean-Christophe, on est tous au final le vieux fou ou la vieille folle de quelqu'un, le tout est de le savoir et de l'accepter! 
Même si ma vision du "monde" était déjà quelque peu différente de ce que la majorité des gens pense, elle a encore plus évolué dans ce sens avec la naissance d'Enzo et des événements peu gais qui l'ont entourés....Il a fallu que je revois mes priorités et que je change mes comportements. Désormais je ne suis plus seule, i est là et c'est à moi que revient le rôle de lui apprendre es valeurs qui me tiennent à coeur, et même si je suis secondée dans ce rôle par toutes les personnes qui l'entourent et le font grandir, c'est loin d'être une chose aisée, mais cela a le mérite de me remettre sans cesse en question.... C'est pourquoi j'admire ce que tu fais, tu nous fais partager ton savoir sans te soucier de savoir si "c'est à la mode"....  maintenant il nous appartient de prendre "ce cadeau" comme tu le donnes et après de nous faire nos propres opinions c'est aussi à cela que sert le savoir....alors merci à toi de nous permettre d'en savoir un peu plus! et comme disait ma grand-mère lorsque j'apprenais quelque de nouveau "si les petits cochons ne te mangent pas, on pourra faire quelque chose de toi"....c'est loin d'être de la grande littérature mais c'est une phrase gravée....
Commentaire n°22 posté par stéphanie le 23/12/2009 à 13h48
Tu as raison, chère Stéphanie, on est toujours le fou de son voisin, qui est quelquefois bien plus timbré que nous ne le serons jamais Je me méfie des modes comme de la peste, ce qui m'intéresse est plutôt ce qui s'inscrit dans la durée, même si ça paraît un peu vieillot. Tu es devenue, avec la naissance d'Enzo, une passeuse, quelqu'un qui a la charge d'apprendre et de transmettre : c'est sans doute la charge la plus écrasante et la plus magnifique du monde.
A ton petit bonhomme comme à toi même, je souhaite le plus merveilleux des Noëls.
Réponse de Jean-Christophe Pucek le 24/12/2009 à 16h47
Cher Jean-Christophe,
les voix se taisent parfois mais la petite flamme que vous avez allumée ne s'éteint pas et je viens encore sur la pointe des pieds me réchauffer à votre feu.
Je vous souhaite un très Joyeux Noël, empli de paix et d'amitiés en polyphonie.
Bien à vous ,
Noëlle
Commentaire n°23 posté par Summertime le 24/12/2009 à 19h12
Chère Noëlle,
Même si les voix se taisent, le dialogue qui s'est instauré entre elles ne s'arrête jamais et vous êtes, sachez-le, toujours la bienvenue autour de ce feu que je tente d'entretenir.
Puissent ces fêtes de Noël être douces pour vous et ceux que vous aimez.
Bien sincèrement.
Réponse de Jean-Christophe Pucek le 24/12/2009 à 19h28

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