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    <title><![CDATA[Passée des arts (Saisons Haydn)]]></title>
    <link>http://www.passee-des-arts.com/categorie-10819980.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Saisons Haydn&quot; du blog &quot;Passée des arts&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Passée des arts (Saisons Haydn)]]></title>
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    <pubDate>Sat, 11 Feb 2012 06:52:05 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Sat, 11 Feb 2012 06:52:05 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.passee-des-arts.com</copyright>            <category>Saisons Haydn</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Divertimenti princiers : des trios avec baryton de Haydn par Guido Balestracci]]></title>
        <link>http://www.passee-des-arts.com/article-divertimenti-princiers-des-trios-avec-baryton-de-haydn-par-guido-balestracci-76928850.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <div>
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    <a class="nopopup" onclick="return !window.open(this);" href=
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    "peter jakob horemans nature morte homme distingue" width="570" height="425"></a>
  </div>
  <div>
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">Peter Jacob Horemans (Anvers, 1700-Munich, 1776),<em><br>
      Nature morte à l’homme distingué</em>, 1765.</span><br>
      <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">Huile sur toile, 38 x 50,1 cm, Bayreuth, Staatsgalerie im Neuen Schloss.</span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">Les puissants ont parfois des lubies singulières. On sait que Louis XIII composait des chansons et que Frédéric le Grand
      jouait de la flûte, mais il est peut-être moins connu que Nikolaus Esterhazy, parfois surnommé Le Magnifique (1714-1790), s’était entiché d’un étrange instrument qui ne lui survécut pas
      beaucoup, puisqu’il disparut au début du <span style="font-size: 10pt;">XIX</span><sup>e</sup> siècle&nbsp;: le baryton. Parmi les plus de 170 œuvres répertoriées dans le catalogue établi par
      Anthony Hoboken que le maître de chapelle du&nbsp; prince produisit, trois remarquables musiciens, Guido Balestracci, Alessandro Tampieri et Bruno Cocset ont choisi sept trios pour nous offrir
      un disque généreux, publié par Ricercar sous le titre <em>Divertimenti per il pariton a tre</em>.</span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">Depuis 1761, Nikolaus avait donc à son service un musicien dont le renom ne cessait de croître, et, en sa qualité de patron,
      il ne manqua pas d’exiger du dénommé Joseph Haydn (1732-1809) des œuvres expressément destinées à son cher baryton. Il faut dire un mot de cet instrument aux origines et au nom incertains
      (<em>pariton</em>, <em>paridon</em>, <em>viola di bordone</em>)&nbsp;: il appartient à la famille des violes de gambe (le prince lui-même le nomme <em>gamba</em>), mais il possède deux types de
      cordes, les unes en boyau, frottées avec l’archet, les autres en métal, résonnant par sympathie avec les premières mais pouvant également, car apparentes derrière le manche, être pincées par le
      pouce et permettre ainsi un jeu luthé. On ne peut pas dire que l’ordre ait été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme par le compositeur, puisque son employeur se plaignit rapidement de son peu
      de diligence à composer «&nbsp;de ces pièces que l’on peut jouer sur la <em>gamba</em>, pièces dont jusqu’ici nous n’avons vu qu’un tout petit nombre.&nbsp;» (<em>Regulatio</em>, novembre
      1765). <a class="nopopup" onclick="return !window.open(this);" href="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/gemmes/haydn-baryton-balestracci/nikolaus-esterhazy.jpg"><img src=
      "http://img.over-blog.com/350x435/2/72/00/88/gemmes/haydn-baryton-balestracci/nikolaus-esterhazy.jpg" class="GcheTexte" alt="nikolaus esterhazy" width="350" height="435"></a>Rappelé fermement à
      ses devoirs, Haydn, dont la petite histoire raconte qu’il s’exerça nuitamment durant six mois à maîtriser les possibilités de l’instrument, va produire, entre 1765 et 1775 environ, pas moins de
      126 trios avec baryton. Se limitant, jusqu’en 1771-1772, aux tonalités de ré et la majeur, avec, très épisodiquement, un petit détour par sol majeur, cette palette restreinte expliquant sans
      doute en partie les réticences d’un maître de chapelle soucieux de prouver son savoir-faire à s’y attarder, ce vaste corpus va ensuite se hasarder, du fait, notamment, de la présence de deux
      virtuoses du baryton à la cour d’Eszterhaza, à fréquenter d’autres tonalités, ut et fa majeur, et, deux uniques fois, le mode mineur.</span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">Au-delà de leur caractère d’œuvres de commande destinées à satisfaire un employeur exigeant dont les capacités techniques
      étaient sans doute meilleures qu’on le prétend souvent, les trios avec baryton de Haydn apparaissent comme un laboratoire d’idées où le compositeur teste des formules compositionnelles qui vont
      lui servir pour des projets plus ambitieux, comme, entre autres, ses quatuors. Ainsi, le rôle actif de la basse dans l’élaboration du travail thématique, la vocation contrastante du trio par
      rapport au menuet, les possibilités offertes par le thème varié, considéré non comme une simple accumulation de variations mais comme un tout cohérent, s’y développent peu à peu, tandis que la
      densité émotionnelle des pièces s’approfondit elle aussi à mesure, passant d’un style «&nbsp;galant&nbsp;» aussi parfaitement caractéristique de son époque que plein d’agrément (Hob.XI.42 en ré
      majeur, 1767) à une expression intimiste touchante (Hob.XI.113 en ré majeur, avant 1778), voire franchement pathétique (Hob.XI.96 en si mineur d’esthétique <em>Sturm und Drang</em>,
      c.1771-1772). Comme très souvent chez lui, Haydn, en laissant libre cours à sa maîtrise d’écriture mais aussi à son humour et à son goût pour les tournures populaires, permet à ses trios pour
      baryton de dépasser leur statut de partitions de circonstance pour atteindre celui de petits joyaux chambristes (chacun dure, sauf exception, moins d’un quart d’heure)&nbsp;; le compositeur
      devait en être satisfait, puisqu’il se soucia d’en assurer une plus large diffusion, en arrangeant lui-même ou en autorisant des transcriptions de certaines des pièces pour la formation plus
      classique violon, alto et violoncelle (six ont fait l’objet d’un excellent <a title="Cliquez ici" href="http://www.outhere-music.com/store-Alpha_128" target="_blank"><span style=
      "text-decoration: underline;">enregistrement</span></a> de Rincontro chez Alpha).</span>
    </p>
    <div>
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    </div>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">L’interprétation des <em>Divertimenti per il pariton a tre</em> que nous proposent Guido Balestracci au baryton, Alessandro
      Tampieri à l’alto et Bruno Cocset au violoncelle (en photographie ci-dessous) est absolument remarquable. Bien entendu, de ces trois noms bien connus des amateurs de musique baroque officiant
      respectivement au sein, entre autres, des ensembles L’Amoroso, L’Arpeggiata et Les Basses Réunies, on attendait le meilleur, mais ce que l’on entend tout au long de cette presque heure et quart
      de musique est d’un bonheur si constant que l’on ne peut qu’en ressentir une vraie jubilation. Saluons tout d’abord les qualités individuelles de chacun des musiciens, tous d’une indiscutable
      maîtrise technique, avec une mention particulière pour la formidable virtuosité de Guido Balestracci qui sait tirer le meilleur de son baryton, dont on imagine sans mal les trésors de dextérité
      que sa pratique requiert. Si cet instrument occupe naturellement le devant de la scène dans des pièces conçues pour le faire briller, le dialogue qui se tisse entre lui, l’alto charnu et
      vigoureux d’Alessandro Tampieri et le violoncelle plein de fougue et de poésie de Bruno Cocset est merveilleux de naturel, d’enthousiasme, de complicité et de plénitude. <a class="nopopup"
      onclick="return !window.open(this);" href="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/gemmes/haydn-baryton-balestracci/guido-balestracci-alessandro-tampieri-bruno-cocset.jpg"><img src=
      "http://img.over-blog.com/350x262/2/72/00/88/gemmes/haydn-baryton-balestracci/guido-balestracci-alessandro-tampieri-bruno-cocset.jpg" class="DrteTexte" alt=
      "guido balestracci alessandro tampieri bruno cocset" width="350" height="262"></a>Inclinons-nous ensuite devant l’humilité et la clairvoyance qui président à cette anthologie et permettent aux
      musiciens de porter sur des partitions trop souvent regardées, du fait de leur destination, comme mineures voire négligeables, le même regard que celui que l’on accorde aux chefs-d’œuvre de
      Haydn, comme ses trios avec clavier ou ses quatuors. Ainsi considérées, elles acquièrent un relief et un pouvoir de séduction insoupçonnés, encore accentués par le dynamisme des mouvements
      rapides, la franchise parfois goguenarde des menuets et le <em>cantabile</em> qui irrigue les mouvements plus recueillis. Aidée par une prise de son chaleureuse qui sait faire une juste place
      aux résonances, présentes sans être envahissantes, cette lecture savoureuse, gorgée de rythmes et de couleurs, se révèle d’une élégance parfaite et d’une sensibilité de tous les instants, qui
      démontrent que les musiciens ont pris tout le temps nécessaire pour se familiariser et comprendre de l’intérieur le langage de Haydn qu’ils restituent sans afféterie, ni mièvrerie ou
      superficialité, dans un parfait esprit de compagnonnage non seulement des musiciens entre eux mais aussi avec ce que l’on peut supposer des intentions du compositeur.</span>
    </p>
    <div>
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      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/incontournable-passee-des-arts.jpg" class="GcheTexte" alt=
        "incontournable passee des arts" width="200" height="162">Je vous conseille donc très chaleureusement cet enregistrement en tout point réussi qui permet de découvrir les trios avec baryton
        aussi intéressants que finalement peu connus de Haydn dans une interprétation de très haut niveau. Plus qu’une friandise pour spécialistes ou curieux, cette réalisation est, avant tout, un
        formidable moment de musique de chambre dont un très large public se régalera du raffinement déployé pour en faire miroiter les multiples séductions. Un disque princier, en somme.</span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        &nbsp;
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;"><img src=
        "http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/gemmes/haydn-baryton-balestracci/joseph-haydn-divertimenti-baryton-balestracci-tampieri-cocs.jpg" class="noAlign" alt=
        "joseph haydn divertimenti baryton balestracci tampieri cocs" width="300" height="269">Joseph Haydn (1732-1809), <em>Divertimenti per il pariton a tre</em>. Trios pour baryton, alto et
        violoncelle Hob. XI.42, 59, 66, 70, 96, 101, 113.</span>
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">Guido Balestracci, baryton <span style="font-size: 10pt;">(Pierre Bohr, 2008, d’après Simon Schödler, Passau,
        1785)</span></span><br>
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">Alessandro Tampieri, alto <span style="font-size: 10pt;">(Richard Duke, Londres, 1768)</span></span><br>
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">Bruno Cocset, violoncelle <span style="font-size: 10pt;">(Charles Riché, 2009, d’après Gasparo Da Salò)</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        &nbsp;
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">1 CD [durée totale&nbsp;: 73’18”] Ricercar RIC 315. <em>Incontournable Passée des arts</em>. Ce disque peut être acheté
        <a title="Achetez ce CD en suivant ce lien" href="http://www.outhere-music.com/store-RIC_315" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">en suivant ce lien</span></a>.</span>
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;"><span style="text-decoration: underline;">Extraits proposés</span>&nbsp;:</span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">1. <em>Trio en si mineur</em>, Hob.XI.96&nbsp;:</span><br>
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">[I] <em>Largo</em></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">2. <em>Trio en la majeur</em>, Hob.XI.66&nbsp;:</span><br>
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">[II] <em>Allegro di molto</em></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">3. <em>Trio en ré majeur</em>, Hob.XI.42&nbsp;:</span><br>
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">[III] Menuet</span>
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;"><span style="text-decoration: underline;">Illustrations complémentaires</span>&nbsp;:</span>
      </p>
      <p>
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">Artiste anonyme, <em>Portrait de Nikolaus Esterhazy</em>, sans date.</span>
      </p>
      <p>
        <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;">Photographie des artistes utilisée avec l’aimable autorisation de Ricercar.</span>
      </p>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 17 Jun 2011 08:38:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">080daea765dbd97bd83eb153c48b088b</guid>
                <category>Saisons Haydn</category>        <comments>http://www.passee-des-arts.com/article-divertimenti-princiers-des-trios-avec-baryton-de-haydn-par-guido-balestracci-76928850-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Haydn 2009 (8). Robbins Landon, une vie pour Haydn]]></title>
        <link>http://www.passee-des-arts.com/article-haydn-2009-8-robbins-landon-une-vie-pour-haydn-40102366.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <div>
    <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
    "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-08/haydn-symphonie-93-largo-cantabile.mp3">
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    <img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-08/jeaurat-de-bertry-tambour-epee.jpg" class="CtreTexte" height="746" width="550">
    <div style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Nicolas Henry JEAURAT DE BERTRY (Paris, 1728-après 1796),<br>
      <em>Un tambour et une épée</em>, 1757.<br>
      Huile sur toile, Fontainebleau, Château.</span></span>
    </div>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/logohaydn2009.jpg" class="DrteTexte" height="275" width="350">La
      nouvelle ne fera pas grand bruit en France, le pays où il avait pourtant choisi d’élire domicile. D’ailleurs, il suffit de regarder les trois poids lourds de la presse nationale en ce 26
      novembre 2009 pour s’en convaincre&nbsp;; seul <em>Le Figaro</em>, décidément le quotidien le plus complet et, souvent, le plus pertinent pour ce qui relève de l’actualité culturelle, se fait
      l’écho de l’événement, et encore, en une dizaine de petites lignes reléguées dans la colonne des «&nbsp;brèves&nbsp;», quand la revente du catalogue des chansons de Claude François a droit à un
      article complet. Il n’empêche que c’est un chercheur de tout premier plan qui est mort, dans la plus grande discrétion, le 20 novembre 2009 au domaine des Foncoussières à Rabastens dans le
      Tarn.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-08/robbins-landon.jpg" class="GcheTexte"
      height="490" width="350">Howard Chandler (H.C.) Robbins Landon est né à Boston dans le Massachussetts, le 6 mars 1926. Il fait des études de musicologie au Swarthmore College (Pennsylvanie),
      dont il est exclu à la suite d’une affaire de cœur avec une de ses camarades, puis à l’université de Boston. Ainsi qu’il le rapporte dans ses mémoires (<em>Horns in high C</em>, 1999), Karl
      Geiringer, un de ses professeurs à Boston lui fait écouter un jour un enregistrement de la <em>Symphonie</em> <em>n°93</em> de Haydn. «&nbsp;Pensez-vous, Monsieur, qu’il existe 104 symphonies
      de Haydn comme celle-ci&nbsp;?&nbsp;» demande le jeune homme. «&nbsp;Plus ou moins&nbsp;» répond le maître. Cette rencontre avec le compositeur décidera de sa vocation. Arrivé en Europe en
      1947, Robbins Landon gagne tout d’abord sa vie comme critique musical, mais peut rapidement, grâce aux relations nouées alors qu’il servait dans l’armée, avoir accès à de très nombreux fonds
      d’archives et entamer ainsi une véritable carrière de chercheur. Il fonde en 1949 la Haydn Society de Boston, dont l’activité s’étendra ensuite à Vienne, institution qui produit, la même année,
      un enregistrement de la <em>Harmoniemesse</em>, entreprise dont le succès assied définitivement l’autorité de Robbins Landon. Il publie, en 1955, une édition complète des symphonies de Haydn,
      tout en continuant inlassablement à interroger les sources, à exhumer des manuscrits, à recouper témoignages et chroniques se rapportant au compositeur. Ce travail titanesque aboutira à une
      somme biographique impressionnante en 5 volumes, <em>Haydn&nbsp;: Chronicle and works</em> (1976-1980) qui, en dépit de trouvailles et d’études plus récentes, fait toujours et sans doute pour
      encore longtemps autorité.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">S’il s’est aussi penché sur d’autres compositeurs – on lui doit notamment cinq remarquables ouvrages sur Mozart,
      partiellement traduits, contrairement à sa somme sur Haydn, en français (Fayard) – c’est au maître d’Eszterhaza que le nom de Robbins Landon reste indissolublement attaché. Qu’il s’agisse
      d’études musicologiques ou de supervisions d’enregistrements (les volumes de symphonies ou de messes enregistrées par Bruno Weil chez Sony, par exemple), l’homme a façonné, avec une érudition
      souriante, la perception que nous avons du compositeur et a largement contribué à nous le rendre plus proche en lui redonnant une véritable dimension humaine. Avec une suprême élégance, Robbins
      Landon s’éclipse l’année même où la France a coupablement oublié de célébrer le deux-centième anniversaire de la mort de Joseph Haydn&nbsp;; il est permis d’imaginer que ce dernier aurait goûté
      cette ultime facétie et d’espérer qu’il a fait bon accueil à celui qui fut, ici-bas, un de ses serviteurs les plus acharnés et les plus inspirés.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Joseph HAYDN (1732-1809), <em>Symphonie en ré majeur</em>, Hob.I.93&nbsp;:<br>
      2<sup>e</sup> mouvement, Largo cantabile.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Orchestra of the 18th Century.<br>
      Frans Brüggen, direction.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-08/haydn-bruggen.jpg" class="noAlign"
      height="196" width="200">Les Symphonies Londoniennes</em>. 4 CD Philips Classics 442&nbsp;788-2. Indisponible.</span></span>
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 26 Nov 2009 19:37:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4a3d9b973d84935287f85bc0bf49cfea</guid>
                <category>Saisons Haydn</category>        <comments>http://www.passee-des-arts.com/article-haydn-2009-8-robbins-landon-une-vie-pour-haydn-40102366-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Haydn 2009 (7). Un disque éblouissant du Freiburger Barockorchester]]></title>
        <link>http://www.passee-des-arts.com/article-haydn-2009--7---un-disque-eblouissant-du-freiburger-barockorchester-37347298.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <div>
    <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
    "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-07/01haydn-symphonie-80-allegro-spiritoso.mp3">
      <param name="src" value="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-07/01haydn-symphonie-80-allegro-spiritoso.mp3">
    </object><br>
    <img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-07/fragonard-monsieur-de-la-breteche.jpg" class="CtreTexte" height="690" width="550">
    <div style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Jean Honoré FRAGONARD (Grasse, 1732-Paris, 1806),<br>
      <em>Portrait de Monsieur de la Bretèche</em> (La Musique), 1769.<br>
      Huile sur toile, Paris, Musée du Louvre.</span></span>
    </div>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Il est des jours où l’amateur de musique est heureux. Un bonheur que ne traverse pas même l’ombre d’un nuage.
      L’année 2009 qui est entrée dans sa dernière ligne droite était, paraît-il, celle où l’on célébrait le bicentenaire de la mort d’un des compositeurs les mieux doués et les plus inventifs de la
      seconde moitié du XVIII<sup>e</sup> siècle, Joseph Haydn. Pour son malheur, mais aussi celui de Purcell et d’une poignée d’autres, les organisateurs de concerts et les producteurs de disques
      ont décidé de gaver les mélomanes de Haendel jusqu’à ce qu’écœurement s’ensuive, ce qui, pour ma part, est chose faite, un comble s’agissant d’un compositeur pour lequel j’ai toujours eu du
      goût. Mais le disque dont je vais vous parler effacerait presque à lui seul une année de frustrations passée à espérer en vain, à quelques exceptions près (cliquez <a title="Cliquez ici" href=
      "http://www.passee-des-arts.com/article-31617772.html" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">ici</span></a> et <a title="Cliquez ici" href=
      "http://www.passee-des-arts.com/article-36474560.html" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">là</span></a>), des parutions discographiques majeures consacrées au maître
      d’Eszterhaza.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/logohaydn2009.jpg" class="GcheTexte" height="275" width="350">Le
      programme concocté par le Freiburger Barockorchester, définitivement, à mon sens, un des meilleurs ensembles «&nbsp;historiquement informés&nbsp;» actuellement en activité, que vient de publier
      Harmonia Mundi dans le cadre d’une édition Haydn, dont le volume réduit (14 titres, dont une majorité de rééditions) est heureusement compensé par une présentation soignée et une qualité
      constante, est d’une grande intelligence. Il permet, en effet, de balayer un assez large spectre de la carrière du compositeur, une œuvre de ses premières années au service de la famille
      Esterházy, le <em>Concerto pour violon en ut majeur</em> (Hob.VIIa.1) sans doute écrit avant 1765, y côtoyant la <em>Symphonie</em> <em>en fa mineur</em> (Hob.I.49, dite «&nbsp;<em>La
      Passione</em>&nbsp;») de 1768, œuvre expérimentale comme toutes celles de la période <em>Sturm und Drang</em> de Haydn, et la <em>Symphonie</em> <em>en ré mineur</em> (Hob.I.80), probablement
      de 1784, qui annonce le cycle à venir des <em>Symphonies parisiennes</em> (1785-1786).</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-07/dumont-aine-portrait-guenin.jpg" class=
      "DrteTexte" height="495" width="350">L’anthologie qui résulte de ce choix se signale donc par une grande variété des climats particulièrement intéressante pour comprendre l’évolution du
      compositeur. Le concerto, écrit pour Luigi Tomasini (1741-1808), premier violon de l’orchestre des Esterházy, regarde encore vers les productions du baroque tardif, autrichien comme italien,
      par son emploi de la forme ritournelle ou des rythmes pointés (premier mouvement), mais son adagio central, d’une grande poésie, possède une véritable épaisseur émotionnelle qui fait oublier ce
      que l’œuvre pourrait avoir d’éventuellement convenu.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Changement total de ton avec la <em>Symphonie</em> <em>en fa mineur</em>, une des partitions les plus sombres de
      toute la production de Haydn dans le genre, âpre, tourmentée, débutant par un long Adagio (11 minutes avec les reprises), oppressant, ponctué d’éclats tragiques parfois à la limite du cri, qui
      s’enchaîne à un Allegro di molto aux syncopes violentes, aussi orageux et menaçant que le mouvement précédent pouvait sembler abattu. Vient ensuite un Menuet qui, tout à sa peine, ne danse
      guère, puis l’unique touche de lumière de la symphonie, le Trio en fa majeur, rafraîchissant dans un tel contexte. Mais revoici, pour finir, la tempête et fa mineur, Presto en bourrasques
      échevelées dont la tension, jusqu’à la dernière note, ne laisse aucun répit à l’auditeur. Qui ne connaît pas cette œuvre, une des plus impressionnantes de tout le courant appelé, faute de
      mieux, <em>Sturm und Drang</em>, aura du mal à mesurer non seulement l’avance prise par Haydn sur tous ses contemporains dans le genre symphonique, mais aussi la dette que lui doit le
      Romantisme à venir.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-07/fragonard-monsieur-de-la-breteche-det.jpg"
      class="GcheTexte" height="335" width="350">Nouveau virage avec la <em>Symphonie</em> <em>en ré mineur</em>, oscillant sans cesse entre modes mineur et majeur, tension et détente, parfaitement
      représentative de la faculté de Haydn à se jouer des attentes de l’auditeur, de sa propension à chercher à le surprendre et à le déstabiliser. Ca commence dès le premier mouvement, qui débute
      avec emportement (et d’une façon, pour le coup, très romantique de ton qui m’a fait instantanément penser à la Gorge aux Loups du <em>Freischütz</em> de Weber) puis s’assouplit pour faire place
      à une sorte de valse (pizzicati de cordes et flûtes aériennes), avant de replonger dans le drame, de sourire de nouveau, de replonger, <em>etc.</em>, pris dans une sorte d’alternance
      perpétuelle entre humeurs opposées pleine d’un humour finement narquois. Vous pensiez que l’Adagio en si bémol majeur qui suit allait stabiliser le discours&nbsp;? Que nenni, sa séduction
      mélodique ne l’empêche nullement d’avoir le pouls fiévreux et d’offrir une plongée dans le mode mineur aux trois-quarts du mouvement qui en assombrit nettement l’atmosphère. Le Menuet et son
      Trio, ainsi que le Presto final, ce dernier pourtant animé d’une indiscutable fougue, jouent la même carte de l’instabilité, de la surprise, du double-jeu. Cette symphonie apporte une preuve
      supplémentaires qu’Haydn est sans doute un des compositeurs les plus insaisissables de son temps, ce qui explique largement, à mon sens, le peu d’égards que lui accorde notre époque plus
      soucieuse de consommer rapidement que de prendre le temps de s’arrêter pour comprendre et savourer.</span></span>
    </p>
    <div>
      <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
      "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-07/02haydn-concerto-violon-adagio.mp3">
        <param name="src" value="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-07/02haydn-concerto-violon-adagio.mp3">
      </object>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-07/freiburger-barockorchester.jpg" class=
        "DrteTexte" height="340" width="350">À ceux qui douteraient – et il me semble que leur nombre grandit à vue d’œil – que l’on peut, avec des instruments «&nbsp;anciens&nbsp;» joués (presque)
        sans vibrato, donner ce qu’il faut de chair et de poids à une interprétation, la prestation du Freiburger Barockorchester, dirigé du violon par Gottfried von der Goltz, apportera un
        impeccable démenti. Il faudrait pouvoir interroger les artistes sur le plaisir qu’ils ont éprouvé lors de cet enregistrement, mais je suis certain qu’il était intense, tant ils parviennent à
        transmettre à l’auditeur leur bonheur d’interpréter cette musique. Tout, dans ce disque, est pesé et pensé avec justesse, mis en place avec un goût et une sensibilité très sûrs, puis
        formidablement dynamisé par une véritable – on pourrait dire gourmande – envie de servir les œuvres. C’est vif sans jamais être précipité, léger sans jamais être famélique, émouvant sans
        aucun empâtement. Les couleurs instrumentales sont à la fois franches et fruitées, le choix des tempos particulièrement judicieux, la cohésion et la réactivité de l’orchestre exemplaires. La
        musique respire avec un naturel absolument confondant, tour à tour facétieuse, désespérée, lumineuse, tendre, mais toujours conduite avec cette intelligence à la fois ferme et souriante du
        discours sans laquelle Haydn ne serait plus vraiment lui-même. Au-delà même des qualités, tant individuelles que collectives, dont font preuve les musiciens tout au long de cet
        enregistrement, c’est une impression assez fascinante d’évidence qui s’en dégage et que des écoutes répétées n’entament pas, la conviction que cette musique a été pensée pour sonner ainsi et
        non autrement, ce qui, quand on y réfléchit bien, n’est pas si fréquent.</span></span>
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Voici donc un disque à ne manquer sous aucun prétexte, une des parutions essentielles consacrées cette année à
        Haydn, et, plus globalement, un des meilleurs disques qu’il m’ait été donné d’écouter en 2009 pour ce qui est de la musique de la période classique. Le marché du disque étant ce qu’il est, il
        est fort peu probable qu’il connaisse une suite, mais je donnerais beaucoup pour entendre le Freiburger Barockorchester dans des pages peu ou mal servies au disque comme la <em>Symphonie</em>
        <em>en la majeur «&nbsp;Tempora mutantur&nbsp;»</em> (Hob.I.64), une des plus singulières de Haydn, ou les Hob.I.79 et 81, contemporaines de celle en ré mineur enregistrée ici.</span></span>
      </p>
      <div>
        <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
        "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-07/03haydn-symphonie-49-allegro-di-molto.mp3">
          <param name="src" value="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-07/03haydn-symphonie-49-allegro-di-molto.mp3">
        </object>
        <p>
          &nbsp;
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Joseph HAYDN (1732-1809), <em>Concerto pour violon et cordes en ut majeur</em> [n°1], Hob.VIIa.1.
          <em>Symphonie en fa mineur</em>, «&nbsp;<em>La Passione</em>&nbsp;», Hob.I.49. <em>Symphonie en ré mineur</em>, Hob.I.80.</span></span>
        </p>
        <p>
          &nbsp;
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Freiburger Barockorchester.<br>
          Gottfried von der Goltz, violon solo &amp; direction.</span></span>
        </p>
        <p>
          &nbsp;
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src=
          "http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-07/haydn-violin-concerto-symphonies-freiburger-barockorchester.jpg" class="noAlign" height="200" width="200">1 CD Harmonia Mundi
          «&nbsp;Haydn Edition&nbsp;» HMX 2962029 [Durée totale&nbsp;: 69’19”]. Ce CD peut être acheté <a title="Ce CD peut être acheté en cliquant ici" href=
          "http://www.amazon.fr/Concerto-pour-violon-symphonies-passion/dp/B002AHJTE4/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;s=music&amp;qid=1255271544&amp;sr=1-2" target="_blank"><span style=
          "text-decoration: underline;">en cliquant ici</span></a>.</span></span>
        </p>
        <p>
          &nbsp;
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><span style="text-decoration: underline;">Extraits proposés</span>&nbsp;:</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">1. <em>Symphonie en ré mineur</em>, Hob.I.80&nbsp;:<br>
          [I.] Allegro spiritoso.</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">2. <em>Concerto pour violon et cordes en ut majeur</em>, Hob.VIIa.1&nbsp;:<br>
          [II] Adagio (en fa majeur)</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">3. <em>Symphonie en fa mineur</em>, «&nbsp;<em>La Passione</em>&nbsp;», Hob.I.49&nbsp;:<br>
          [II] Allegro di molto</span></span>
        </p>
        <p>
          &nbsp;
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><span style="text-decoration: underline;">Illustrations du billet</span>&nbsp;:</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">François DUMONT, dit l’Aîné (Lunéville, 1751-Paris, 1831), <em>Portrait du violoniste Marie Alexandre
          Guénin</em>, 1791. Miniature sur ivoire, Paris, Musée du Louvre.</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">La photographie du Freiburger Barockorchester est de Peter Kauneberger.</span></span>
        </p>
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 11 Oct 2009 16:16:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">969427383698d93c44fe4ed3f7db847f</guid>
                <category>Saisons Haydn</category>        <comments>http://www.passee-des-arts.com/article-haydn-2009--7---un-disque-eblouissant-du-freiburger-barockorchester-37347298-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Haydn 2009 (6) : Nuria Rial, amante magnifique]]></title>
        <link>http://www.passee-des-arts.com/article-31617772.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <div>
    <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
    "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-06/01haydn_symphonie_81.mp3">
      <param name="src" value="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-06/01haydn_symphonie_81.mp3">
    </object><br>
    <img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-06/fragonard_lettre_d_amour.jpg" class="CtreTexte" width="550" height="686">
    <div style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Jean-Honoré FRAGONARD (Grasse, 1732-Paris, 1806),<br>
      <em>La lettre d'amour</em>, années 1770&nbsp;?<br>
      Huile sur toile, New York, Metropolitan Museum of Art.</span></span>
    </div>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/logohaydn2009.jpg" class="GcheTexte" width="350" height="275">Il
      fallait s'y attendre, la non-année Haydn - appelons les choses par leur nom - n'est guère marquée, pour le moment, par des parutions discographiques mémorables. S'il faut saluer la réédition
      des enregistrements de Manfred Huss à la tête de sa Haydn Sinfonietta Wien (<a title="Cliquez ici" href="http://www.bis.se//index.php?op=people&amp;pID=4105" target="_blank"><span style=
      "text-decoration: underline;">BIS</span></a>) en attendant les inédits que promet le label, l'amateur doit se contenter actuellement d'une poignée de récitals plus ou moins bien ficelés. Si
      Thomas Quasthoff (<a title="Cliquez ici" href="http://www2.deutschegrammophon.com/special/?ID=quasthoff-haydn" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Deutsche
      Grammophon</span></a>, assez inégal malgré un superbe Freiburger Barockorchester) et Anna Bonitatibus (<a title="Cliquez ici" href=
      "http://www.amazon.fr/Bonitatibus-Linfedelt%C3%A0-costante-Operatic-Overtures/dp/B001F2W528/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=music&amp;qid=1242745404&amp;sr=1-1" target="_blank"><span style=
      "text-decoration: underline;">DHM</span></a>, belle réalisation vocale mais direction poussive d'Alan Curtis) ont chacun enregistré des anthologies picorant çà et là dans les opéras de Haydn,
      avec toutes les limites imposées par cet exercice, un disque se signale par l'intérêt de son programme et la qualité de sa réalisation.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-06/l_orfeo_barockorchester.jpg" class=
      "DrteTexte" width="350" height="233">Michi Gaigg, directrice de l'ensemble <a title="Cliquez ici" href="http://www.lorfeo.com/en/willkommen/" target="_blank"><span style=
      "text-decoration: underline;">L'Orfeo Barockorchester</span></a> (photo ci-contre), est allée piocher dans la section XXIVb du catalogue établi par Hoboken, dévolue aux airs d'insertion. Cette
      pratique, courante au XVIII<sup>e</sup> siècle, consistait à insérer des airs spécialement composés pour la reprise d'un opéra, généralement italien, sur une nouvelle scène. Haydn révisa ainsi
      nombre de partitions d'autres compositeurs pour les donner à Eszterhaza, en les augmentant d'arias de son crû. Pour citer quelques noms, celles qui composent ce programme prenaient place, entre
      autres, dans des œuvres de Cimarosa, Paisiello ou Anfossi. Il y est surtout question d'amour, des joies et des tourments qu'il apporte, contentement, incertitude, jalousie, dépit&nbsp;; rien de
      bien original dans le paysage assez convenu des livrets d'opéra du XVIII<sup>e</sup> siècle. L'inventivité de Haydn, qui, contrairement à une opinion trop répandue qui veut qu'il soit un piètre
      compositeur lyrique, ceux qui soutiennent cet avis lui reprochant, en gros, de ne pas avoir écrit les mêmes opéras que Mozart, transcende heureusement ces limites. Sa musique tour à tour
      espiègle, tendre ou sombre, est d'une grande sobriété et d'une belle efficacité, permettant à la voix soliste, à l'origine principalement celle de Luigia Polzelli, arrivée à Eszterhaza en 1779,
      avec laquelle le compositeur eut très probablement une liaison durant une dizaine d'années, de se montrer sous son meilleur jour sans jamais avoir à forcer sa tessiture.</span></span>
    </p>
    <div>
      <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
      "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-06/02haydn_la_moglie.mp3">
        <param name="src" value="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-06/02haydn_la_moglie.mp3">
      </object>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-06/michi_gaigg_nuria_rial.jpg" class=
        "GcheTexte" width="350" height="233">Pour rendre justice à ces arias, il fallait des interprètes qui usent plus de la carte de la subtilité de caractérisation que de celle de la pyrotechnie
        vocale. Nuria Rial (ci-contre, avec Michi Gaigg) et Margot Oitzinger s'en acquittent avec une aisance et une réussite confondantes. Certes, la prestation de la seconde pourra peut-être
        sembler un peu en retrait en comparaison de la voix à la fois moelleuse et solaire de la première, mais cette minime réserve s'envole vite à la réécoute de ce récital intelligemment conçu et
        supérieurement réalisé. Les deux chanteuses s'attachent à faire vivre chacun des personnages qu'elles incarnent avec beaucoup de justesse, leur conférant l'étoffe dramatique appropriée sans
        jamais tomber dans le piège de la gesticulation artificielle. Les incarnations successives qu'elles proposent sont marquées du sceau du naturel et de l'équilibre, d'une esthétique toute
        «&nbsp;classique&nbsp;», au sens historique du mot, donc parfaitement en situation ici. L'orchestre n'appelle que des éloges et répond parfaitement aux attentes que l'on peut avoir s'agissant
        d'un ensemble d'instruments «&nbsp;d'époque&nbsp;» dans ce répertoire, en termes de clarté d'articulation, de fruité des timbres et de réactivité. Accompagnateur de choix, l'Orfeo
        Barockorchester fait également merveille en solo dans le Vivace initial de la <em>Symphonie</em> <em>en sol majeur</em> Hob.I.&nbsp;81, d'une tension et d'un galbe magnifiques, faisant juste
        regretter que les trois autres mouvements n'aient pas été enregistrés, alors que l'espace restant sur le disque le permettait. Notons, pour finir, que cette prestation prouve qu'il est tout à
        fait possible de jouer une symphonie de Haydn avec un continuo de clavier, sous réserve que celui-ci soit réalisé, comme ici, avec intelligence, sans que l'écoute en pâtisse.</span></span>
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Vous l'avez compris, s'il ne vous faut choisir qu'un seul récital pour cheminer une petite heure aux côtés de
        Haydn, c'est indubitablement vers celui-ci que je vous conseille de vous tourner. Réalisé avec une sûreté de goût qui bannit toute esbroufe, il permet de découvrir des œuvres finalement peu
        fréquentées au disque dans les meilleures conditions possibles. Un bel hommage rendu à un compositeur dont les qualités opératiques sont bien plus évidentes que ce que certains
        «&nbsp;spécialistes&nbsp;» s'obstinent à le prétendre.<br></span></span>
      </p>
      <div>
        <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
        "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-06/03haydn_infelice_sventurata.mp3">
          <param name="src" value="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-06/03haydn_infelice_sventurata.mp3">
        </object><br>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-06/haydn_arie_amante_rial_gaigg.jpg"
          class="noAlign" width="200" height="200">Joseph HAYDN (1732-1809), <em>Arie per un'amante</em>, airs d'insertion, extrait de la <em>Symphonie Hob.I</em><em>.&nbsp;81</em>. 1 CD DHM
          <a title="Cliquez ici" href="http://www.amazon.fr/Arie-Per-Unamante-Joseph-Haydn/dp/B001NW8DCG/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=music&amp;qid=1242745453&amp;sr=1-1" target="_blank"><span style=
          "text-decoration: underline;">88697388672</span></a>.</span></span>
        </p>
        <p>
          &nbsp;
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Nuria Rial, soprano.<br>
          Margot Oitzinger, mezzo-soprano.<br>
          L'Orfeo Barockorchester.<br>
          Michi Gaigg, direction.</span></span>
        </p>
        <p>
          &nbsp;
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><span style="text-decoration: underline;">Extraits proposés</span>&nbsp;:</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">1. <em>Symphonie en sol majeur</em>, Hob.I.&nbsp;81 (1784)&nbsp;: Vivace.<br>
          2. «&nbsp;<em>La moglie quando è buona</em>&nbsp;», air en mi bémol majeur, Hob.XXIVb.&nbsp;18 (1790). Margot Oitzinger.<br>
          3. «&nbsp;<em>Infelice sventurata</em>&nbsp;», air en mi bémol majeur, Hob.XXIVb.&nbsp;15 (1789). Nuria Rial.<br></span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">La photographie de l'orchestre ainsi que celle de Michi Gaigg et Nuria Rial sont tirées du site de
          l'ensemble L'Orfeo Barockorchester, accessible dans le corps du billet et <a title="Cliquez ici" href="http://www.lorfeo.com/en/willkommen/" target="_blank"><span style=
          "text-decoration: underline;">en cliquant ici</span></a>.</span></span>
        </p>
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 19 May 2009 16:48:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">6368a2402ce5c834ed55a9541d34aa5e</guid>
                <category>Saisons Haydn</category>        <comments>http://www.passee-des-arts.com/article-31617772-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Haydn 2009 (5) : Symphonies pour le comte Morzin]]></title>
        <link>http://www.passee-des-arts.com/article-30970421.html</link>        <description><![CDATA[<br>
  <div style="text-align: center;">
    <div style="text-align: justify;">
      <div>
        <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
        "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-04/01haydn_symph_01_presto.mp3">
          <param name="src" value="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-04/01haydn_symph_01_presto.mp3">
        </object>
      </div>
    </div><br>
    <div style="text-align: center;">
      <img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-04/hubert_robert_concert_danse_dans_parc.jpg" class="CtreTexte" width="550" height="552">
    </div>
    <div style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Hubert ROBERT (Paris, 1733-1808),<br>
      <em>Danse et concert dans un parc,</em> sans date.<br>
      Huile sur toile, Amiens, Musée de Picardie</span></span>
    </div>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Unter Lukawitz, le 16 juillet 1758.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Très noble et très respecté <em>Maestro</em>,<br>
      Quelle ne fut pas ma surprise lorsque l'on m'a remis, il y a quelques jours, une lettre de vous qui, ne m'ayant pas trouvé à Vienne, a repris sa route pour me rejoindre finalement dans cette
      campagne où mon maître aime à passer la belle saison. Je suis heureux des bonnes nouvelles que vous me donnez de votre santé - l'hiver a dû, en effet, vous sembler bien moins rude à Naples qu'à
      Vienne&nbsp;! - et très honoré que vous ayez eu la bonté de m'entretenir quelque peu de vos projets. J'espère que les inquiétudes que vous nourrissez quant à aux incessants changements du goût
      se seront dissipées lorsque vous me lirez, et que vos chers Napolitains seront revenus à la raison&nbsp;; ils seraient bien sots de ne pas fêter avec tous les égards possibles un homme qui,
      comme vous, a su ravir aux Muses tant de leurs secrets.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Puisque vous faites à votre élève l'honneur de vous enquérir de sa situation, vous devez savoir que j'ai quitté,
      au début de ce printemps, le service de Monsieur le baron Fürnberg, lequel a eu l'insigne bonté de me recommander à Monsieur le comte Morzin, lequel est grand amateur de musique,
      particulièrement celle de votre beau pays, dont sa bibliothèque possède de nombreux fleurons. J'ai pu notamment y consulter de très intéressants concertos sur le thème des saisons d'un certain
      Vivaldi&nbsp;; je ne sais rien de cet homme, mais sa musique, bien que démodée, est écrite avec beaucoup de feu et d'esprit.<br>
      <img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/logohaydn2009.jpg" class="GcheTexte" width="350" height="275">Le comte entretient un ensemble de taille certes modeste mais composé d'excellents
      musiciens. En ma qualité de directeur de sa musique, il me demande très souvent des <em>sinfonie</em>, non en prélude à l'opéra, mais qu'il soit possible de jouer pour elles-mêmes. Il ne
      saurait, en effet, être question pour lui de montrer un zèle inférieur à celui que l'on déploie dans la capitale, parfois jusqu'à la fureur, pour donner de telles œuvres. Je vous avoue m'y
      retrouver assez bien, la liberté que l'on m'octroie ne s'arrêtant, comme pour nous tous, qu'à l'obligation de plaire. Pour le reste, il m'est loisible d'expérimenter de nouvelles choses,
      favorisant ici tel instrument, là tel autre, glissant même parfois, cachée sous le masque de l'art, quelque mélodie entendue au village. Vous jugerez sans doute les âpres ritournelles d'humbles
      ménétriers impropres à réjouir les oreilles raffinées qui musent ici dans de superbes salons, mais je vous assure que, pour peu qu'on y emploie un peu de science, ces airs apportent ce qu'il
      faut de piquant et de surprise aux grâces que nos princes nous demandent habituellement de développer dans les musiques qu'ils nous commandent. Je prends la liberté, tout en implorant votre
      indulgence pour la faiblesse de mes talents, de soumettre à l'acuité de votre jugement le Finale d'une <em>sinfonia</em> où j'ai eu recours à ce procédé. J'espère que le résultat ne semblera
      pas trop tudesque à vos oreilles italiennes.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Mais l'heure s'avance, très estimé <em>Maestro</em> Porpora, et je ne vais guère tarder à souffler la bougie qui
      m'éclaire, car je vous écris en goûtant la fraîcheur de la nuit, quand la journée qui vient de s'écouler avait dû tirer sa chaleur du cœur même de votre Vésuve. Puissent ces quelques lignes
      vous apporter une nouvelle fois le médiocre mais sincère témoignage de la reconnaissance de ce lui qui est à jamais votre très dévoué serviteur,</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Giuseppe Haydn.</span></span>
    </p>
    <div style="text-align: center;">
      <div style="text-align: justify;">
        <div>
          <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
          "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-04/02haydn_symph_04_andante.mp3">
            <param name="src" value="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-04/02haydn_symph_04_andante.mp3">
          </object>
        </div>
      </div>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-04/chateau_lukavec.jpg" class="DrteTexte"
        width="350" height="260">On ignore à quelle date Haydn quitta le service du baron Fürnberg (voir le billet <a title="Cliquez ici" href="http://www.passee-des-arts.com/article-29702403.html"
        target="_blank"><em><span style="text-decoration: underline;">Divertissements à quatre</span></em></a>) pour entrer à celui d'un comte Morzin, dont il est d'ailleurs impossible de déterminer
        s'il s'agit du père, Ferdinand Maximilian Franz (1693-1763) ou du fils aîné, Carl Joseph Franz (1717-1783). Les premiers biographes du compositeur situent sa prise de fonctions en qualité de
        directeur de la musique de cette riche famille, qui passait ses hivers à Vienne et la belle saison en Bohême, à Lukavec (Unter Lukawitz, photo ci-dessus) près de Plzen (Pilsen), en 1759
        (Griesinger, Dies) ou en 1758 (Carpani), la critique moderne allant jusqu'à conjecturer la date de 1757. Il est, en revanche, établi que Haydn exerçait toujours ses fonctions, au moins
        nominalement, le 26 novembre 1760, lorsqu'il épousa, à Vienne, Maria Anna Keller (1729-1800), sœur aînée de sa bien-aimée Thérèse (voir le billet <a title="Cliquez ici" href=
        "http://www.passee-des-arts.com/article-29022061.html" target="_blank"><em><span style="text-decoration: underline;">Je vous aimais</span></em></a>), puisqu'il en est fait mention dans son
        acte de mariage. Il faut noter que le comte Morzin exigeait de ses musiciens qu'ils restassent célibataires, mais qu'à cette date, contraint de réduire son train de vie, il avait sans doute
        décidé de se séparer de ses musiciens et que rien ne s'opposait donc aux projets matrimoniaux du compositeur.</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-04/haydn_partition.jpg" class="GcheTexte"
        width="350" height="330">La musique tenait une place importante à la cour des Morzin, comme le prouve, entre autres, la dédicace au comte Ferdinand des <em>Quatre saisons</em> de Vivaldi, que
        Haydn eut sans doute tout le loisir d'étudier durant cette période et dont on trouvera quelques traces dans certaines de ses œuvres à venir. Le fait le plus marquant de son séjour auprès des
        Morzin reste néanmoins ses débuts dans un genre qu'il ne cessera ensuite d'illustrer&nbsp;: la symphonie. C'est vers 1750 que cette dernière commence à s'imposer en tant que genre distinct en
        Europe, quittant progressivement le statut d'ouverture d'opéra, dont elle va néanmoins conserver un certain temps, y compris chez Haydn, la structure vif-lent-vif. En effet, celle qui nous
        paraît aujourd'hui évidente, à savoir une symphonie en quatre mouvements avec menuet et trio en troisième position, a mis du temps à se fixer. Sans entrer dans les détails, cette organisation
        peut être comprise comme une «&nbsp;contamination&nbsp;» de l'ouverture d'opéra par d'autres genres qui fleurissaient dans les années 1740-50, comme la suite ou le divertimento, dont
        certaines parties (jusqu'à sept parfois) auraient été retranchées au fil du temps. Un exemple de ce processus est attesté à Vienne dès 1740, au travers de la <em>Symphonie</em> <em>en ré
        majeur</em> de Georg Matthias Monn (1717-1750), en quatre mouvements dans la même tonalité, comme une suite, mais avec menuet en troisième position, sans trio cependant.</span></span>
      </p>
      <div style="text-align: justify;">
        <div>
          <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
          "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-04/03haydn_symph_11_presto.mp3">
            <param name="src" value="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-04/03haydn_symph_11_presto.mp3">
          </object>
        </div>
      </div>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Les vingt symphonies composées par Haydn avant son arrivée chez les Esterházy, dont seulement deux peuvent
        être approximativement datées (Hob.I&nbsp;.1, «&nbsp;avant novembre 1759&nbsp;»&nbsp;et Hob.I&nbsp;.37 «&nbsp;1758 au plus tard&nbsp;»), nous révèlent les recherches que le compositeur est en
        train de mener sur la structure même des œuvres. Dans celles en trois mouvements, il confère un poids accru au dernier, généralement sacrifié dans les ouvertures d'opéra, tandis que dans les
        huit en quatre mouvements, il expérimente différents enchaînements, vif-menuet-lent-vif (3), lent-vif-menuet-vif (2, proches de la <em>sonata da chiesa</em>) et vif-lent-menuet-vif (3, sans
        doute à placer vers 1760-61). Après 1762, Haydn n'écrira plus de symphonie en trois mouvements, mais il faudra attendre la <em>Symphonie</em> <em>en si bémol majeur</em> Hob.I&nbsp;.68 de
        1774-75 pour que menuet et trio soient définitivement fixés en troisième position.<br>
        <img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-04/hubert_robert_concert_d-tail.jpg" class="DrteTexte" width="350" height="240">Musicalement parlant, si ces œuvres sont bien
        dans l'esprit de leur époque et en exploitent le fonds commun, elles portent déjà la marque d'un compositeur qui n'entend pas se plier à la routine. Un exemple frappant est fourni par la
        <em>Symphonie</em> <em>en ré majeur</em>, Hob.I&nbsp;.1, dont on a tout lieu de croire qu'elle est la toute première de Haydn. Elle s'ouvre par un crescendo qui rappelle ceux de l'École de
        Mannheim, qui devenaient alors un lieu commun. Que fait Haydn&nbsp;? Il le détourne en concentrant l'effet sur une durée très brève et en l'assortissant d'une pulsation irrégulière qui ne se
        rencontre pas dans les crescendos «&nbsp;à la Mannheim&nbsp;», faisant de ces quelques mesures l'exergue percutant à un mouvement qui va justement se distinguer par son asymétrie de
        construction. Une autre caractéristique frappante dans ces premières symphonies est l'élan et la densité du discours, cette capacité du compositeur, qui l'accompagnera tout au long de sa
        carrière, de développer un maximum d'idées en un minimum de temps. Malheureusement peu interprétées, ces symphonies pour le comte Morzin, démontrent une science déjà très sûre de la
        composition, qu'il s'agisse des éléments évoqués ci-dessus, de l'emploi de syncopes (Andante de Hob.I&nbsp;.4), de tournures populaires réélaborées, ou de la recherche d'une expressivité qui
        sait être profonde sans jamais être pesante. L'auditeur attentif y découvrira, en germe, nombre des caractéristiques qui vont assurer à Haydn, une vingtaine d'années plus tard, la première
        place parmi les compositeurs européens.</span></span>
      </p>
      <div style="text-align: justify;">
        <div>
          <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
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          </object>
        </div>
      </div>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Joseph HAYDN (1732-1809), Symphonies pour le comte Morzin.<br>
        <br></span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><span style="text-decoration: underline;">Extraits proposés</span>&nbsp;:</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Comme dans le billet consacré aux <em>Quatuors pour Fürnberg</em>, j'ai choisi de vous proposer d'entendre non
        pas une symphonie complète, mais des extraits représentatifs de celles que l'on pense avoir été composées pour Morzin, organisés selon le schéma le plus couramment employé par Haydn dans ce
        type d'œuvre durant cette période, vif-lent-vif. J'y ai ajouté, en complément gourmand, le menuet et trio d'une des rares symphonies en quatre mouvements de ce corpus.</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">1. <em>Symphonie en ré majeur</em>, Hob.I&nbsp;.1&nbsp;: Presto.</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">2. <em>Symphonie en ré majeur</em>, Hob.I&nbsp;.4&nbsp;: Andante (en ré mineur).</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">3. <em>Symphonie en mi bémol majeur</em>, Hob.I&nbsp;.11&nbsp;: Finale. Presto.</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">4. <em>Symphonie en la majeur</em>, Hob.I&nbsp;.5&nbsp;: Minuet - Trio.</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">The Academy of Ancient Music.<br>
        Christopher Hogwood, direction.</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-04/haydnsymphoniesvol1hogwood.jpg"
        class="noAlign" width="200" height="174">Les Symphonies</em>, volume 1. 3 CD L'Oiseau-Lyre/Decca <a title="Cliquez ici" href=
        "http://www.amazon.com/Joseph-Haydn-Symphonies-1757-60-Chrisopher/dp/B000004CY3/ref=sr_1_7?ie=UTF8&amp;s=music&amp;qid=1241359505&amp;sr=1-7" target="_blank"><span style=
        "text-decoration: underline;">436428-2</span></a>.</span></span>
      </p>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sun, 03 May 2009 15:39:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">f7c61d3caa4c4fee9bf910cd88453536</guid>
                <category>Saisons Haydn</category>        <comments>http://www.passee-des-arts.com/article-30970421-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Haydn 2009 (4) : Divertissements à quatre]]></title>
        <link>http://www.passee-des-arts.com/article-29702403.html</link>        <description><![CDATA[<div>
    <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
    "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-03/01haydnquatuorop1n1presto.mp3">
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    </object><br>
    <img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-03/pietrolonghileconcert1741.jpg" class="CtreTexte" width="550" height="683">
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Pietro Falca, dit Pietro LONGHI (Venise, 1701-1785),</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em>Le concert</em>, 1741.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Huile sur toile, Venise, Gallerie dell'Accademia.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Weinzierl, 10 mars 1758.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Très noble et très honoré Monsieur,</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Puisqu'il faut se résoudre à ce que les bruits les plus désobligeants soient ceux qui circulent le plus
      rapidement, la rumeur concernant la ruine prochaine qui menacerait ma famille est, si j'en crois l'aide que vous m'offrez généreusement dans votre lettre du 1<sup>er</sup> mars, parvenue
      jusqu'à vous. C'est bien d'un cœur aussi noble que le vôtre de se soucier ainsi du cours de mes affaires, et je vous sais gré de l'intérêt dont vous daignez m'honorer. Les gens, néanmoins, ont
      toujours une propension à exagérer les choses et s'il est vrai que les temps qui viennent ne seront pas des plus aimables, il est absolument faux d'imaginer que d'ici quelques mois je n'aurai
      pour toute richesse qu'une pauvre sébile. Mais c'en est assez de tous ces caquets et commérages, il est une affaire d'une toute autre importance dont je souhaite vous entretenir puisque vous
      m'en fournissez l'opportunité.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/logohaydn2009.jpg" class="DrteTexte" width="350" height=
      "275">J'ai à mon service, depuis l'année dernière, un homme remarquable dont je ne suis cependant pas certain de pouvoir garantir le poste et que je prends donc la liberté de vous recommander
      tout particulièrement. Comme je vous sais grand amateur de musique italienne, je porte à votre connaissance que ce Haydn-ci a reçu l'enseignement du maestro Porpora à Vienne, où il était
      auparavant petit chanteur à la cathédrale. Je réponds de son excellente moralité comme de son acharnement à l'étude et de sa promptitude à toujours satisfaire les demandes que lui exprime son
      maître. C'est, en effet, un homme qui connaît sa place et auquel ses qualités n'ont nullement tourné la tête. Pour preuve de l'éminence de ces dernières, je vous fais parvenir, avec cette
      missive, la copie d'un des divertimentos à quatre - NB&nbsp;: sans clavecin - qu'il a composés sur mon ordre exprès à la fin de l'été dernier. Ils ont été essayés ici-même à l'automne, avec le
      plus grand effet. Le bon Albrechtsberger, qui me faisait l'amitié de tenir la partie de violoncelle et dont vous savez sans doute qu'il n'est pas homme à se départir de son sérieux, en a été
      aussi transporté que Pygmalion à l'éveil de sa statue, c'est dire. Vous qui pouvez vous enorgueillir de posséder, au sein de votre chapelle, des musiciens de grand renom, faites-leur jouer
      cette pièce qui regorge de feu et d'idées nouvelles exprimées, qui plus est, avec le goût le plus exquis, et je gage que vous serez, à votre tour, enchanté. Je suis convaincu que ce jeune
      Haydn, tout petit-noiraud qu'il est, donnera les plus grandes satisfactions, pour peu qu'une main ferme le pousse en avant, l'obligeant à se déprendre de cette retenue naturelle qui finira par
      lui causer grand tort si elle persiste à lui faire chérir l'ombre et les recoins.</span></span>
    </p>
    <div>
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      </object>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Je vous serais reconnaissant, Monsieur le Comte, d'avoir l'obligeance de me faire connaître votre sentiment
        assez tôt pour que je puisse, à mon tour, informer Haydn, qui, pour l'heure, ignore tout de mes projets le concernant. Il pourrait y voir du mécontentement à son égard, quand les raisons qui
        me poussent à me séparer de lui sont toutes autres mais ne regardent pas un homme de sa condition. Si vous le jugez digne de votre chapelle, je lui ferai entendre tout l'avantage qu'il
        pourrait avoir à servir un maître tel que vous et dès son accord, que je me fais fort d'obtenir si tel est votre désir, je le tiendrai quitte de tout engagement à mon égard.</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Dans cette attente, j'ai l'honneur d'être, Monsieur le Comte, votre très dévoué et très obéissant
        serviteur,</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Karl Joseph von Fürnberg.</span></span>
      </p><br>
      <div>
        <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
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        </object>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-03/abbayedemelk.jpg" class="GcheTexte"
          width="350" height="277">On ignore à quelle date Joseph Haydn entra au service du baron Karl Joseph von Fürnberg (c.1719/20-1767), mais on peut raisonnablement situer vers 1757 le début de
          sa brève - une année, tout au plus - activité auprès cet employeur, qui résidait à Weinzierl à une centaine de kilomètres de Vienne, non loin de l'abbaye de Melk. Le baron, issu d'une
          famille de noblesse récente (1732), organisait en sa résidence des séances de musique de chambre, et c'est pour elles qu'il commanda à Haydn des œuvres destinées à être jouées à quatre. Si
          l'on en croit la biographie publiée par Griesinger (Leipzig, 1810), les exécutants de ces «&nbsp;<em>divertimenti a quatro</em>&nbsp;» selon l'appellation du compositeur lui-même, furent,
          outre ce dernier, le curé du village, l'intendant du baron et un Albrechtsberger qui est probablement Johann Georg (1736-1809), célèbre organiste et compositeur, maître de chapelle à Saint
          Étienne de Vienne en 1793 et professeur de Beethoven, qui fut en poste à Maria Taferl, près de Melk, entre septembre 1757 et avril 1759.</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Par leur coupe en cinq mouvements, les dix «&nbsp;proto-quatuors&nbsp;» connus sous le nom de
          «&nbsp;Quatuors à Fürnberg&nbsp;» ne se dégagent pas encore de la forme traditionnelle du divertimento autrichien, faisant la part belle à l'esprit de la musique de plein air et de danse,
          puisqu'on y trouve, entre autres, deux menuets. C'est sans doute pour cette raison que Haydn ne les comptait pas au nombre de ses quatuors, dont il faisait débuter la liste avec l'opus 9
          (1769-70). Ils s'inscrivent néanmoins dans un mouvement d'émancipation progressive vis-à-vis des formes héritées du Baroque, qui, même si on peut en déceler de timides germes dans les
          <em>Sonate a quattro senza Cembalo</em> (après 1715&nbsp;?) d'Alessandro Scarlatti (1660-1725), ne va réellement prendre son essor que dans les années 1750. Pour résumer à très grands
          traits, on y assiste, d'un côté, à l'abandon progressif de la basse continue, et, de l'autre, sous l'influence des compositeurs de l'École de Mannheim, à une différenciation croissante, qui
          deviendra rapidement définitive, entre musique symphonique et de chambre.</span></span>
        </p>
        <div>
          <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
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          </object>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-03/pietrolonghileconcert1741det.jpg"
            class="DrteTexte" width="350" height="254">S'il ne faut pas demander à ces quatuors de jeunesse plus qu'ils ne sauraient offrir, on reste tout de même assez ébahi par leur richesse
            d'invention et les traits typiquement haydniens qu'ils contiennent. Les irrégularités de structure, l'irruption de silences inattendus, la concision efficace du discours ainsi que la
            capacité à le tendre par accumulation d'énergie, le parfum populaire de certaines tournures mélodiques sont autant de procédés qui accompagneront Haydn tout au long de sa carrière et
            contribueront largement à son succès. Si le XIX<sup>e</sup> siècle, dans son besoin de créer des héros, a abusivement affublé le compositeur d'une épithète de «&nbsp;père du
            quatuor&nbsp;» qui doit être relativisée en considérant les travaux simultanés de Luigi Boccherini (1743-1805), il n'en demeure pas moins que la courte année passée auprès du baron
            Fürnberg va permettre à Haydn de jeter les bases de ce qui deviendra, au bout d'un processus de décantation d'une dizaine d'années, une des formes les plus emblématiques de l'âge
            classique. En entrant, sans doute dès les premiers mois de 1758, au service d'un autre employeur, il va s'atteler à un autre genre sur lequel son influence ne sera pas moins
            déterminante.</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Joseph HAYDN, <em>Quatuors pour deux violons, alto et violoncelle</em>, opus 1 (Hob.&nbsp;II&nbsp;.6 pour
            le n°0, Hob.&nbsp;III&nbsp;.1, 2, 3, 4 et 6 pour les autres) et opus 2 (Hob.&nbsp;III&nbsp;.7, 8, 10, et 12), dits «&nbsp;Quatuors à Fürnberg&nbsp;».</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b><span style="text-decoration: underline;">Extraits proposés</span></b>&nbsp;:</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Afin de vous présenter ces quatuors de jeunesse bien peu souvent interprétés, j'ai choisi, plutôt que de
            me limiter à un seul d'entre eux, de sélectionner quelques mouvements représentatifs de l'ensemble et de les disposer dans l'ordre le plus usuel adopté par Haydn dans ces deux
            opus&nbsp;(vif - menuet I - lent - menuet II - vif), formant ainsi une sorte de quatuor aussi «&nbsp;idéal&nbsp;» qu'imaginaire.</span></span>
          </p>
          <div>
            <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
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            </object>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">1. <em>Quatuor à cordes en si bémol majeur</em>, opus 1 n°1, Hob.&nbsp;III&nbsp;.1&nbsp;:</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">[I] Presto.</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">2. <em>Quatuor à cordes en sol majeur</em>, opus 1 n°4, Hob.&nbsp;III&nbsp;.4&nbsp;:</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">[II] Minuet.</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">3. <em>Quatuor à cordes en fa majeur</em>, opus 2 n°4, Hob.&nbsp;III&nbsp;.10&nbsp;:</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">[III] Adagio (en fa mineur).</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">4. <em>Quatuor à cordes en ut majeur,</em> opus 1 n°6, Hob.&nbsp;III&nbsp;.6&nbsp;:</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">[IV] Minuet.</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">5. <em>Quatuor à cordes en mi majeur</em>, opus 2 n°2, Hob.&nbsp;III&nbsp;.8&nbsp;:</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">[V] Finale, Presto.</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">QUATUOR BUCHBERGER</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">(sur instruments «&nbsp;modernes&nbsp;»&nbsp;: Hubert Buchberger, violon I - Julia Greve, violon II -
              Joachim Etzel, alto - Helmut Sohler, violoncelle.)</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em><img src=
              "http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-03/haydnquatuorsopp1et2buchberger.jpg" class="noAlign" width="150" height="149">Quatuors à cordes opus 1 et opus 2</em>
              (Intégrale, volume 6). 3 CD <a title="Cliquez ici" href="http://www.amazon.fr/Haydn-String-Quartets-Opp-2/dp/B0012DACMU/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1238521258&amp;sr=1-1" target=
              "_blank"><span style="text-decoration: underline;">Brilliant classics 93650</span></a>.</span></span>
            </p>
          </div>
        </div>
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 31 Mar 2009 19:41:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ec3f8d7567898b92bc556f6cb05d0495</guid>
                <category>Saisons Haydn</category>        <comments>http://www.passee-des-arts.com/article-29702403-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Haydn 2009 (3) : Je vous aimais]]></title>
        <link>http://www.passee-des-arts.com/article-29022061.html</link>        <description><![CDATA[<div>
    <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
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    </object><br>
    <img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-02/angelikakauffmannportraitfemmevestalesd.jpg" class="CtreTexte" width="550" height="703">
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Angelika KAUFFMANN (Chur, Suisse, 1741-Rome, 1807),</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em>Portrait de femme en vestale</em>, sans date.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Huile sur toile, Dresde, Gemäldegalerie Alte Meister.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Ma belle amie,</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Je ne doute pas un instant que vous serez fort surprise lorsque le brave Liebesbrief, qui a la bonté d'aller
      courir par les rues de la ville simplement pour m'obliger, vous remettra tout à l'heure ces quelques mots. Il eut été imprudent que je m'en chargeasse moi-même car j'imagine sans peine de quels
      regards soupçonneux on m'aurait abreuvé en me voyant m'absenter pour la soirée, tout bouleversé et la mine aussi sombre que mon habit. C'est donc enfermé dans ma chambre que je passerai la
      longue soirée qui s'annonce et que ne viendra probablement pas interrompre le bienfaisant sommeil.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/logohaydn2009.jpg" class="GcheTexte" width="350" height=
      "275">Demain... oh, quand je pense à demain, la tristesse qui m'obsède soulève ma poitrine et fait ruisseler mes larmes tandis que je maudis la cruauté du destin qui veut que nous soyons
      séparés&nbsp;! Je voudrais m'enfuir au bout du monde, me terrer dans quelque antre inaccessible pour y finir ma misérable existence loin de tout ce qui me rappelle le bonheur qui m'est
      désormais interdit. Mais Dieu lui-même semble avoir résolu de me mettre à la torture jusqu'au bout et de transmuer en poison pernicieux le petit talent qu'il m'a accordé pour la musique.
      Comment, en effet, aurais-je pu ne pas accéder à la requête de vos parents, eux qui m'ont si généreusement honoré de leur hospitalité lorsque, chassé de la cathédrale avec des haillons sur le
      dos pour seul viatique, ma seule préoccupation fut longtemps de trouver un morceau de pain à dévorer et un abri précaire pour y passer la nuit&nbsp;? C'eut été de ma part une preuve sensible
      d'ingratitude. Aussi, bien que demain ne provoque en moi qu'une indicible horreur, je tiendrai vaille que vaille ma place dans la tribune pour diriger le concerto et le <em>Salve</em> que j'ai
      composés expressément pour la cérémonie, pour ne pas dire pour vous.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Nous aurions été heureux, ma tendre Thérèse, nous aurions connu un bonheur sans nuages si vos parents ne vous
      avaient contrainte à prendre pour époux celui qui ne vous donnera jamais autant de tendresse que je vous en réservais. Mais l'implacable sentence est tombée et «&nbsp;pour le confort de leur
      âme&nbsp;», ainsi qu'ils l'ont dit, on vous a forcée à vous éloigner de moi, dont l'unique vœu était de vous chérir pour le reste des jours que nous aurions partagés. Nous avons tant pleuré,
      vous et moi, lorsque notre rêve s'est brisé. Peste soit des basses raisons qui empêchent deux jeunes personnes qui éprouvent l'une pour l'autre la plus sincère inclination de la couronner par
      les liens indéfectibles du mariage&nbsp;! Que n'ai-je une situation qui offrirait plus d'aplomb à mes vingt-quatre ans, que n'ai-je les appuis qui me permettraient de vous soustraire, de gré ou
      de force, au sinistre sort que l'on vous prépare&nbsp;! Mais, en agitant tous ces souvenirs et ces pensées, voici que sanglots et larmes me submergent de nouveau.</span></span>
    </p>
    <div>
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      </object>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">J'ai mis dans le <em>Salve</em> qui sera joué demain toute la science que j'ai acquise jusqu'à maintenant
        auprès de ceux qui ont bien voulu m'instruire, mais j'y ai déposé bien plus que ceci, mon amie. Je l'ai voulu débordant d'autant de tendresse qu'il est loisible d'en user dans une pièce
        sacrée, j'ai désiré que la voix seule du premier air glisse comme une caresse lumineuse sur un fond de cordes soupirantes, j'ai souligné les mots <em>vita</em> et <em>dulcedo</em> par des
        modulations pour que vous entendiez que vous demeurez ma <em>vie</em> et ma <em>douceur</em>. Puis, dans le second air, j'ai brisé l'exultation de l'assemblée en faisant entrer
        <em>adagio</em> la soliste et en lui faisant descendre pas-à-pas la gamme sur les mots «&nbsp;gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes&nbsp;» afin que nul n'ignore que ceux qui,
        séparés, seront dorénavant solitaires, pleurent quand ceux qui les ont condamnés se réjouissent. Je ne vous dévoile pas tout&nbsp;; la musique parle à ceux qui savent l'écouter, et je suis
        certain que vous entendrez le message que je vous délivre à travers elle.</span></span>
      </p>
      <div>
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        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Hélas, il est temps pour moi de confier cette lettre à Liebesbrief que j'entends piaffer d'impatience à ma
          porte, lui qui, une fois qu'il vous aura remis ce pli, pourra s'en aller retrouver sa petite femme qui l'attend au logis. Demain, lorsque les grilles du couvent se refermeront à jamais sur
          votre chère vie, puissent les notes que je vous adresse vous redire éternellement à quel point je vous aimais et suis à jamais,</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">votre Joseph.</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">De Vienne, ce 11 mai 1756.</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          &nbsp;
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src=
          "http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-02/CarlWenzelZajicekMichaelerplatzetKohlmarktc1900.jpg" class="GcheTexte" width="350" height="249">La chronologie de la vie de
          Joseph Haydn à Vienne après son congédiement du chœur de la cathédrale Saint Étienne, traditionnellement situé au mois novembre 1749 à la suite de la mue de sa voix, demeure extrêmement
          imprécise. Les témoignages à peu près fiables sur cette période, dont celui du compositeur, convergent tous, en revanche, pour la décrire comme un temps de grande précarité qui confinait à
          la misère. C'est très probablement chez le ténor Johann Michael Spangler (c.1720/21-1794) qu'il trouva d'abord refuge, avant de recevoir une aide matérielle d'un juge de paix viennois nommé
          Anton Buchholz qui lui permit de s'installer dans une mansarde de la Michaelerhaus, sur le Kohlmarkt. Si le séjour de Haydn au sein de la famille du perruquier Johann Peter Keller
          (c.1690-1771) ne fait guère de doute, sa date est, en l'état actuel des recherches, impossible à préciser. Il me semble néanmoins cohérent de le placer entre 1750, année de la naissance du
          second enfant du couple Spangler, et 1751-52 environ, époque de création de <em>Der krumme Teufel</em> (Le diable boiteux, Hob.&nbsp;XXIXb.1a), premier opéra de Haydn, dont rien ne subsiste
          mais qui semble néanmoins avoir connu un réel succès, 1753 au plus tard, lorsque le jeune compositeur gravite dans l'entourage de Porpora (voir le billet <a title="Cliquez ici" href=
          "http://www.passee-des-arts.com/article-29012298.html" target="_blank"><em>Passage de témoin</em></a>).</span></span>
        </p>
        <div>
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          </object>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src=
            "http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-02/angelikakauffmannportraitfemmevestalesdet.jpg" class="DrteTexte" width="350" height="314">Les Keller, qui vivaient dans une
            aisance certaine, avaient, entre autres enfants, deux filles, Maria Anna (1729-1800), sur laquelle nous reviendrons ultérieurement, et Thérèse (1733-1819). S'il faut accorder quelque
            crédit aux écrits de Griesinger, un des trois premiers biographes de Haydn, ce dernier donna des leçons de musique à Thérèse, dont il finit par tomber amoureux. Cependant, pour des
            raisons qui demeurent obscures, les parents de la jeune fille la forcèrent «&nbsp;pour leur confort spirituel&nbsp;», ainsi qu'ils le déclarèrent, à prendre le voile, ce qu'elle fit le 8
            avril 1755. Le 12 mai 1756, Thérèse Keller prononça ses vœux au couvent des Clarisses de Vienne. Pour l'occasion, Haydn composa au moins deux œuvres, le <em>Salve Regina en mi
            majeur</em>, le <em>Concerto pour orgue et orchestre en ut majeur</em> (Hob.&nbsp;XVIII.1), et peut-être le <em>Double concerto pour violon et orgue en fa majeur</em> (Hob.&nbsp;XVIII.6),
            son unique œuvre de ce type. On ne possède aucun témoignage direct sur les sentiments des deux jeunes gens, mais deux faits en disent long sur la réalité de leur attachement. Thérèse, qui
            fut religieuse jusque dans les années 1780, se fit, en effet, appeler dorénavant sœur Josepha, tandis que Haydn conserva précieusement les manuscrits autographes du <em>Salve</em> et du
            <em>Concerto</em>, les plus anciens que nous possédions de sa main, sur lesquels il porta, en 1803, la date de 1756. Alors que dans les dernières années de sa vie, sa mémoire lui faisait
            de plus en plus cruellement défaut, le souvenir de cet amour de jeunesse semble être resté jusqu'au bout profondément ancré en lui.</span></span>
          </p>
          <div>
            <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
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            </object>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Joseph HAYDN, <em>Salve Regina en mi majeur</em> pour soprano, chœur, cordes et basse continue,
              Hob.&nbsp;XXIIIb.1.</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">1. Salve Regina</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">2. Ad te clamamus</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">3. Eia ergo</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">4. Et Jesum benedictum</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">5. O clemens, o pia</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Ann Monoyios, soprano.</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Tölzer Knabenchor.</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">L'Archibudelli.</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Bruno Weil, direction.</span></span>
            </p>
            <p style="text-align: justify;">
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
            </p>
            <p>
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydnsacredmusicbrunoweil.jpg" class="noAlign"
              width="150" height="150">Œuvres sacrées</em>. 1 CD Sony «&nbsp;Vivarte&nbsp;» SK 53368 (indisponible)<br></span></span>
            </p>
            <p>
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
            </p>
            <p>
              <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><span style="font-size: 8pt;"><b>[Première publication : 25 février 2009]</b></span><br></span></span>
            </p>
          </div>
        </div>
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 14 Mar 2009 16:06:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">fcff9272c0997ee891150e2079d28762</guid>
                <category>Saisons Haydn</category>        <comments>http://www.passee-des-arts.com/article-29022061-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Haydn 2009 (2) : Passage de témoin]]></title>
        <link>http://www.passee-des-arts.com/article-29012298.html</link>        <description><![CDATA[<div>
    <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
    "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-01/haydnavereginavallinweil.mp3">
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    </object><br>
    <img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-01/bellottolobkowitzplatz175960.jpg" class="CtreTexte" width="550" height="411">
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Bernardo BELLOTTO (Venise, c.1720/21-Varsovie, 1780),</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em>Vienne, la Lobkowitzplatz</em>, 1759-1760.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Huile sur toile, Vienne, Kunsthistorisches Museum.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/logohaydn2009.jpg" class="GcheTexte" width="350" height="275">La
      chaleur qui règne sur Vienne fait peser depuis quelques jours une chape de torpeur qui écrase bêtes et hommes. L'imposant Reutter ahane comme un bûcheron en gravissant les escaliers qui
      conduisent à la mansarde. Le jeune garçon, mine de chien famélique plus habitué à se nourrir des reliefs qui traînent à l'office qu'à s'engraisser à la table des puissants, le suit sans bruit
      et la mine grave qu'il affiche pour la circonstance jure avec l'éclat ironique de son regard quand il envisage le postérieur déjà rebondi de ce maître jeune encore, mais doté d'une autorité que
      nul ne se risquerait à contester, qui peine à se soulever jusqu'à l'ultime palier. Pourquoi lui, ce Reutter si habile qui s'est imposé dans tous les esprits qui comptent comme le seul digne
      successeur de cette vieille barbe de Fux, a-t-il cédé aux instances de la veuve Waller quand celle-ci, aux premières heures du jour, est venue au chapitre de la cathédrale le supplier d'accéder
      à une curieuse demande&nbsp;?</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">«&nbsp;Ce sera miracle s'il passe la journée, votre Excellence. C'est ce que m'a laissé entendre Todträger,
      médecin dont vous connaissez sans doute la sûreté de diagnostic.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">- Il est très vieux&nbsp;?&nbsp;» demande Reutter en engloutissant bruyamment un juteux quartier de
      pêche.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">«&nbsp;Sans doute, votre Excellence. Il est très pâle, il tousse sans cesse et s'agite comme s'il manquait
      d'air. Ca fait bien une semaine qu'il n'a plus quitté son lit, il ne mange quasiment pas mais boit beaucoup.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">- Et il vous a demandé de la musique&nbsp;? s'étonne l'Excellence.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">- C'est ce que j'ai compris. Vous savez, il parle peu et ce n'est pas toujours facile de saisir ce qu'il tente
      de baragouiner dans notre langue. Il n'est pas d'ici, comme je vous l'ai dit. Mais s'il est possible à votre Excellence d'offrir un peu de joie à un pauvre homme qui va mourir si loin de chez
      lui...&nbsp;»</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Reutter semble réfléchir, du moins son regard se perd-il dans une sorte de vague qui pourrait presque laisser
      croire que cette histoire l'émeut.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">«&nbsp;J'aviserai. Que Dieu récompense votre miséricorde. Maintenant veuillez me laisser, j'ai quelques affaires
      à régler qui ne sauraient souffrir plus de délai&nbsp;», grommelle-t-il en se levant de son confortable fauteuil. C'est tout Reutter, ça. Son appétence pour des biens tout terrestres et son
      ambition acharnée lui ont fait une carapace si épaisse que lorsque d'aventure l'homme sensible qu'il est aussi se manifeste, c'est toujours sous le masque bougon, hautain, ou colérique suivant
      les situations, de celui qui a un rang à tenir.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Dans la chambre règne une odeur écœurante encore renforcée par la touffeur, mélange de relents de tisane et de
      sueur morbide de mauvais augure. L'homme, à qui l'hôtesse a charitablement donné quelques coussins pour surélever sa tête, donne une impression poignante de fragilité, avec sa peau parcheminée
      et sa respiration sifflante. Todträger a raison, les heures de ce moribond sont sans nul doute comptées. Pourtant, lorsqu'il semble se rendre compte de la présence du jeune garçon, resté
      prudemment dans l'ombre de son maître, et qu'il s'aperçoit qu'il tient un violon à la main, son regard s'éclaire subitement.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">«&nbsp;Maestro, se risque enfin Reutter d'une voix curieusement étranglée et dans un italien
      chancelant,&nbsp;madame Waller est venue me voir ce matin. Je suis désolé de ne pouvoir mieux répondre à votre demande, mais tous mes garçons sont requis, sauf celui-ci, qui, grâce à Dieu,
      chante passablement et sait aussi un peu frotter l'archet.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">- Me jouerais-tu quelque chose, petit&nbsp;?&nbsp;» répond le malade dans un allemand aussi approximatif
      qu'étonnamment chantant, après avoir, de la tête, fait révérence au maitre de chapelle encore suant. Le garçon ne bouge pas.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">«&nbsp;Allons, Sepperl, ne sois pas timide, l'encourage Reutter d'un ton ferme,&nbsp;joue pour Monsieur cet air
      que tu m'as fait entendre tout à l'heure.&nbsp;»</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Les premières notes sont un peu hésitantes, mais, très rapidement, naît sous l'archet du garçon, dont le regard
      ne quitte pas un instant l'homme alité, une mélodie aux accents fortement populaires, qui s'alanguit, s'emballe, puis s'apaise à nouveau pour s'éteindre dans un imperceptible
      frisson.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">«&nbsp;C'est bien, mon enfant, murmure l'homme dans un sourire, maintenant,
      chanterais-tu&nbsp;?&nbsp;»</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Alors Sepperl chante. Sa voix claire, moins angélique, peut-être, que celle de son plus jeune frère, mais plus
      experte à rendre les inflexions du texte, emplit l'espace de la mansarde et suspend le temps d'un <em>Ave Regina</em> d'une ineffable douceur, une caresse faite prière. Reutter s'est assis sur
      l'unique chaise de la pièce que son embonpoint naissant menace de briser&nbsp;; jamais il n'avait entendu son élève chanter avec autant de ferveur, il lui semble même que c'est la première fois
      qu'il entend vraiment le son de sa voix. Sur le visage de l'homme sinuent deux sillons humides.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">«&nbsp;Monsieur, dit-il en rassemblant ses forces, soyez remercié d'être venu jusqu'ici et du plaisir que vous
      m'avez donné. Ce garçon a du talent. Il ne sera sans doute jamais un grand violoniste, sa voix se brisera quand il deviendra un homme, mais il sait naturellement comment construire et conduire
      une mélodie qui touche le cœur. Prenez grand soin de lui et que Dieu vous garde. Faites-le venir à moi, puis, en repartant, demandez à madame Waller d'aller chercher un
      prêtre.&nbsp;»</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Avec une tendresse inhabituelle, la main rugueuse de Reutter guide Sepperl près du lit.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">«&nbsp;Mon garçon, je vais mourir et tu m'as sans doute donné ma dernière joie. Continue d'apprendre, cultive
      les dons qui sont en toi et tu deviendras un grand musicien. Merci et que celle que tu as si bien chantée te protège et te bénisse comme je le fais à cet instant.&nbsp;»</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Madame Waller attendait les visiteurs à l'ombre de la cour intérieure.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">«&nbsp;Comment est-il, votre Excellence&nbsp;?</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">- Il est à la dernière extrémité et demande un prêtre.&nbsp;Ne vous donnez pas la peine de sortir, je vous en
      envoie un.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Onze heures sonnent à la cathédrale Saint Étienne, toute proche de la Kärntner Strasse au bout de laquelle se
      trouve la maison de la veuve.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">«&nbsp;Votre Excellence, ce garçon est si pâle&nbsp;!</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">- Il en verra d'autres. Quel est le nom de votre mourant, que je puisse l'indiquer au
      desservant&nbsp;?&nbsp;»</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">- Vivaldi. Antonio Vivaldi.&nbsp;»</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-01/VivaldiPierLeoneGhezzi1723.jpg" class=
      "DrteTexte" width="350" height="485">Antonio Vivaldi est mort à Vienne et y a été enterré le 28 juillet 1741, après le service funèbre d'une extrême simplicité réservé aux indigents, avec
      toutefois six porteurs de torches et six petits chanteurs. Même si aucun document ne l'atteste, il est tout à fait possible d'imaginer que parmi ces derniers se trouvait le tout jeune Joseph
      Haydn, alors âgé de neuf ans, que Georg Reutter (le Jeune, 1708-1772),&nbsp;maître de chapelle de la cathédrale Saint Étienne depuis 1738, anobli en 1740, maître de chapelle impérial
      officiellement en 1769, mais, dans les faits, dès 1751, avait fait venir à Vienne sans doute en 1740, après avoir remarqué ses talents lors d'une visite chez Mathias Franck (1708-1783), cousin
      éloigné de Haydn. Ce «&nbsp;cousin Franck&nbsp;» avait accueilli le tout jeune Joseph, alors âgé d'environ cinq ou six ans, à Hainburg où il était directeur d'école, fonction qui, outre
      l'enseignement des matières académiques, incluait la responsabilité du chœur et des instrumentistes municipaux. C'est très probablement Franck qui a appris à Haydn les rudiments du chant et du
      violon.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-01/nicolaporpora.jpg" class="GcheTexte" width=
      "350" height="443">Si les personnages cités dans les lignes ci-dessus, à l'exception du médecin Todträger, ont tous existé (Sepperl est le diminutif autrichien courant de Joseph), l'histoire
      qui y est contée est, bien entendu, de pure fiction. Joseph Haydn a cependant étudié à Vienne, peut-être dès 1753, auprès d'un compositeur italien, le napolitain Nicola Antonio Porpora
      (1686-1768), grand spécialiste de musique vocale, qui devait quitter la capitale autrichienne en 1757 pour rejoindre Naples où il mourra dans la misère. Les pièces vocales de Haydn datables de
      cette époque d'apprentissage qui sont parvenues jusqu'à nous portent indubitablement les traces de la vocalité et des ornements musicaux à l'italienne, passage de témoin entre deux esthétiques,
      celle du baroque tardif et du classicisme naissant. Ainsi en est-il de cet <em>Ave Regina</em> des années 1750, que je vous ai proposé d'entendre ici dans une version avec chœur d'enfants,
      œuvre dont l'authenticité a jadis été contestée, les copies qui la préservent ne comportant que le nom «&nbsp;Haydn&nbsp;» sans indication de prénom, mais que les spécialistes s'accordent
      maintenant à attribuer à Joseph plutôt qu'à son frère Michael.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Joseph HAYDN (1732-1809), <em>Ave Regina pour soprano, chœur, cordes et basse continue en la majeur</em>,
      Hob.&nbsp;XXIIIb.3.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Marie-Claude Vallin, soprano.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">L'Archibudelli. Bob van Asperen, orgue.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Tölzer Knabenchor.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Bruno Weil, direction.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydnsacredmusicbrunoweil.jpg" class="noAlign" width="150"
      height="150">Œuvres sacrées</em>. 1 CD Sony «&nbsp;Vivarte&nbsp;» SK 53368 (indisponible).</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <b><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">[Première publication : 8 février 2009]</span></span></b>
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 14 Mar 2009 11:17:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">b52ab36d9bf49dea108cec7b313a4500</guid>
                <category>Saisons Haydn</category>        <comments>http://www.passee-des-arts.com/article-29012298-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Haydn 2009 (1) : Si je vous dis Haydn ?]]></title>
        <link>http://www.passee-des-arts.com/article-29009239.html</link>        <description><![CDATA[<div>
    <img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/haydnthomashardy1791.jpg" class="CtreTexte" width="550" height="695">
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Thomas HARDY (Derbyshire, 1747-Londres&nbsp;?, 1804),</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em>Portrait de Joseph Haydn</em>, 1791.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: center;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Huile sur toile, Londres, Royal College of Music.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Comme je le rappelais dans le billet écrit à l'occasion de la nouvelle année, le bicentenaire de la mort de
      Joseph Haydn (1732-1809) risque fort, faute de volonté des institutions culturelles françaises, de ne pas recueillir, dans notre pays, tout l'écho qu'il mérite. C'est pour ceci que, fidèle à la
      ligne de ce blog, j'ai décidé de consacrer à ce compositeur essentiel quelques billets à paraître tout au long de l'année dans une rubrique créée tout spécialement à cet effet, <em>Saisons
      Haydn</em>. J'espère que cette initiative, certes modeste, contribuera à donner l'envie à celles et ceux qui me font l'honneur de visiter ces pages d'en connaître plus sur cette grande figure
      de la musique occidentale.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/logohaydn2009.jpg" class="GcheTexte" width="350" height=
      "275">Pour débuter cette entreprise en écartant toute velléité d'univocité, j'ai demandé à quelques auteurs de blogs traitant ou non de musique de rédiger quelques lignes pour nous parler de
      leur Haydn, du rapport qu'ils entretiennent avec sa musique, de leur cheminement aux côtés de ce compositeur. Je remercie très sincèrement, par ordre alphabétique, Ariana, Cyrille, Ghislaine,
      Grégory, Henri-Pierre et Philippe de s'être, en toute amitié et avec talent, prêtés à cet exercice, et invite toutes celles et tous ceux qui viendront lire ces lignes à aller visiter le domaine
      de chacun d'entre eux, accessible soit dans ce billet (en cliquant sur le nom de leur blog), soit dans mes liens.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Bonnes découvertes à toutes et à tous.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b>Ariana</b>, auteur du blog <a title="Cliquez ici" href="http://ariana.typepad.fr/" target="_blank"><b><em>Le
      geste et la voix</em></b></a>.</span></span>
    </p>
    <div>
      <div>
        <div>
          <div>
            <span style="font-size: 10pt;"><object type="application/x-shockwave-flash" height="381" width="480" data="http://www.dailymotion.com/swf/k3PAg2i5VSEfL3Nwjj&amp;related=1">
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            </object></span>
          </div>
        </div><b><a href="http://www.dailymotion.com/video/x70yp1_clip3-aria-ragion-nellalma-haydn_music"></a></b><em><a href="http://www.dailymotion.com/Patricia_Petibon"><br></a></em>
      </div>
    </div><br>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/avatarariana.jpg" class="GcheTexte"
      width="350" height="448">Qu'est-ce qu'Haydn&nbsp;?</em> Comptant à la postérité au nombre d'une trinité de légende composée par lui, <em>Mozart</em> et <em>Beethoven</em>, il en est sans nul
      doute le plus méconnu/moins reconnu des trois et le moins identitaire à la postérité. Sort juste ou injuste n'étant peut-être pas la bonne question.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Cela car <em>Haydn</em> c'est avant tout, non pas la synthèse, mais le lien inéluctable et nécessaire d'Haendel
      à Beethoven. Presque le <em>cheval de bataille</em> de la métamorphose musicale du premier à cet énième second. Non, je ne récite aucun livre&nbsp;; j'écris ce que l'on y trouve ni plus mais
      surtout <em>ni moins</em>.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Des <em>Trois</em> toujours cités ensemble, il me semble <em>Cheval de Troi<span style=
      "text-decoration: underline;">e</span></em>, parce qu'à nos oreilles contemporaines, il y a toujours trouble et intérêt croissant de se trouver convoqué à la «&nbsp;<em>surprise</em>&nbsp;» non
      uniquement londonienne ou parisienne, par cet esprit si vif, palpitant, capable de maintes formes, ouvert, malléable et modelant. Troublant d'en perdre le fil à ne savoir si l'on doit compter
      ici, pourtant dans la même pièce, sur Haendel (<em>Die Schöpfung)</em>, Mozart ou bien si l'on ne s'achemine pas, déjà, jusqu'à la porte d'un Beethoven lui-même entre deux.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">De l'esprit galant, par le <em>Sturm und Drang</em>, jusqu'à l'aube du préromantisme, fécondité, fertilité et
      contre toute-attente <em>liberté</em> surtout caractérisent les compositions de <em>Joseph Haydn</em>! Sérénité aussi et <em>maîtrise</em> d'une avancée de carrière dont la première partie sous
      l'égide des Princes Esterhazy et la seconde ainsi richement préfécondée, plus «&nbsp;libre&nbsp;» et personnelle, si tant est qu'à cette époque l'on pouvait se le permettre.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Puis décidément, occultant tout ceci, je trouve que l'on relègue trop aisément <em>Haydn</em> à une histoire de
      numéros, toujours ces <em>Trois&nbsp;</em>!, et de similitudes dont on aime bien le confort! L'on se regorge d'avoir découvert que c'était de <em>106</em> et non 104 symphonies qu'il était le
      créateur, sans pour autant s'être attaché à trouver dans une ou aucune ce qui lui confère son identité propre, la démarque et la signe, bref à une véritable <em>écoute</em>. N'eut-il pas mieux
      valu n'en connaître que 40 mais les connaître réellement&nbsp;? Pas de réponse évidemment.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em>Variation II&nbsp;: Haydn</em> ou le fourre-tout&nbsp;: compositeur de la symphonie disent les mélomanes,
      celui des quatuors, sonates et concertos disent les pianistes, celui des oratorios pour les amoureux de <em>Haendel</em>.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Et ses opéras alors qui ne sont ni ceux de Mozart, ni ceux de Gluck ou Paisiello&nbsp;?</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Ses opéras, quasiment inexplorés en France, peu et assez mal desservis au disque, très réussis en matière de
      comiques, plus ombragés par ses concurrents, les deux autres des trois, et à juste titre en matière de <em>serie</em>, qui sont les dernières préoccupations de sa carrière, restent largement
      inexplorés, car il est vrai, survenus aux temps d'une autre trilogie Da Ponte et après ceux de Gluck. L'opéra présente pourtant toujours l'avantage d'ouvrir au déploiement de la synthèse
      musicale d'un compositeur dans une seule et même œuvre, faisant appel à toutes ses capacités de <em>mise en expression</em>.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Découvrir Haydn «&nbsp;tel qu'en lui-même&nbsp;», c'est peut-être aussi accepter de délaisser <em>Die
      Schöpfung</em> et <em>Die Jahreseitzen</em> le temps de la découverte au-delà d'intéressantes Cantates pour les Esterhazy, dans l'esprit de la commedia dell'arte, d'une <em>Isolata
      Disabitata</em>, d'un <em>Speziale</em>, comportant quelques turqueries délicieuses sous les traits d'un Volpino bien agile au masque, ou bien d'une <em>Incontro Improvviso</em>, et autres
      œuvres légères, équilibrées et malicieuses à l'image de l'esprit de leur créateur, dont les livrets sont aussi pétillants qu'inventifs pour leur époque, certains inspirés de Goldoni aussi. La
      vocalité est traitée avec intelligence et efficacité sans excès ici ou là mais avec une certaine justesse de ton permettant toujours ce qui caractérise <em>Joseph</em> selon moi&nbsp;; <em>la
      capacité à surprendre dans le plus évident du ton juste</em>, le tout appuyé sur une illustration orchestrale toujours dans la malice et la surprise, cette <em>surprise</em> qui ne s'inscrit
      jamais <em>contre</em> mais émane de la chose elle-même lui conférant son identité propre.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em>Haydn</em> compositeur de toutes les formes, s'essayant à tous les genres, semble toujours arriver
      <em>après</em>, là même où il était là <em>d'abord,</em> <em>pendant</em> et <em>ensuite</em>. Ne serait-ce pas là lui reconnaître qu'il est intemporel&nbsp;?</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b><span style="text-decoration: underline;">Le choix musical d'Ariana</span></b>&nbsp;:</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em>Il Mondo della Luna</em> (1777), <em>dramma giocoso</em> en trois actes, Hob.&nbsp;XXVIII.7,</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Aria «&nbsp;<em>Ragion nell'alma siede</em>&nbsp;» (Flaminia)</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Patricia Petibon, soprano.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Concerto Köln.</span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Daniel Harding, direction.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/haydnpetibonhardingamoureuses.jpg"
      class="noAlign" width="150" height="135">Amoureuses</em> (airs de Gluck, Haydn et Mozart). 1 CD Deutsche Grammophon <a title="Cliquez ici" href=
      "http://www.amazon.fr/Amoureuses-Wolfgang-Amadeus-Mozart/dp/B001CLRCVG/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=music&amp;qid=1237023078&amp;sr=1-1" target="_blank"><b>00289 477 7468</b></a>.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b>Cyrille</b>, auteur du blog <a title="Cliquez ici" href="http://d-ebene-et-d-ivoire.mabulle.com/" target=
      "_blank"><b><em>D'ébène et d'ivoire</em></b></a>.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
    </p>
    <div>
      <object type="application/x-shockwave-flash" height="33" width="250" data=
      "http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/haydnsymphonie82vivaceassai.mp3">
        <param name="src" value="http://www.over-blog.com/_dewplayer.swf?son=http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/haydnsymphonie82vivaceassai.mp3">
      </object>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/avatarcyrille.jpg" class="GcheTexte"
        width="350" height="285">Je suis «&nbsp;né&nbsp;» à la «&nbsp;grande musique&nbsp;», comme on se plaisait à la nommer à une certaine époque, à l'âge de onze ans en cours de musique avec le
        fameux (et pour moi viscéral) Allegro con brio de la <em>5<sup>ème</sup> Symphonie en ut mineur</em> de Ludwig van Beethoven. Je ne répèterai ici ni dans quelles circonstances exactes, ni les
        sensations que j'ai ressenties. Cependant, c'est durant cette même année bénie que j'ai découvert Papa Haydn, toujours lors d'un cours dispensé par un grand professeur qui avait l'art et la
        passion vraie de transmettre ce qu'il y a de plus beau, sans doute, en ce monde&nbsp;: la Musique.</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">La première fois qu' Haydn est venu me rendre visite, ce fut par ses symphonies <em>La Surprise</em> et
        <em>L'Horloge</em>. Et là, ce fut une véritable révélation. Depuis, il n'est point un jour de la semaine où je ne me laisse sciemment guider pour un voyage magique par un de ses quatuors, une
        de ses symphonies, un de ses concertos. J'aime sa simplicité, sa spiritualité, son classicisme juvénile généreux où s'offrent toujours maintes trouvailles et surprises. Rien n'y est futile,
        fortuit, déplacé. Tout y coule sereinement, sans emphase. Tout y est pensé avec intelligence et générosité, pur, évident.</span></span>
      </p>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b><span style="text-decoration: underline;">Le choix musical de Cyrille</span></b>&nbsp;:</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em>Symphonie en ut majeur</em>, Hob.&nbsp;I.82, dite «&nbsp;L'Ours&nbsp;»&nbsp;:</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">I. Vivace assai.</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Tafelmusik.</span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Bruno Weil, direction.</span></span>
      </p>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
      </p>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/haydnparissymphoniesvol1weil.jpg"
        class="noAlign" width="150" height="150">Symphonies parisiennes</em>, volume 1. 1 CD Sony «&nbsp;Vivarte&nbsp;» <a title="Cliquez ici" href=
        "http://www.amazon.fr/Joseph-Haydn-Paris-Symphonies-Nos/dp/B000002AQ8/ref=sr_1_5?ie=UTF8&amp;s=music&amp;qid=1232815144&amp;sr=1-5" target="_blank"><b>SK 66296</b></a>.</span></span>
      </p>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
      </p>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b>Ghislaine</b>, auteur du blog <a title="Cliquez ici" href="http://www.vermischter-stil.com/" target=
        "_blank"><b><em>Vermischter Stil</em></b></a>.</span></span>
      </p>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
      </p>
      <div>
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        </object>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/avatarghislaine.jpg" class="GcheTexte"
          width="350" height="301">Premier août 1798, victoire de l'Amiral Lord Nelson sur les troupes napoléoniennes à Alexandrie. Franz Joseph Haydn est alors requis par la composition d'une messe
          en l'honneur de la Princesse Esterhazy, dont la première est prévue pour le quinze septembre. C'est lors de l'exécution de cette première qu'il fut décidé de nommer cette messe,
          initialement désignée par Haydn <em>Missa in angustiis</em> («&nbsp;Messe pour des temps difficiles&nbsp;»), <em>Messe Nelson</em>, suite logique du séjour londonien de Haydn. Elle est la
          troisième des six messes composées pour répondre aux obligations de sa charge de Maître de Chapelle du Prince Esterhazy.</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Il apparaît nécessaire, pour comprendre cette composition, d'avoir en mémoire les symphonies composées par
          Haydn à Londres dans le milieu des années 1790. Cette messe, d'une durée d'une quarantaine de minutes, l'un des chefs-d'œuvre du compositeur, à la fois grandiose et jubilatoire, est
          probablement la plus élaborée de celles de Haydn. Instrumentation étrange&nbsp;: trois trompettes, des timbales, un orgue solo (réminiscence de la <em>Missa Brevis</em> <em>en do
          majeur</em> dite du <b>«&nbsp;</b><em>solo d'orgue&nbsp;»</em> KV 259 de Mozart&nbsp;?), cordes, ainsi que les parties vocales soli et tutti habituelles, ton peu commun de ré mineur. La
          structure externe de l'œuvre ne prépare pas l'auditeur à la férocité de l'ouverture avec ses motifs insistants pour trompettes et tambours. Le Kyrie, classique des messes du dix-huitième
          siècle [ici, <em>Kyrie</em>, Allegro moderato, ré mineur&nbsp;;&nbsp;<em>Christe</em>, fa majeur&nbsp;; <em>Kyrie</em>, ré mineur] est, dès les premières mesures, abrupt, soudain, voire
          brutal, avec des chœurs dominants, souvent <em>forte</em>, énergiques, comparée à l'intervention des solistes, assez modérée. Œuvre liturgique confinant à la structure symphonique, la
          <em>Messe Nelson</em> relève, à mon sens, à la fois de l'angoisse et de l'allégresse. De l'opposition brutale des différentes parties naît l'étrange sentiment d'une composition parfois
          martiale, toute de contraste entre douceur, tendresse et violence et c'est cette opposition que mon oreille perçoit en premier lieu. Ecouter un <em>Kyrie</em> d'une telle intensité, c'est
          recevoir un coup brutal. C'est balancer, tout le temps que dure l'écoute de la composition dans son intégralité, de la sérénité à l'angoisse, de la violence à la paix, de l'abattement à
          l'espoir. Crainte est le mot qui m'apparaît le plus approprié pour exprimer l'impression d'ensemble se dégageant de l'œuvre.</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Haydn a donné à cette messe une véritable puissance symphonique. On ne peut qu'être frappé par l'intensité
          et la vigueur du souffle dramatique de l'œuvre, par son énergie jubilatoire, par ses nombreux passages opératiques, et par la tendresse quasi romantique de son <em>Agnus Dei</em>. Une
          transition, un glissement vers la musique du dix-neuvième siècle&nbsp;?</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b><span style="text-decoration: underline;">Le choix musical de Ghislaine</span></b>&nbsp;:</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em>Messe en ré mineur</em>, dite «&nbsp;Messe Nelson&nbsp;», Hob.&nbsp;XXII.11&nbsp;:</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Kyrie.</span></span>
        </p>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Susan Gritton, soprano. Pamela Helen Stephen, mezzo-soprano. Mark Padmore, ténor. Stephen Varcoe,
          baryton.</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Collegium Musicum 90.</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Richard Hickox, direction.</span></span>
        </p>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/haydnmissainangustiishickox.jpg"
          class="noAlign" width="150" height="151">Messe «&nbsp;Nelson&nbsp;»</em>, <em>Ave Regina</em>, <em>Messe en fa majeur</em>. 1 CD Chandos <a title="Cliquez ici" href=
          "http://www.amazon.fr/Haydn-Masses/dp/B00000J8QO/ref=sr_1_4?ie=UTF8&amp;s=music&amp;qid=1232815246&amp;sr=1-4" target="_blank"><b>CHAN 0640</b></a>.</span></span>
        </p>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
        </p>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b>Grégory</b>, auteur du blog <a title="Cliquez ici" href="http://lestroarmonico.unblog.fr/" target=
          "_blank"><b><em>L'Estro armonico</em></b></a>.</span></span>
        </p>
        <div>
          <div>
            <div>
              <span style="font-size: 10pt;"><object type="application/x-shockwave-flash" height="344" width="425" data="http://www.youtube.com/v/Y3qatjhcIn4&amp;hl=fr&amp;fs=1">
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        </div>
        <div style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/avatargregory.jpg" class="GcheTexte"
          width="350" height="337">Lorsqu'on évoque Haydn, c'est immédiatement une image de l'âge d'or de Vienne, une autre d'un homme en perruque (oui, je suis désolé de le réduire à cela, d'autant
          qu'alors tout le monde en portait, des perruques) au visage grave, au regard songeur, et quelques mesures incisives qui me viennent à l'esprit. Que de stéréotypes&nbsp;! Et pourtant, c'est
          l'image qu'en a une bonne partie des gens lorsqu'ils ne le connaissent pas vraiment et qu'ils se prennent, quelques secondes plus tard, à se demander s'il ne l'ont pas confondu avec Haendel
          (dont la proximité phonétique, soyons cléments, peut prêter au malentendu). Une dernière image me vient encore à l'esprit, même si elle tient davantage de l'anecdote romantique&nbsp;: le
          jeune Haydn, âgé de neuf ans et enfant de chœur à la cathédrale Saint Étienne de Vienne, qui enterre, sans le savoir, un brillant musicien et compositeur réduit à la misère, Antonio
          Vivaldi. L'anecdote est plus symbolique qu'attestée, mais lorsqu'on en approche un peu l'œuvre, les <em>Symphonies «&nbsp;Le Matin&nbsp;»</em>, <em>«&nbsp;Le Midi&nbsp;»</em>, <em>«&nbsp;Le
          Soir&nbsp;»</em> ou <em>Les Saisons</em> de Haydn ne sont pas sans évoquer un œdipe que l'on passe sous silence, en la personne du prêtre roux. Voici donc «&nbsp;mon&nbsp;» Haydn, un homme
          connu au travers de stéréotypes et dont le surnom de «&nbsp;Papa&nbsp;» ne peut que traduire, au-delà de la simple filiation artistique, une réelle tendresse de la part de son plus célèbre
          élève, Beethoven, pour ses qualités humaines notamment. Ce Haydn, dont l'énergie et la joie de vivre transparaît dans ses symphonies, ses quatuors et trios avec piano qu'il révolutionne,
          demeure mal connu, à mon sens.</span></span>
        </div>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">C'est d'ailleurs assez étonnamment que j'ai découvert ce compositeur. Je savais, bien sûr (comme «&nbsp;il
          faut savoir&nbsp;»), qu'il avait réellement inventé un langage totalement neuf dans la musique instrumentale. Et le reste&nbsp;? Pourquoi ne retenir d'un compositeur que son
          originalité&nbsp;? Pourquoi ne pas reconnaître qu'il excellait aussi dans des domaines où il était un peu moins «&nbsp;avant-gardiste&nbsp;»&nbsp;? Quel choc ce fut lorsque j'ai eu le
          bonheur d'entendre furtivement, par le plus grand des hasards, une aria du <em>Ritorno di Tobia</em>, «&nbsp;<em>Anna, m'ascolta&nbsp;!</em>&nbsp;»&nbsp;! L'œuvre est bien religieuse -
          puisqu'il s'agit d'un oratorio - mais elle est très largement pénétrée d'<em>opera seria</em>. Classique ou encore baroque&nbsp;? Les arias da capo alternent avec les récitatifs de manière
          systématique, un chœur introduit et conclut chaque partie, une surcharge ornementale fait pétiller l'œuvre de la première à la dernière note, l'influence de Gluck est manifeste aussi dans
          les récitatifs accompagnés qui deviennent le siège effectif du drame et plus un simple développement des événements. Là où il s'en écarte, c'est dans la longueur de ses arias. Alors que
          Gluck en privilégie plutôt la concision du propos, Haydn le développe et lui confère des dimensions conséquentes. La voix y est, comme souvent, un instrument parmi d'autres et le
          compositeur impose son langage musical personnel qu'il a pris soin de développer dans ses symphonies&nbsp;: langage clair et épuré, accentuation des passions, soif d'ampleur, d'espace, de
          liberté et second degré aussi (un aspect souvent oublié). Fureur de vivre, avec ses joies et ses peines, tout simplement, voici qui pourrait résumer la musique de Haydn.</span></span>
        </p>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b><span style="text-decoration: underline;">Le choix musical de Grégory</span></b>&nbsp;:</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em>Il ritorno di Tobia</em> (1775/1784), oratorio en deux parties, Hob.&nbsp;XXI.1&nbsp;:</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Aria «&nbsp;<em>Anna m'ascolta&nbsp;!</em>&nbsp;» (Raffaelle).</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Roberta Invernizzi, soprano.</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Capella Augustina.</span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Andreas Spering, direction.</span></span>
        </p>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
        </p>
        <p style="text-align: justify;">
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/haydnritornoditobiaspering.jpg"
          class="noAlign" width="150" height="150">Il ritorno di Tobia</em>. 3 CD Naxos, <a title="Cliquez ici" href=
          "http://www.amazon.fr/Haydn-Invernizzi-Karth%C3%A4user-Hallenberg-VokalEnsemble/dp/B000WPJ6DA/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=music&amp;qid=1232815890&amp;sr=1-1" target=
          "_blank"><b>8.570300-02</b></a>.</span></span>
        </p>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
        </p>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b>Henri-Pierre</b>, auteur du blog <a title="Cliquez ici" href="http://crescent.canalblog.com/" target=
          "_blank"><b><em>Le blog de HP</em></b></a>.</span></span>
        </p>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
        </p>
        <div>
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          </object>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/avatarhp.jpg" class="GcheTexte" width=
            "350" height="437">La première impression produite par un musicien ne s'efface jamais de l'esprit, surtout si elle est aussi paradoxale que celle que fut pour moi la découverte de
            Haydn&nbsp;; en effet, de prime abord le grand Joseph m'a dé-concerté<b>.</b></span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Je devais avoir douze ou treize ans et, déjà, pour moi l'Histoire était chose vivante, Versailles et
            l'Ancien Régime n'avaient déjà pas beaucoup de secrets pour moi, surtout ma période favorite celle du dernier roi et de l'émouvante figure de Marie-Antoinette. Mais «&nbsp;mon&nbsp;»
            Versailles n'était pas encore celui des délicatesses paysannes d'une Reine éprise de nature mais bien celle des dorures, des fastes, des grands habits à l'Étiquette et tout le rituel
            mourant d'une Cour encore sacralisée. Marie-Antoinette aimait Haydn et Gluck, j'aimais donc Haydn et Gluck, mais aussi Grétry et Balbastre et certain chevalier Saint-Georges. La période
            classique viennoise de Haydn m'enchantait ainsi que la période "parisienne" et sa <em>Symphonie «&nbsp;La Reine&nbsp;»</em>. Cependant, ô horreur, de découverte en investigation je
            découvris <em>«&nbsp;La Poule&nbsp;»&nbsp;</em>: sa fantaisie primesautière et caquetante me parut franchement d'inspiration commune, ordinaire&nbsp;; ce n'est que quelques années plus
            tard que les évocations de Trianon et des «&nbsp;fermières&nbsp;» en mousseline me réconcilièrent avec cette charmante symphonie.</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Que dire encore de Haydn pour le piètre musicien que je suis&nbsp;? Que je révère l'homme qui, dans un
            monde de jalousies entre musiciens célèbres, honorait la mémoire de CPE Bach et dont l'amitié vis à vis de Mozart touchait à la dévotion ? Le palais Esterhazy dont je ne manque jamais de
            visiter les progrès des restaurations faites par les Hongrois fut le séjour privilégié de notre musicien, l'esprit et la lumière qui émanent de ce lieu lui doivent certainement beaucoup.
            Peu à peu j'étais ébloui par l'immense diversité de ce talent qui, du classicisme au <em>Sturm und Drang</em>, fut pratiquement le père du quatuor à cordes, ouvrant ainsi la voie à ces
            œuvres de Beethoven et de Schubert auxquelles je suis si attaché.</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Mais puisque ce cher Jean-Christophe me demande de choisir une œuvre, et bien à mon tour de vous
            dé-concerter par un choix ni Versaillais, ni préromantique mais uniquement lié à une phase de ma vie. Casablanca, il y a bien longtemps, j'étais jeune coopérant et je partageais un
            appartement avec mon ami de toujours Lewis. Lewis a toujours adoré, et pratiqué, la musique&nbsp;; je dois dire que parfois les filles de Jephté et autres cantates <em>Ino</em> me
            semblaient un peu trop intrusives et indiscrètes. J'arrivai rarement à glisser entre deux envolées lyriques un vinyle des Stones ou des Pink Floyd. Je m'en plaignis et la vengeance fut
            cruelle&nbsp;: à l'heure méridienne dès lors que mon esprit commençait à s'embrumer et rejoindre le monde des vapeurs immatérielles, Lewis passait en sourdine la deuxième des douze
            <em>Symphonies londoniennes</em> de Haydn, dont le début du premier mouvement, cet adagio si doux, accompagnait avec délices la dérive de ma conscience et, tout à coup, bang&nbsp;!,
            l'accord fortissimo de tout un orchestre ponctué d'un terrifiant coup de timbale m'envoyait en lévitation et ma sieste était définitivement compromise. Pour une <em>Surprise</em> c'en
            était une, tenez, écoutez-la, Jean-Christophe ne vous la refusera pas...</span></span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b><span style="text-decoration: underline;">Le choix musical
            d'Henri-Pierre</span></b>&nbsp;:</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em>Symphonie en sol majeur</em>, Hob.&nbsp;I.94, dite «&nbsp;La Surprise&nbsp;»&nbsp;:</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">II. Andante.</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Orchestra of the 18th Century.</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Frans Brüggen, direction.</span></span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/haydnlondonsymphoniesbruggen.jpg"
            class="noAlign" width="150" height="148">Symphonies Londoniennes</em>, 4 CD Philips Classics 442&nbsp;788-2 (indisponible).</span></span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b>Philippe</b>, auteur du blog <a title="Cliquez ici" href="http://lepoissonreveur.typepad.com/" target=
            "_blank"><b><em>Le poisson rêveur</em></b></a>.</span></span>
          </p>
          <div>
            <div>
              <div>
                <span style="font-size: 10pt;"><object type="application/x-shockwave-flash" height="295" width="480" data="http://www.youtube.com/v/8wEisy2dTzk&amp;hl=fr&amp;fs=1">
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              </div>
            </div>
          </div>
          <div style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/avatarphilippevictorbrauner1941.jpg"
            class="GcheTexte" width="350" height="370">Avec la série des six quatuors de l'opus 76, je trouve que Joseph Haydn initie, près d'un siècle à l'avance, toutes les bases de la musique de
            chambre moderne. La filiation partira tout naturellement de Mozart dont les quatuors, aussi brillants soient-ils, ne peuvent cacher le fait que le génie salzbourgeois évolue sur un des
            rares domaines de composition où il n'invente pas vraiment, l'emprise du maître viennois étant trop forte. Elle continue avec Beethoven et Schubert bien sûr, mais va bien au-delà. A
            écouter les quatuors des plus grands compositeurs de musique de chambre du XIX<sup>e</sup> siècle comme Brahms, ou Dvorak, pourtant nourris à la musique romantique, on ne peut s'empêcher
            de penser encore à ... Haydn, toujours Haydn, dont on mentionne trop souvent - et à tort - le caractère un peu rugueux, strict et répétitif de sa musique, et dont on ignore trop vite
            l'inventivité et, ne l'oublions pas, une bonne dose de second degré. Je trouve que c'est dans sa musique de chambre, plus spécifiquement la série des quatuors de l'opus 76, pour revenir à
            ces derniers, que son génie se révèle le plus. Il semblerait que Haydn soit d'ailleurs le véritable créateur de cette forme, mettant en place de façon exemplaire un dialogue parfaitement
            construit entre les différents instruments.</span></span>
          </div>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Du premier au sixième quatuor, Haydn révèle une musique d'une limpidité et d'une évidence inouïes.
            L'architecture de ces pièces révèle une maîtrise exceptionnelle de la composition pour quatuor à cordes. Qu'il s'agisse par exemple des ténébreux adagios du <em>1<sup>er</sup> quatuor en
            sol majeur</em> ou du <em>4<sup>ème</sup> quatuor en si bémol majeur</em> qui annoncent incroyablement le <em>13<sup>ème</sup></em> de Schubert, du final, Vivace assai, du fameux
            <em>Quatuor en ré mineur «&nbsp;Les Quintes&nbsp;»</em> évoquant, avec ses racines presque «&nbsp;tziganes&nbsp;», une filiation frappante avec Dvorak, je trouve que la maturité et le
            caractère visionnaire de ces quatuors sont fascinants.&nbsp;</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">L'autre caractéristique de ces quatuors réside dans leur plénitude et leur ampleur sonores qui leur
            confèrent parfois un caractère presque symphonique. C'est très marquant dans le célèbre <em>3<sup>ème</sup> quatuor «&nbsp;L'Empereur&nbsp;»</em> et ce de bout en bout. Haydn va même
            jusqu'à, par certains points, annoncer la grandeur des symphonies brucknériennes, par exemple, dans le <em>4<sup>ème</sup> quatuor</em> appelé «&nbsp;Lever de soleil&nbsp;» en référence
            au lent développement du thème principal des violons à l'ouverture du premier mouvement (Allegro con spirito). Ce <em>4<sup>ème</sup> quatuor</em> est indéniablement l'un des plus achevés
            de la série.</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Je trouve vraiment que ces six quatuors sont admirablement initiateurs des grandes phrases du romantisme
            allemand, tout en gardant un grand classicisme formel. La rigueur de leur composition allie à la fois une grande limpidité, une transparence cristalline avec un très fort pouvoir
            narratif.</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">La version que j'ai beaucoup écoutée est celle du <a title="Cliquez ici" href=
            "http://www.takacsquartet.com/" target="_blank"><b>Quatuor Takács</b></a> (DECCA). Elle est vive, avec beaucoup de musicalité mais pêche parfois par une trop grande légèreté, un tempo
            trop rapide et expéditif. J'ai ensuite découvert l'admirable version du jeune <a title="Cliquez ici" href="http://www.harmoniamundi.com/france/album_fiche.php?album_id=1333" target=
            "_blank"><b>Quatuor Jerusalem</b></a> (Harmonia Mundi) qui apporte l'équilibre, l'ampleur et la finesse que l'on attend sur le <em>2<sup>ème</sup> quatuor «&nbsp;Les Quintes&nbsp;»</em>.
            Dommage qu'ils ne se soient pas lancés, à ma connaissance, dans une intégrale des opus 76.</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b><span style="text-decoration: underline;">Le choix musical de Philippe</span></b>&nbsp;:</span></span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">J'ai choisi de vous faire entendre le premier mouvement, Allegro con spirito, du <em>4<sup>ème</sup>
            Quatuor en si bémol majeur</em></span></span> <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">opus 76 (Hob.&nbsp;III.78) par le Quatuor Modigliani, belle
            version, élégante et racée (malgré la réverbération du son d'église...).</span></span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b>Jean-Christophe</b>, auteur du blog <b><em>Passée des arts</em></b>.</span></span>
          </p>
          <p>
            <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
          </p>
          <div>
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              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/avatarjc.jpg" class="GcheTexte"
                width="350" height="373">J'ai rencontré Haydn en 1992, à l'occasion de la sortie de l'enregistrement des <em>Saisons</em> dirigé par John Eliot Gardiner. Je me souviens encore de la
                surprise du disquaire qui m'en avait conseillé l'achat lorsque je lui ai avoué que je n'avais jamais, jusqu'alors, entendu la moindre œuvre du maître d'Esterhaza. Depuis ce jour,
                malgré quelques éclipses, je ne l'ai pas beaucoup quitté, et la découverte progressive de sa production m'a conforté dans la conviction de me trouver face à un homme dont la
                prodigieuse intelligence va de pair avec une sensibilité exacerbée que son peu de goût pour la confidence ne nous permet sans doute pas d'appréhender pleinement. En voici un
                exemple.</span></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Fin 1805, alors qu'il a définitivement cessé de composer depuis presque trois ans, laissant inachevé
                son ultime quatuor, le manuscrit de sa <em>Messe brève en fa majeur</em>, une œuvre de jeunesse sans doute composée en 1749 alors que Haydn appartenait encore à la maîtrise de la
                cathédrale Saint Étienne de Vienne, refait surface. Tentons d'imaginer un instant l'émotion du compositeur le plus fêté d'Europe retrouvant, au soir de sa vie, alors que la maladie
                l'empêche de créer, une partition qu'il croyait perdue et dont les parties vocales solistes furent peut-être écrites à l'intention de son frère Michael (qui mourra en 1806) et de
                lui-même. Si ce qu'il en a dit, «&nbsp;me plaisent particulièrement, dans cette œuvrette, la facture mélodique et une certaine fougue juvénile&nbsp;», peut sembler un peu neutre, le
                fait qu'il n'ait pas corrigé les fautes d'écriture qui existent dans cette composition, comme s'il souhaitait garder intacte la fraîcheur d'inspiration de sa jeunesse, n'est-il pas
                révélateur du poids affectif que revêtaient à ses yeux des pages que bien d'autres, à sa place, se seraient empressés d'amender ou de faire disparaître&nbsp;?</span></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Cette anecdote constitue, à mes yeux une preuve (parmi bien d'autres) que c'est dans un sillon aussi
                étroit qu'incertain entre le discours officiel et les rapports que le compositeur entretenait avec sa musique - sa diffusion, sa préservation, ses différents états - qu'il nous faudra
                tenter, dans les mois à venir, d'entrevoir un peu du véritable visage de Haydn.</span></span>
              </p>
              <p>
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b><span style="text-decoration: underline;">Le choix musical de
                Jean-Christophe</span></b>&nbsp;:</span></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em>Messe brève en fa majeur</em>, Hob.&nbsp;XXII.1&nbsp;:</span></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Benedictus et Agnus Dei.</span></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Susan Gritton, soprano. Pamela Helen Stephen, mezzo-soprano.</span></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Collegium Musicum 90.</span></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Richard Hickox, direction.</span></span>
              </p>
              <p>
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><em><img src=
                "http://idata.over-blog.com/2/72/00/88/haydn-2009-billet-0/haydnmissainangustiishickox.jpg" class="noAlign" width="150" height="151">Messe «&nbsp;Nelson&nbsp;»</em>, <em>Ave
                Regina</em>, <em>Messe en fa majeur</em>. 1 CD Chandos <a title="Cliquez ici" href=
                "http://www.amazon.fr/Haydn-Masses/dp/B00000J8QO/ref=sr_1_4?ie=UTF8&amp;s=music&amp;qid=1232815246&amp;sr=1-4" target="_blank"><b>CHAN 0640</b></a>.</span></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><br></span></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: book antiqua,palatino;"><b><span style="font-size: 8pt;">[Première publication : 24 janvier 2009]</span></b><br></span></span>
              </p>
            </div>
          </div>
        </div>
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 14 Mar 2009 09:41:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">91b659a4650edcd5e5c52ef3bdd35d8e</guid>
                <category>Saisons Haydn</category>        <comments>http://www.passee-des-arts.com/article-29009239-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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